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| | interview

«La 5G ne pose pas les bonnes questions, elle ne fait que répéter le même cycle»

OMER MESSINGER/EPA/KEYSTONE

Le Suisse Serge Willenegger, formé à l’EPFL, a été senior vice president de Qualcomm, spécialiste américain des technologies mobiles, où il est resté en poste près de 25 ans jusqu’à fin 2018. Il a désormais quitté la société, mais a contribué, au cours des dernières années, à faire de la 5G un nouveau standard désirable pour l’industrie. Aujourd’hui, il souhaite apporter un regard critique sur cette technologie et ses enjeux géopolitiques et sociaux.

Selon lui, la révolution technologique de la convergence entre information et télécoms a déjà eu lieu avec la 3G et la 4G. Et il nous appartient désormais de poser collectivement la question du sens de cette convergence pour la société. Entretien.

| | enquête

Ce que dit vraiment la recherche scientifique sur les effets de la 5G

Une antenne 5G sur l'autoroute A1, en Suisse | LAURENT GILLIERON/KEYSTONE

En Suisse, le déploiement de la 5G a provoqué une levée de boucliers: dans les cantons de Genève, Vaud ou du Jura, des moratoires ont été annoncés. Fin septembre, les manifestants contre cette technologie étaient plusieurs milliers dans les rues de Berne. Leur argumentaire, exposé sur le site stop5g.ch, se veut scientifique. Pourtant, les spécialistes de la cancérogenèse induite par le rayonnement interrogés par Heidi.news se l’accordent: aucune étude scientifique n’a, à ce jour, démontré de lien de cause à effet clair et indiscutable, chez l’humain, entre l’exposition au rayonnement des antennes de téléphonie mobile et la survenue de cancers du cerveau. Le point sur ce sujet délicat.

Pourquoi c’est compliqué. Ce dossier implique plusieurs acteurs dont les contraintes ne sont pas toujours alignées. Pour les opérateurs télécoms, le déploiement, qui implique des investissements conséquents, doit être planifié. Il pose la question de l’opportunité à relever les limites d’émission des antennes pour les aligner avec celles en vigueur dans l’Union européenne, ainsi que celle du respect du principe de précaution. Mais pour les politiciens, 2019 est une année électorale qui leur impose de jongler entre les attentes des citoyens et celles des industriels. Quant au grand public, il est pris en étau entre des industriels souvent soupçonnés par principe, et des mouvements anti 5G qui n’interprètent pas toujours correctement les études scientifiques.

| | news

Faut-il relever les normes d'émission des antennes pour faciliter le déploiement de la 5G?

Image d'illustration | SINA SCHULDT/DPA/KEYSTONE

En cette semaine de dernière ligne droite avant les élections fédérales, nous publions chaque jour un article sur les dossiers que nous suivrons lors de cette législature. Pour vous aider à voter, nous demandons aux partis leur position sur le sujet.

En Suisse, le déploiement de nouvelles antennes pour la 5G a commencé depuis plusieurs mois pour les opérateurs télécoms. Les opérateurs Swisscom, Sunrise et Salt, après avoir enchéri à l’été 2018 pour l’attribution des blocs de fréquences, se sont vu octroyer au début 2019 les précieuses licences d’exploitation qui leur permettront de déployer le nouveau réseau de téléphonie mobile 5G. Mais pour tirer pleinement parti de son potentiel économique, la réglementation fédérale peut encore être aménagée pour aligner les seuils limites d’émission des antennes de l’ORNI avec ceux de l’Union Européenne.

Pourquoi c’est important. Le déploiement de la 5G est au carrefour d’enjeux et de préoccupations très diverses: techniques, sanitaires, et sociales. Il y a d’abord l’enjeu économique stratégique pour la Suisse, puisqu’il s’agit d’une technologie clé pour poursuivre la numérisation de la société. De l’autre côté, l’enjeu sanitaire, certains affirmant que le principe de précaution doit primer, et qu’il ne faut pas relever les normes d’émission. In fine, c’est aussi la question du modèle de société pour l’avenir qui se pose: les opposants à la 5G se positionnent souvent aussi contre le tout numérique.

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Un satellite pour percer les mystères de l'ionosphère, frontière entre l'atmosphère et l'espace

C’est en principe la nuit prochaine que la Nasa devrait lancer son satellite ICON, destiné à aller explorer la ionosphère, cette couche constituant la frontière entre l’atmosphère et l’espace. Le décollage a été repoussé d’un jour à cause du mauvais temps en Floride. Fait intéressant: l’engin sera lancé à partir d’une fusée elle-même larguée à haute altitude par un avion.

Pourquoi c’est intéressant? Mieux connaître la ionosphère, car les phénomènes électromagnétiques se déroulant dans cette couche (où les gaz sont partiellement ionisés) peuvent affecter le bon fonctionnement des satellites, et donc des télécommunications, mais aussi impacter les astronautes

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La spin-off de l'EPFL Kandou Bus lève 56 millions de dollars pour sa connectivité à très faible consommation énergétique

Kandou Bus, spin-off de l’EPFL, annonce une levée de fonds de 56 millions de dollars. Ce troisième tour de financement porte son capital à près de 100 millions, indique l’EPFL dans un communiqué. Alors que les investisseurs étaient jusque-là principalement américains, cette nouvelle levée de fonds voit trois groupes suisses prendre des parts au capital : Swisscom, Forestay Capital ainsi que Fayerweather Capital Partners.

Pourquoi c’est intéressant. L’entreprise fondée en 2011 et basée au parc de l’innovation de l’EPFL s’attaque à l’un des plus grands défis de l’industrie électronique: elle développe des composants informatiques permettant d’améliorer les performances et la fiabilité des communications entre appareils électroniques tout en minimisant leur consommation électrique

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La téléphonie 5G pourrait dégrader la qualité des prévisions météorologiques

Carte mondiale de la vapeur d'eau | NOAA

La future téléphonie 5G, n’en finit pas de faire couler de l’encre. Contestée dans de nombreux pays pour sa dangerosité supposée, cette norme inquiète aussi les météorologues. Aux Etats-Unis par exemple, certaines fréquences utilisées risquent de perturber les observations par satellite et de dégrader les prévisions météo.

Pourquoi c’est important. La météorologie s’appuie sur des modèles qui sont nourris, en temps réel par des observations, notamment par satellite. Depuis l’espace, certaines fréquences de signaux radio permettent de mesurer la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Si des sources terrestres venaient émettre dans ces fréquences, les mesures seraient perturbées, conduisant à des erreurs de prévision.