#santé environnementale


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Syngenta s'oppose à l’interdiction du chlorothalonil

Les agriculteurs suisses n'ont plus le droit d'utiliser du chlorothalonil depuis le 1er janvier 2020. | Shutterstock

Le chlorothalonil est un fongicide largement utilisé dans l’agriculture. Il est interdit en Suisse depuis le 1er janvier 2020, comme l’a annoncé l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) en décembre dernier. Syngenta, un des producteurs de cette substance, est directement touché par ce retrait du marché. Après avoir étudié le dossier en détail, l’entreprise bâloise a décidé de riposter et envisage de déposer un recours auprès du Tribunal administratif fédéral.

Pourquoi on en parle. L’entreprise agrochimique estime que les métabolites (produits de dégradation) de ce fongicide qui se retrouvent dans l’eau ne présentent pas de risques pour la santé humaine, ni pour l’environnement. Elle estime également que l’OFAG n’a pas pris en compte ses propres études confirmant l’innocuité des substances avant de rendre sa décision. Elle critique la procédure et estime que les autorités se contredisent dans ce dossier. Syngenta a jusqu’au 27 janvier pour faire recours.

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450 scientifiques lancent un appel urgent contre l'utilisation de fongicides toxiques

Les fongicides SDHI sont notamment employés en vitculture. | Shutterstock

«Les tests réglementaires sont systématiquement effectués dans des conditions qui masquent la toxicité cellulaire des SDHI.» Cette phrase issue de la tribune signée par 450 scientifiques dans Le Monde ce 21 janvier résume bien l’urgence de la situation face à cette famille de fongicides (les SDHI) largement utilisés dans l’agriculture depuis une trentaine d’années pour le blé, l’orge, la pomme de terre, la fraise et le raisin, notamment.

Pourquoi il y a urgence. Les fongicides SDHI bloquent en partie le fonctionnement des mitochondries, indispensables à la production d’énergie des cellules. Au vu des données et des études scientifiques existantes, les signataires estiment que l’emploi de ces fongicides laisse entrevoir une catastrophe sanitaire pour l’homme et fait planer un risque considérable pour la biodiversité. Les signataires de cette tribune s’inquiètent également de l’inaction des autorités et appellent à appliquer le principe de précaution.

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Appel à lire dans Le Monde

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La pollution de l’air influencerait le cycle menstruel

Image d'illustration | SD-Pictures/Pixabay

L’augmentation de l’exposition aux particules fines et au dioxyde d’azote serait associée à un décalage de la période d’ovulation chez la femme. C’est ce que montre une étude récente publiée dans la revue Environmental Pollution. En dosant les hormones présentes dans les urines de 184 femmes, les chercheurs ont observé que chaque augmentation de 10 µg/m3 de la concentration en particules fines dans l’air sur une période de trente jours avant le cycle considéré était associée à un décalage de l’ovulation d’environ 1,6 jour. Pour le dioxyde d’azote, la même hausse de concentration entraîne un décalage de l’ovulation de 0,7 jour.

Pourquoi on vous en parle. Même si, au vu de la taille réduite de l’échantillon, l’étude ne constitue pas en soit une preuve forte, les résultats de l’étude indique une cohérence avec d’autres résultats obtenus sur la souris et ouvre la voie vers un domaine de recherche encore peu investi. Les effets spécifiques de la pollution atmosphérique sur le cycle hormonal des femmes sont largement méconnus, malgré le fait qu’ils soulèvent d’importants enjeux comme la fertilité. En cause notamment, la difficulté d’avoir accès à un nombre conséquent de données, car celles-ci doivent être récoltées auprès de femmes qui ne prennent pas de contraceptif hormonal afin de pouvoir étudier leur cycle naturel.

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À lire sur Libération

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Les écrans polluent notre quotidien (au sens propre)

Des visiteurs à Munich, en Allemagne, lors d'un évènement Huawei. | Keystone / Matthias Schrader

Une équipe de recherche de l’université de Nankin, en Chine, a étudié les plastiques employés pour fabriquer les écrans à cristaux liquides présents dans les ordinateurs, les téléphones portables, tablettes, téléviseurs... Leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue PNAS. Sur 360 substances analysées, 87 présentaient des propriétés de persistance dans l’environnement et d’accumulation dans les organismes. L’exposition à des cocktails de ces produits a aussi montré de sérieux indices de toxicité in vitro.

Pourquoi c’est inquiétant. La confection d’un écran LCD requiert l’utilisation d’un film de cristaux liquides. Déposées sans former de liaison chimique, les monomères employés sont susceptibles de se diffuser dans l’environnement, et les chercheurs ont montré leur présence dans la moitié des 33 échantillons de poussières recueillis dans des lieux de la vie quotidienne (hôtel, réfectoire, résidences…). Il y a donc tout lieu de soupçonner que nos objets électroniques du quotidien sont un vecteur important de pollution.

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Proceedings of the National Academy of Science of the United States of America

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Pourquoi la Suisse n’interdit pas les phtalates dans les jouets

Les tapis d'éveils sont souvent en PVC, assouplis grâce à des phtalates. | Shutterstock

L’information est passée inaperçue le 1er décembre, cachée dans la modification de l’ordonnance sur la sécurité des jouets. Un phtalate (le DIBP) reconnu comme étant perturbateur endocrinien et reprotoxique, faisant également partie de la liste européenne des substances extrêmement préoccupantes, est désormais soumis à restriction d’usage, comme trois autres phtalates aux profils et risques similaires (les DEHP, DBP, BBP). La concentration de ces quatre substances est désormais limitée à 0,1% dans les jouets vendus en Suisse.

Pourquoi c’est préoccupant. Le DIBP fait partie de la famille des phtalates, des plastifiants qui rendent de nombreuses matières – essentiellement le PVC – plus souples, plus élastiques, plus flexibles et résistantes aux chocs. Ils sont présents dans des milliers d’articles courants (jouets, cosmétiques, vêtements, chaussures, revêtements de sols). La quasi totalité de la population y est exposée. Le principe de précaution voudrait qu’on interdise ces substances pour éviter les expositions.

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Un industriel censure un avis européen alarmant sur son pesticide, le mancozèbe

Extrait de l'avis caviardé, disponible sur le site de l'Efsa (4 déc. 2019).

Ça fait tache. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), chargée d’évaluer notamment les pesticides, a publié le 20 novembre dernier un avis scientifique sur le mancozèbe, un fongicide employé dans les cultures alimentaires. Extrait: «Trois sujets majeurs de préoccupation ont été identifiés: la classification du mancozèbe comme ******* et *******.» Les éléments sensibles ont été caviardés par le fabricant UPL Europe, qui a poussé le zèle jusqu’à biffer son propre nom du document… Le Monde a eu accès à l’original et révèle que le mancozèbe est un perturbateur endocrinien avec une écotoxicité importante.

La clé du mystère. La procédure de validation de l’Efsa prévoit qu’un avis scientifique soit envoyé au fabricant avant parution. Ce dernier peut alors signaler d’éventuelles erreurs ou demander à ce que des informations qu’il juge confidentielles (noms d’experts, secrets industriels…) soient masquées. De là à caviarder des informations d’intérêt public, il n’y a qu’un pas qu’UPL Europe n’a pas hésité à franchir, jetant indirectement le discrédit sur une agence déjà très critiquée pour sa complaisance à l’endroit des industriels.

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À lire dans Le Monde

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Trois polluants organiques persistants pourraient augmenter le risque de cancer du sein

Cliché de mammographie | Shutterstock

Trois polluants organiques persistants (POP) sont suspectés d’accroître l’agressivité du cancer du sein chez les patientes en surpoids — c’est-à-dire dont l’indice de masse corporel est supérieur à 25. C’est ce que suggère une étude française parue en novembre dans la revue Environment International, relayée par Le Monde. La présence de dioxine de type Seveso (2,3,7,8–tétrachlorodibenzo(p)dioxine) et de deux composés PCB (polychlorobyphényles) dans les tissus adipeux proches de la tumeur semble favoriser l’agressivité du cancer.

Pourquoi on utilise le conditionnel. Cette étude sur seulement 91 sujets établit une simple corrélation et n’apporte pas de preuve de causalité entre la présence de ces POP et l’agressivité du cancer du sein. Elle n’en demeure pas moins intéressante comme point de départ pour approfondir la question du lien entre la présence de ces substances chimiques — persistantes dans l’environnement et la chaîne alimentaire — et l'agressivité de certains cancers.

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Lire l'article du Monde

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La peur du changement climatique sera un moteur puissant pour changer le système de santé

Charles Kleiber. | Keystone / Olivier Maire

Du 14 au 17 novembre, Heidi.news est présent au Salon suisse de la santé, organisé cette année à Martigny, en Valais.

La conférence qui s’est déroulée ce matin 15 novembre dans le cadre du Salon valaisan de la santé a traité d’une analogie ambitieuse: «Coûts de la santé et urgence climatique: quelles similitudes? Comment sortir des chemins battus?» La table ronde a réuni des experts représentants différents secteurs: Marylène Volpi Fournier, politiciennes (Les Verts) et présidente de la Fédération des magistrats, des enseignants et du personnel de l’État du Valais (FMEP), Matthias Schenker, responsable politique de la santé et membre de la direction chez CSS, et Charles Kleiber, ancien Secrétaire d’État à l'éducation et à la recherche suisse.

Pourquoi c’est surprenant. Faire une analogie entre le dérèglement climatique et les coûts du système de santé suisse a de quoi surprendre. Les causes et les traitements des deux maux n’ont, en apparence, pas de points communs. A y regarder de plus près, il y a urgence dans les deux cas. Charles Kleiber établit un diagnostic et propose une esquisse de traitement pour soigner le système de santé suisse. Spoiler: on va vers une révolution!

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Une tribune dans «Le Monde» appelle à faire de la santé environnementale une priorité publique

Certains plastiques, en interragissant avec le système hormonal, jouent un rôle probable dans la survenue de cancers.| Tung256 / Pixabay

Des personnalités politiques et scientifiques françaises, dont l’adjointe à la santé de la mairie de Paris, appellent dans une tribune au Monde à faire de la santé environnementale et de la lutte contre les perturbateurs endocriniens une cause centrale des politiques de santé. Les signataires souhaitent faire d’Octobre rose (cancer du sein) et Movember (cancers masculins, notamment prostate) les mois de l’engagement contre les cancers hormono-dépendants, en lien avec la pollution environnementale.

Pourquoi ça concerne la Suisse. La prévention en cancérologie se focalise beaucoup sur les facteurs de risques identifiés des cancers hormono-dépendants: surpoids, tabac, alcool, etc. Mais en interagissant avec le fonctionnement du système hormonal, les perturbateurs endocriniens (phtalates, pesticides organochlorés, bisphénol A, etc.) jouent un rôle probable dans la survenue de ces cancers. En Suisse, il n’existe pas encore de mouvement national sur ces sujets, mais la ville de Lausanne s’est déjà dotée d’un programme de sensibilisation aux perturbateurs endocriniens devant limiter l’exposition des enfants.

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À lire dans Le Monde

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Les Etats-Unis limitent les données scientifiques utilisables dans les règlements de santé publique

Juste derrière une raffinerie en Californie, des enfants jouent dans le parc «Signal's Hill» le 14 août 2019. | Etienne Laurent / Keystone

L'administration Trump s'apprête à limiter les données scientifiques que le gouvernement peut utiliser pour élaborer les règlements en matière de santé publique. La proposition, issue de l'Environmental Protection Agency et intitulée «Strengthening Transparency in Regulatory Science», exigerait que les scientifiques divulguent l’entièreté de leurs données brutes, y compris les dossiers médicaux confidentiels, avant que l'agence puisse examiner les conclusions d'une étude.

Pourquoi on vous en parle. Des experts en santé publique s’inquiètent de voir des études utilisées depuis des décennies devenir irrecevables. Par exemple celles qui montrent que le mercure provenant des centrales électriques entrave le développement du cerveau ou que le plomb dans la poussière de peinture est lié à des troubles du comportement chez les enfants.

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Lire l'article publié par le New York Times

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Finaliser la révision de la loi sur le CO2 pour tenir nos engagements climatiques

Image d'illustration | Mélanie Duchene / Keystone

En cette semaine de dernière ligne droite avant les élections fédérales, nous publions chaque jour un article sur les dossiers que nous suivrons lors de cette législature. Pour vous aider à voter, nous demandons aux partis leur position sur le sujet.

Afin que sa législation lui permette de tenir les engagements climatiques qu’elle a pris en signant l’accord de Paris en 2015, la Suisse a lancé une révision complète de sa loi sur les émissions de CO2. Le nouveau projet compte revenir notamment sur un ensemble de taxes et de valeurs limites d’émissions de gaz à effet de serre. En cours depuis 2017, le processus de révision a cependant subi un important coup de frein lorsque le Conseil national l’a rejeté en décembre 2018, renvoyant la balle au Conseil des Etats.

L’état actuel du nouveau projet

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Les chats et les chiens sont des sources indirectes d’exposition aux pesticides

Les colliers et produits antiparasites sont des contaminants fréquents à domicile | Pixabay / Alexas_Fotos

Les animaux domestiques sont une des premières sources d’exposition aux pesticides à domicile, d’après une enquête de l’agence de sécurité sanitaire française (Anses) selon Le Monde. En cause: les colliers et produits antipuce utilisés pour traiter chiens, chats et autres lapins, gorgés d’antiparasitaire. Les insecticides sont aussi un vecteur d’exposition important à domicile comme en extérieur.

Pourquoi on vous en parle. Près d’un Suisse sur deux possède un animal de compagnie. Parmi les antiparasitaires utilisés figure le fipronil, interdit dans l’élevage d’animaux de consommation (dans l’UE et en Suisse) en raison de sa toxicité, mais autorisé à la maison. De manière générale, l’utilisation de pesticides à domicile n’est pas exempte de risques pour la santé. L’enquête montre par ailleurs que les précautions d’emploi sont mal connues et mal suivies.

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À lire dans Le Monde

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Un fongicide trouvé en excès dans l’eau de plusieurs communes vaudoises

Le chlorothalonil est très utilisé dans les cultures céréalières et maraîchères, depuis les années 1970 en Suisse. | Keystone / Patrick Pleul

Une vingtaine de cas de dépassements des seuils de chlorothalonil dans l’eau potable ont été identifiés dans le canton de Vaud, depuis l’abaissement des seuils fédéraux en août dernier. Un résidu de ce fongicide, l’acide sulfonique, a été retrouvé en léger excès dans les régions de Thierrens, Moudon et Echallens, rapporte la RTS. D’après l’inspection cantonale des eaux, l’eau du robinet peut toujours être consommée. Les communes concernées ont deux ans pour se mettre aux normes.

Pourquoi on vous en parle. Le chlorothalonil est employé depuis cinquante ans dans les cultures de céréales et de légumes. L’agence de sécurité européenne des aliments (Efsa) estime que le produit est très toxique pour les organismes aquatiques et l’a classé parmi les cancérigènes avérés chez l’homme (C1B) en 2019. L’Union européenne a décidé d’interdire son utilisation dans les pays-membres, avec application progressive à compter de 2020. Il sera également interdit en Suisse prochainement.

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À lire sur le site de la RTS