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La liste noire des revues prédatrices s'est encore allongée

Le rayon des revues scientifiques, à la Bibliothèque nationale suisse. | Gaëtan Bally / Keystone

L’entreprise américaine de services aux chercheurs Cabells a annoncé début octobre que sa liste noire des revues prédatrices avait atteint 12'000 titres, soit trois fois plus qu’en 2017. Elle est désormais plus fournie que sa liste blanche des revues dignes de confiance, qui en contient 11'000!

De quoi on parle. Les revues scientifiques dites «prédatrices» sont des revues frauduleuses qui exploitent à leur profit le modèle open access de l’«auteur-payeur». Concrètement, elles sollicitent les chercheurs et les invitent à soumettre des articles sur leurs travaux. Ces articles sont systématiquement acceptés, quelle que soit leur valeur scientifique, contre des frais de publication parfois très élevés.

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Montrer les résultats négatifs pour faire avancer la recherche

Image d'illustration. | Paul Keller / Flickr

Dans une tribune publiée dans Nature, le biologiste Devang Metha revient sur la publication de l’une de ses recherches dans la revue Genome Biology. La particularité de ces travaux? Ils relatent une expérience ratée. Ou comment le chercheur et son équipe ne sont pas parvenus à utiliser le système d’édition génétique CRISPR pour immuniser le manioc contre une maladie virale qui fait des ravages. A l’inverse, ils montrent que l’usage de CRISPR fait évoluer le virus vers des formes plus résistantes.

Pourquoi c’est intéressant. Devang Metha raconte que les éditeurs auxquels il a soumis ses travaux ont admis qu’ils étaient méthodologiquement solides mais se sont montrés réticents à publier des résultats montrant un échec de la technologie CRISPR. Il estime que les chercheurs sont désormais habitués à célébrer les succès, et en oublient que la plupart des avancées scientifiques ont été provoquées par des échecs. Si les résultats négatifs ne sont pas publiés dans des journaux avec un haut facteur d’impact, les autres chercheurs ne peuvent pas apprendre de ces échecs. Autre écueil: la pression pour publier des résultats positif peut les pousser à donner à présenter leurs études sous une lumière trompeuse.

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Lire l'article de Nature

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Une étude frauduleuse cosignée par des Suisses proposait un traitement miracle contre la malaria

Image d'illustration | Parskeeze / Pixabay

Chlorite de sodium, acide citrique et artémisinine, telle serait la recette de la Malachlorite, un remède sensé avoir des effets exceptionnels contre la malaria d’après une étude de 2018 parue dans GSC Biological and Pharmaceutical Studies. Sauf que, comme le raconte Le Temps, cette étude a été depuis retirée par l’éditeur pour fraude sur les résultats. Deux suisses aux affiliations académiques douteuses se retrouvent dans les co-auteurs.

Pourquoi c’est grave. La malaria tue chaque année plus de 400’000 personnes selon l’OMS. Entre des tests et résultats inventés de toute pièce, un processus de relecture trop court, un fort risque sanitaire pour toute personne ingérant cette solution et des intérêts financiers suspects, les auteurs jouent ici avec les espoirs importants liés à de nouveaux traitements contre cette maladie.

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Lire l'article dans Le Temps

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Retrait de quinze études soupçonnées d'impliquer des organes de prisonniers chinois

Image d'illustration. | Molly Riley / Keystone

Au cours du dernier mois, les revues scientifiques PLOS ONE et Transplantation ont retiré quinze études d’auteurs chinois portant sur des greffes, selon le site Retraction Watch. Elles soupçonnent que ces travaux aient impliqué l’usage d’organes de prisonniers exécutés.

Pourquoi c’est important. La communauté scientifique internationale pointe régulièrement la Chine du doigt pour ses manquements aux standards éthiques dans la recherche. En février dernier, un article de chercheurs australiens publié dans BMJ Open demandait le retrait de 400 études chinoises soupçonnées d’impliquer les organes de condamnés à mort.

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De Nature à arXiv, en passant par The Lancet, l'incroyable épopée des revues scientifiques

Image d'illustration | Chris Blakeley / Creative Commons

Les revues scientifiques et médicales sont un instrument de travail incontournable pour les chercheurs —ainsi que les journalistes scientifiques. Entre des maisons anciennes et prestigieuses comme Nature ou The Lancet et de nouveaux arrivants comme arXiv, Le Monde narre la saga de l’édition scientifique dans toute sa diversité, à travers une belle série d’été.

Pourquoi on en parle. L’histoire individuelle de ces publications est haute en couleurs, entre faits d’armes, changement de propriétaires et controverses scientifiques, par exemple la publication en 1998 par The Lancet d’un article faisant un lien entre vaccination et autisme, qui ne sera rétracté que 12 ans plus tard. C’est aussi un business juteux, les universités pouvant difficilement faire l’impasse sur l’abonnement à ces revues, dont le tarif peut être prohibitif.

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Lire le dernier épisode de la série d'été publiée par Le Monde (FR, Paywall), consacré au Lancet