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Le circuit neuronal de l’alcoolisme compulsif découvert chez la souris

Le circuit neuronal en question, visualisé en imagerie au calcium. / Salk Institute, DR

Une équipe de neuroscientifiques du Salk Institute de La Jolla (Californie) vient de montrer l’existence d’un circuit neuronal spécifique capable de susciter ou d’inhiber les comportements d’alcoolisation compulsive chez la souris. Cette découverte, publiée à grand bruit dans Science, marque une étape importante pour comprendre les mécanismes en jeu dans cette maladie.

Pourquoi c’est important. L’alcoolisme continue de faire des ravages, et aucune prise en charge n’a permis à ce jour de faire d’avancée réellement décisive, notamment chez les personnes ayant une tendance à boire de façon compulsive. Rien qu’en Suisse, environ 250'000 personnes sont dépendantes de l’alcool, et 1600 meurent chaque année des suites d’une consommation excessive.

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La nouvelle trithérapie contre la mucoviscidose est prometteuse, mais hors de prix

Des essais cliniques sont en cours chez l'enfant pour le Trikafta. | Shutterstock

Le Trikafta, une combinaison de trois molécules (elexacaftor-tezacaftor-ivacaftor) fabriquée par le laboratoire américain Vertex Pharmaceuticals, a été approuvé pour soigner la mucoviscidose le 21 octobre 2019 par l’agence américaine du médicament (FDA), sur la base de deux essais cliniques réussis. Le médicament cible le principal défaut génétique à l’origine de la maladie et permet une nette amélioration de la capacité pulmonaire et de la qualité de vie.

Pourquoi c’est important. En s’attaquant aux effets de la mutation du gène CFTR, le Trikafta a le potentiel de traiter l’immense majorité des malades de la mucoviscidose. Il est pour l’heure réservé aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans, mais des essais sont en cours chez l’enfant. Une perspective se dessine: transformer la maladie, encore souvent létale, en affection chronique.

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Où en est le futur «vrai» médicament contre Alzheimer?

L'aducanumab détruit les plaques amyloïdes qui s'accumulent dans le cerveau des patients Alzheimer. L'effet est ici mis en évidence sur un PET scan par le Pr William Burke, au Banner Alzheimers Institute de Phoenix (Etats-Unis) | Keystone / Matt York

L’aducanumab, une molécule censée retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer, vient de resurgir sur le devant de la scène à la faveur d’un revirement surprise. L’abandon des essais cliniques avancés au printemps 2018 avait semble-t-il sonné le glas de ce médicament candidat. Mais son fabricant Biogen vient de réanalyser les données et annonce que la molécule permet une réduction de 23% du déclin cognitif chez les patients, au bout de 18 mois de traitement.

Pourquoi c’est important. C’est peut-être l’aboutissement d’une quête de 30 ans, jusque-là ponctuée d’échecs. L’aducanumab détruit les plaques de protéines amyloïdes qui se forment à la surface des neurones des malades d’Alzheimer, et qu’on soupçonne de jouer un rôle causal dans la maladie. S’il parvient sur le marché, il sera le premier médicament à agir réellement sur le cours de la maladie. Le laboratoire déposera une homologation aux États-Unis en janvier 2020, et les discussions sont en cours pour l’Europe et le Japon.

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Cancer: un vaccin commercial démultiplie l’efficacité des immunothérapies

Une cellule cancéreuse entourée de lymphocytes T (cellules immunitaires) | NIH / Alex Ritter, Jennifer Lippincott Schwartz et Gillian Griffiths

L’équipe de recherche d’Aurélien Marabelle, à l’institut Gustave Roussy (IGR, Paris), a montré qu’un simple vaccin commercial pouvait améliorer radicalement l’efficacité des immunothérapies contre le cancer. C’est le résultat du vaccin contre le rotavirus, un virus commun responsable de gastro-entérites aiguës chez les nourrissons et les enfants en bas âge. Leurs résultats, établis chez la souris, ouvrent la porte à une stratégie prometteuse de prise en charge des cancers réfractaires aux traitements immunitaires.

Pourquoi c’est important. L’avènement des immunothérapies de nouvelle génération (les «checkpoint inhibitors») a bouleversé la compréhension et la prise en charge des cancers ces dix dernières années. Très employés dans les cancers métastatiques, et de plus en plus dans les cancers moins avancés, ces traitements ont permis de sauver des patients jusque-là condamnés. Mais les immunothérapies fonctionnent sur moins de la moitié des malades, et les recherches se focalisent désormais sur comment étendre ce taux de réponse.

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Volte-face dans Alzheimer: un médicament écarté revient dans la course

L'aducanumab est un anticorps monoclonal visant à détruire les dépôts amyloïdes des neurones | Pixabay

L’échec avait été cuisant. Deux essais avancés de l’aducanumab, un médicament expérimental dans la maladie d’Alzheimer, avaient été interrompus l’hiver dernier faute de résultats. Aujourd’hui, après analyse des données complétées, il semble que les statisticiens soient allés vite en besogne: la molécule candidate a donné des résultats concluants dans au moins un essai, rapporte le site médical Stat. De quoi ouvrir la voie à une homologation de ce qui serait le premier médicament capable d’influer sur l’évolution de la maladie.

Pourquoi on vous en parle. L’aducanumab vise à détruire les plaques amyloïdes qui se forment sur les neurones des malades d’Alzheimer. L’interruption des essais EMERGE et ENGAGE en mars dernier avait porté un coup dur, non seulement au laboratoire Biogen, mais à toute un axe de recherche: celle de «l’hypothèse amyloïde», qui établit un lien causal entre les dépôts et les symptômes de la maladie. Ce revirement, rarissime en recherche clinique, offre l’espoir d’un traitement capable de retarder le déclin cognitif chez certains patients Alzheimer.

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À lire sur Stat

| | éditorial

Voter pour ses enfants

L’entreprise genevoise ID Quantique propose à la finance et aux gouvernements des solutions de communication ultrasécurisée grâce à la physique quantique. Elle a littéralement créé ce nouveau marché grâce aux financements européens pour l’innovation. «Et aujourd’hui, nous réussissons à rester leader mondial grâce à eux, nous explique Grégoire Ribordy, son co-fondateur. Ces fonds nous permettent de faire de la recherche pas nécessairement liée à un développement immédiat, comme pour une PME normale, mais davantage tournée vers la prochaine génération d’innovations, ce qui est essentiel pour rester à la pointe.»

Pour l’instant, tout va bien. «En 19 ans, nous avons touché environ 4 millions d’euros. Jusqu’ici nous étions bien vus. Mais, dans le cadre du prochain programme-cadre, nous sentons bien que nous sommes poussés dehors. Il y a une volonté inquiétante de traiter les partenaires suisses différemment.» Ce qui tombe mal: l’Europe a fait des innovations reposant sur la physique quantique sa priorité et va investir un milliard d’euros dans le domaine.

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| | chronique

L'actualité vue par le président de l'ETH Zurich

Dans mon radar

Expliquer les enjeux de la recherche au nouveau parlement. Les élections fédérales du 20 octobre vont renouveler une grande partie des parlementaires. L’occasion pour le domaine des Ecole polytechniques fédérales (EPF) d’aller ensuite leur expliquer nos enjeux. C’est si important: la recherche et l’éducation sont nos uniques ressources en Suisse! Et les investissements définissent notre avenir pour les 20 prochaines années. Les budgets ne sont pas plétoriques et le mécanisme du frein à l’endettement – un atout pour la Suisse – nous pénalise indirectement, car le budget des EPF n’est pas protégé. Ainsi, à long terme, nous risquons de perdre notre autonomie pour nous engager dans des projets liés à la recherche fondamentale.

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Votre cerveau a été piraté

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Des mini-organes en culture pour prédire le succès d’une chimiothérapie

Image au microscope à fond clair d'organoïdes tumoraux de patients en culture. | S. Ooft et M. Mertz / DR

Des chercheurs néerlandais ont cultivé des organoïdes de tumeurs colorectales pour prédire le succès d’une chimiothérapie. En quelques jours, leur test a été capable de prédire la réponse de 80% des patients au traitement. Une avancée intéressante en matière de médecine personnalisée publié ce 8 octobre dans la revue Science Translational Medicine.

Pourquoi c’est important. La chimiothérapie est généralement utilisée dans les cancers au stade métastatique, faute de meilleur traitement disponible. Tous les patients ne répondent pas au traitement, mais beaucoup en subissent les effets indésirables: fatigue, nausées, vomissements, perte de cheveux… Réserver les traitements aux seuls patients répondants permet un vrai gain en qualité de vie pour les autres.

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On peut détecter des tumeurs cérébrales en analysant le sang

Les chercheurs ont réalisé une spectroscopie du sang des patients et réussi à prédire dans 9 cas sur 10 la présence de tumeurs cérébrales. | Pixabay

En analysant un échantillon de sang par spectroscopie, des chercheurs écossais sont parvenus à capter la signature d’une tumeur cérébrale. Sans prétendre au titre de diagnostic, cette approche non invasive peut aider les médecins à mieux caractériser ces cancers et adapter leur prise en charge. Leur travail vient d’être publié dans Nature Communications.

Pourquoi c’est intéressant. Les tumeurs cérébrales restent mal prises en charge. Leur analyse implique des techniques d’imagerie lourdes voire de la chirurgie afin de prélever des tissus. Des approches non invasives sont donc très attendues. Matthew Baker, de l’université de Strathclyde (Glasgow), qui a dirigé ces recherches:

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Montrer les résultats négatifs pour faire avancer la recherche

Image d'illustration. | Paul Keller / Flickr

Dans une tribune publiée dans Nature, le biologiste Devang Metha revient sur la publication de l’une de ses recherches dans la revue Genome Biology. La particularité de ces travaux? Ils relatent une expérience ratée. Ou comment le chercheur et son équipe ne sont pas parvenus à utiliser le système d’édition génétique CRISPR pour immuniser le manioc contre une maladie virale qui fait des ravages. A l’inverse, ils montrent que l’usage de CRISPR fait évoluer le virus vers des formes plus résistantes.

Pourquoi c’est intéressant. Devang Metha raconte que les éditeurs auxquels il a soumis ses travaux ont admis qu’ils étaient méthodologiquement solides mais se sont montrés réticents à publier des résultats montrant un échec de la technologie CRISPR. Il estime que les chercheurs sont désormais habitués à célébrer les succès, et en oublient que la plupart des avancées scientifiques ont été provoquées par des échecs. Si les résultats négatifs ne sont pas publiés dans des journaux avec un haut facteur d’impact, les autres chercheurs ne peuvent pas apprendre de ces échecs. Autre écueil: la pression pour publier des résultats positif peut les pousser à donner à présenter leurs études sous une lumière trompeuse.

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Nobel de médecine: «Ils ont ouvert le champ à de nouveaux espoirs thérapeutiques»

La salle du comité Nobel où a eu lieu l'annonce, lundi 7 octobre | Pontus Lundahl, EPA TT News Agency , Keystone

Le prix Nobel de médecine 2019 a récompensé trois chercheurs (Gregg Semenza, Peter Ratcliffe et William Kaelin), dont les travaux ont permis de comprendre comment les cellules s’adaptent aux environnements pauvres en oxygène. Stéphane Germain, directeur de recherche à l’Inserm (Paris), explique l’importance de cette découverte. Entretien.

Quelle est votre lecture de ce prix Nobel?

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Des chercheurs japonais créent un sang transfusable universellement

Poches de transfusion sanguine. | Keystone / Pascal Mora

Des chercheurs japonais ont mis au point un sang factice uniquement composé de substituts de globules rouges et de plaquettes fabriqués en laboratoire. À l’essai sur des lapins en situation d’hémorragie létale, il a donné des résultats équivalents à la transfusion classique: sept rongeurs sur dix ont survécu. La découverte a fait l’objet d’une publication dans la revue Transfusion, rapportée par le quotidien japonais Asahi Shimbun.

Pourquoi c’est prometteur. Certaines interventions comme la réanimation du choc hémorragique consomment de grandes quantités de sang. À la différence du sang standard, difficile à conserver plus d’un mois, ce sang de laboratoire peut être stocké à température ambiante pendant plus d’un an. Et comme il est dépourvu d’antigène, pas besoin de contrôler les groupes sanguins pour éviter l’incompatibilité – de quoi simplifier la vie des secours d’urgence pré-hospitaliers.

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Comment la Chine est devenue une puissance scientifique de rang mondial

Statue de Mao devant une université chinoise | Flickr

Le saviez-vous: la Chine est le pays qui publie aujourd’hui le plus d’articles scientifiques! Ceux-ci sont simplement souvent ignorés par la communauté ou les journalistes, car en chinois. L’essor de la Chine comme puissance scientifique s’est pourtant fait extrêmement rapidement, en à peine un peu plus d’un siècle, comme le relate magnifiquement un long article historique de Nature.

Qu’y apprend-on? Que les désastres qu’a connu le pays au XIXe siècle (guerres de l’opium, famines, etc.) ont servi de détonateur à l’explosion de l’inventivité chinoise. Que l’époque communiste a ensuite contraint les chercheurs à faire avec les moyens du bord mais avec aussi beaucoup d’ingéniosité, comme Tu Youyou, Prix Nobel de médecine pour ses travaux sur l’artémisine contre la malaria. Que la révolution culturelle a mis une gros frein à ces élans. Mais que la mort de Mao en 1976 a relancé, entre autre, les efforts scientifiques et technologiques. Qui connaissent les succès que l’on sait aujourd’hui, en physique quantique, en génomique, ou en recherche spatiale.

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Une actualité vous interroge ?

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Les pays hors UE attendront fin 2020 pour négocier leur accès au programme de la recherche Horizon Europe

La Suisse souhaite réintégrer pleinement le programme d'échange d'étudiants Erasmus+ en 2021, dans le cadre d'Horizon Europe. | Christian Beutler / Keystone

Les négociations pour ouvrir Horizon Europe, le prochain programme-cadre pour la recherche et l’innovation de l’Union européenne, aux pays hors UE – dont la Suisse – ne commenceront probablement pas avant 2020. C’est ce qu’a indiqué une haute fonctionnaire de la Commission européenne, Signe Ratso, une information relayée par le site spécialisé Science Business.

Pourquoi c’est important. En raison des incertitudes liées au Brexit, les Etats de l’UE n’ont toujours pas adopté la loi définitive autorisant Horizon Europe. Selon les analystes, elle ne sera pas signée avant courant, voire fin 2020. Or il s’agit d’une étape indispensable pour démarrer les discussions avec les autres Etats. Horizon Europe commencera en 2021. Les pays hors UE qui veulent y prendre part craignent que leurs chercheurs ne puissent pas l’intégrer pleinement dès ses débuts si le processus prend trop de retard. Pour la Suisse, l’enjeu est primordial. La participation à Horizon Europe fait partie des priorités de sa politique scientifique.

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Antonio Loprieno: «Aujourd'hui, la titularisation des professeurs d'université n'a plus lieu d'être. Il faut flexibiliser ces positions»

Antonio Loprieno, président des Académies suisses des sciences. | Gaëtan Bally / Keystone

Les jeunes scientifiques qui veulent poursuivre une carrière académique cumulent souvent les contrats de durée déterminée pendant de nombreuses années. Heidi.news a consacré ce lundi un article fouillé à ce phénomène qui suscite une fronde de plus en plus importante des associations de chercheurs.

Antonio Loprieno, président des Académies suisses des sciences et professeur d’égyptologie à l’Université de Bâle, livre son analyse de la problématique. Il plaide pour une remise en question du statut des professeurs.