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Les études sur le climat les plus citées par les médias en 2019

L'infographie de Carbon Brief sur les 10 études sur le climat les plus citées par la presse en 2019 | Carbon Brief/Creative Commons

2019, année de prise de conscience climatique? Au-delà des grèves des étudiants pour le climat et des événements climatiques extrêmes, la production de littérature scientifique sur le climat est de plus en plus couverte par les médias, raconte Carbon Brief à l’aide d’une éclairante infographie, reproduite ci-dessus.

Pourquoi on en parle. Pour construire son infographie, qui recense les 10 études scientifiques sur le climat les plus mentionnées de l’année, le média s’est basé sur le score Altmetric, construit à partir du nombre d’articles de presse, de blog, de pages Wikipédia ou même de documents publics mentionnant une étude scientifique.

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Stress, dépression, harcèlement: une étude dévoile les difficultés des chercheurs britanniques

Image d'illustration. | Roland Schlager / APA / Keystone

Un nombre «choquant» de scientifiques souffrent de stress et de problèmes de santé mentale, révèle une vaste enquête sur la culture de la recherche en Grande-Bretagne, relayée par le Guardian. Deux tiers des plus de 4000 personnes interrogées ont été témoins de harcèlement. Un tiers des sondés indiquent avoir consulté pour des problèmes de dépression ou d’anxiété. Et quelque 70% des chercheurs se disent stressés par leur travail.

Pourquoi on en parle. Si elle concerne spécifiquement la Grande-Bretagne, cette enquête fait écho à la situation des scientifiques dans d’autres pays, notamment en Suisse. De nombreux chercheurs helvétiques sont confrontés à des conditions de travail précaires ayant des répercussions importantes sur leur vie personnelle, comme le racontait Heidi.news l’automne dernier. La démission de la professeure de l’ETH Zurich Marcella Carollo pour harcèlement psychologique a par ailleurs suscité d’importants débats sur les pressions subies par les doctorants.

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Lire l'article du Guardian

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Des revues scientifiques russes retirent plus de 800 publications

Bâtiment de l'Académie des sciences russe, à Moscou | Raita Futo/Flickr/Creative Commons

Une enquête commandée par l’Académie des sciences russe a entraîné le retrait de plus de 800 articles scientifiques russes en raison de pratiques peu éthiques. Science revient sur ce scandale qui pourrait faire beaucoup de tort à la recherche russe.

Pourquoi on en parle. Contrairement à d’autres régions du monde, la recherche russe est principalement publiée dans des revues domestiques plutôt qu’internationales. Le problème, c’est que les standards de publication y sont très hétérogènes, et que des mêmes travaux y sont souvent republiés plusieurs fois, parfois par des auteurs différentes. En septembre dernier, la société spécialisée Antiplagiat avait passé au crible 4,3 millions d’études scientifiques écrites en russe, et avait conclu que plus de 70’000 d’entre elles possédaient au moins un doublon.

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Lire l'article de Science

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Même les prix Nobel rétractent des publications scientifiques... et c'est une excellente nouvelle

Frances Arnold, prix Nobel de Chimie en 2018 | Bengt Nyman/Creative Commons

Un article scientifique, fut-il publié dans une revue prestigieuse, représente-t-elle une somme de connaissances intouchable car désormais publiée? Non, car c’est aussi le propre de la science que de parfois tâtonner. La chercheuse américaine Frances Arnold, prix Nobel de chimie en 2018, a ainsi rétracté début 2020 un article publié en mai dernier dans Science faute de reproductibilité des résultats. Ce geste a été salué par ses pairs, raconte la BBC.

Pourquoi on en parle. La recherche scientifique connaît actuellement une forme de «crise de la reproductibilité», certains résultats publiés peinant à être reproduits par d’autres équipes. En 2016, un sondage de la revue Nature estimait que deux tiers des chercheurs avaient déjà échoué à reproduire une expérience déjà publiée! Dans ce contexte, le fait de rétracter un article déjà publié mais non reproductible peut être interprété comme un geste positif pour la communauté scientifique.

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Lire l'article sur le site de la BBC

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Une caméra qui peut révéler ce qui se passe dans nos cellules

Une équipe de chercheurs chinois a développé une technique d’imagerie avancée pour réaliser une microscopie à super-résolution à des vitesses sans précédent.

La nouvelle méthode devrait permettre de capturer des processus dans des cellules vivantes à des vitesses qui n’étaient pas possibles auparavant.

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Shanghai Institute of Optics and Fine Mechanics

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Les hôpitaux suisses désirent produire leurs propres thérapies cellulaires contre le cancer

Illustration d'une cellule immunitaire CAR-T s'attaquant à des cellules cancéreuses. | Shutterstok

Le Groupe suisse de recherche clinique sur le Cancer (SAKK) a créé un groupe de travail «thérapies cellulaires» en novembre 2019. Ce dernier a pour but de coordonner une plateforme nationale pour les thérapies cellulaires et sera dirigé par le Professeur George Coukos, chef du Département d’oncologie de l’UNIL et du CHUV et directeur du Centre Ludwig pour la recherche sur le cancer. Cette plateforme veut s’imposer, selon le site spécialisé MedInside, comme un acteur incontournable dans la recherche sur les immunothérapies cellulaires innovantes.

Pourquoi c’est important. Le recours aux immunothérapies cellulaires CAR-T contre le cancer progresse rapidement et sont sources de grands espoirs pour les patients atteints de cancers. Elles sont très onéreuses. La recherche contre le cancer ne veut pas laisser le monopole de ces thérapies aux entreprises pharmaceutiques.

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Vers la fin des placebos dans les essais cliniques?

Pixabay / mcmurryjulie

La fin des essais cliniques contre placebo: c’est l’horizon évoqué par le site américain Wired, qui voit la transition s’amorcer dans les années à venir. L’idée est la suivante: plutôt que de proposer un traitement factice à la moitié des patients d’un essai clinique, il serait possible de simuler cette condition à partir de données cliniques préexistantes. L’intérêt d’un nouveau traitement serait évalué par comparaison avec ce «bras placebo synthétique». Certains laboratoires investissent d’ores et déjà dans ces technologies, comme Roche, qui vient de racheter la société Flatiron Health pour près de deux milliards de francs.

Pourquoi ça pose question. L’essai contrôlé randomisé contre placebo est le «gold standard» de la médecine fondée sur les preuves: c’est la seule procédure permettant de démontrer l’efficacité d’un traitement avec un haut niveau d’assurance. Il est aussi long et très coûteux, et pose des problèmes éthiques. Lui substituer le big data est donc tentant – notamment pour l’industrie, qui assume les coûts et les aléas de la recherche clinique. Mais le risque est loin d’être négligeable. Certaines voix critiquent d’ores et déjà la recherche clinique pour sa propension à assouplir ses critères, et les exemples ne manquent pas de traitements homologués malgré une balance bénéfices-risques douteuse.

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À lire sur Wired (EN)

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Le circuit neuronal de l’alcoolisme compulsif découvert chez la souris

Le circuit neuronal en question, visualisé en imagerie au calcium. / Salk Institute, DR

Une équipe de neuroscientifiques du Salk Institute de La Jolla (Californie) vient de montrer l’existence d’un circuit neuronal spécifique capable de susciter ou d’inhiber les comportements d’alcoolisation compulsive chez la souris. Cette découverte, publiée à grand bruit dans Science, marque une étape importante pour comprendre les mécanismes en jeu dans cette maladie.

Pourquoi c’est important. L’alcoolisme continue de faire des ravages, et aucune prise en charge n’a permis à ce jour de faire d’avancée réellement décisive, notamment chez les personnes ayant une tendance à boire de façon compulsive. Rien qu’en Suisse, environ 250'000 personnes sont dépendantes de l’alcool, et 1600 meurent chaque année des suites d’une consommation excessive.

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La nouvelle trithérapie contre la mucoviscidose est prometteuse, mais hors de prix

Des essais cliniques sont en cours chez l'enfant pour le Trikafta. | Shutterstock

Le Trikafta, une combinaison de trois molécules (elexacaftor-tezacaftor-ivacaftor) fabriquée par le laboratoire américain Vertex Pharmaceuticals, a été approuvé pour soigner la mucoviscidose le 21 octobre 2019 par l’agence américaine du médicament (FDA), sur la base de deux essais cliniques réussis. Le médicament cible le principal défaut génétique à l’origine de la maladie et permet une nette amélioration de la capacité pulmonaire et de la qualité de vie.

Pourquoi c’est important. En s’attaquant aux effets de la mutation du gène CFTR, le Trikafta a le potentiel de traiter l’immense majorité des malades de la mucoviscidose. Il est pour l’heure réservé aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans, mais des essais sont en cours chez l’enfant. Une perspective se dessine: transformer la maladie, encore souvent létale, en affection chronique.

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Où en est le futur «vrai» médicament contre Alzheimer?

L'aducanumab détruit les plaques amyloïdes qui s'accumulent dans le cerveau des patients Alzheimer. L'effet est ici mis en évidence sur un PET scan par le Pr William Burke, au Banner Alzheimers Institute de Phoenix (Etats-Unis) | Keystone / Matt York

L’aducanumab, une molécule censée retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer, vient de resurgir sur le devant de la scène à la faveur d’un revirement surprise. L’abandon des essais cliniques avancés au printemps 2018 avait semble-t-il sonné le glas de ce médicament candidat. Mais son fabricant Biogen vient de réanalyser les données et annonce que la molécule permet une réduction de 23% du déclin cognitif chez les patients, au bout de 18 mois de traitement.

Pourquoi c’est important. C’est peut-être l’aboutissement d’une quête de 30 ans, jusque-là ponctuée d’échecs. L’aducanumab détruit les plaques de protéines amyloïdes qui se forment à la surface des neurones des malades d’Alzheimer, et qu’on soupçonne de jouer un rôle causal dans la maladie. S’il parvient sur le marché, il sera le premier médicament à agir réellement sur le cours de la maladie. Le laboratoire déposera une homologation aux États-Unis en janvier 2020, et les discussions sont en cours pour l’Europe et le Japon.

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Cancer: un vaccin commercial démultiplie l’efficacité des immunothérapies

Une cellule cancéreuse entourée de lymphocytes T (cellules immunitaires) | NIH / Alex Ritter, Jennifer Lippincott Schwartz et Gillian Griffiths

L’équipe de recherche d’Aurélien Marabelle, à l’institut Gustave Roussy (IGR, Paris), a montré qu’un simple vaccin commercial pouvait améliorer radicalement l’efficacité des immunothérapies contre le cancer. C’est le résultat du vaccin contre le rotavirus, un virus commun responsable de gastro-entérites aiguës chez les nourrissons et les enfants en bas âge. Leurs résultats, établis chez la souris, ouvrent la porte à une stratégie prometteuse de prise en charge des cancers réfractaires aux traitements immunitaires.

Pourquoi c’est important. L’avènement des immunothérapies de nouvelle génération (les «checkpoint inhibitors») a bouleversé la compréhension et la prise en charge des cancers ces dix dernières années. Très employés dans les cancers métastatiques, et de plus en plus dans les cancers moins avancés, ces traitements ont permis de sauver des patients jusque-là condamnés. Mais les immunothérapies fonctionnent sur moins de la moitié des malades, et les recherches se focalisent désormais sur comment étendre ce taux de réponse.

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Volte-face dans Alzheimer: un médicament écarté revient dans la course

L'aducanumab est un anticorps monoclonal visant à détruire les dépôts amyloïdes des neurones | Pixabay

L’échec avait été cuisant. Deux essais avancés de l’aducanumab, un médicament expérimental dans la maladie d’Alzheimer, avaient été interrompus l’hiver dernier faute de résultats. Aujourd’hui, après analyse des données complétées, il semble que les statisticiens soient allés vite en besogne: la molécule candidate a donné des résultats concluants dans au moins un essai, rapporte le site médical Stat. De quoi ouvrir la voie à une homologation de ce qui serait le premier médicament capable d’influer sur l’évolution de la maladie.

Pourquoi on vous en parle. L’aducanumab vise à détruire les plaques amyloïdes qui se forment sur les neurones des malades d’Alzheimer. L’interruption des essais EMERGE et ENGAGE en mars dernier avait porté un coup dur, non seulement au laboratoire Biogen, mais à toute un axe de recherche: celle de «l’hypothèse amyloïde», qui établit un lien causal entre les dépôts et les symptômes de la maladie. Ce revirement, rarissime en recherche clinique, offre l’espoir d’un traitement capable de retarder le déclin cognitif chez certains patients Alzheimer.

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À lire sur Stat

| | éditorial

Voter pour ses enfants

Paul Ackermann

L’entreprise genevoise ID Quantique propose à la finance et aux gouvernements des solutions de communication ultrasécurisée grâce à la physique quantique. Elle a littéralement créé ce nouveau marché grâce aux financements européens pour l’innovation. «Et aujourd’hui, nous réussissons à rester leader mondial grâce à eux, nous explique Grégoire Ribordy, son co-fondateur. Ces fonds nous permettent de faire de la recherche pas nécessairement liée à un développement immédiat, comme pour une PME normale, mais davantage tournée vers la prochaine génération d’innovations, ce qui est essentiel pour rester à la pointe.»

Pour l’instant, tout va bien. «En 19 ans, nous avons touché environ 4 millions d’euros. Jusqu’ici nous étions bien vus. Mais, dans le cadre du prochain programme-cadre, nous sentons bien que nous sommes poussés dehors. Il y a une volonté inquiétante de traiter les partenaires suisses différemment.» Ce qui tombe mal: l’Europe a fait des innovations reposant sur la physique quantique sa priorité et va investir un milliard d’euros dans le domaine.

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| | chronique

L'actualité vue par le président de l'ETH Zurich

Joël Mesot

Dans mon radar

Expliquer les enjeux de la recherche au nouveau parlement. Les élections fédérales du 20 octobre vont renouveler une grande partie des parlementaires. L’occasion pour le domaine des Ecole polytechniques fédérales (EPF) d’aller ensuite leur expliquer nos enjeux. C’est si important: la recherche et l’éducation sont nos uniques ressources en Suisse! Et les investissements définissent notre avenir pour les 20 prochaines années. Les budgets ne sont pas plétoriques et le mécanisme du frein à l’endettement – un atout pour la Suisse – nous pénalise indirectement, car le budget des EPF n’est pas protégé. Ainsi, à long terme, nous risquons de perdre notre autonomie pour nous engager dans des projets liés à la recherche fondamentale.

| | news

Des mini-organes en culture pour prédire le succès d’une chimiothérapie

Image au microscope à fond clair d'organoïdes tumoraux de patients en culture. | S. Ooft et M. Mertz / DR

Des chercheurs néerlandais ont cultivé des organoïdes de tumeurs colorectales pour prédire le succès d’une chimiothérapie. En quelques jours, leur test a été capable de prédire la réponse de 80% des patients au traitement. Une avancée intéressante en matière de médecine personnalisée publié ce 8 octobre dans la revue Science Translational Medicine.

Pourquoi c’est important. La chimiothérapie est généralement utilisée dans les cancers au stade métastatique, faute de meilleur traitement disponible. Tous les patients ne répondent pas au traitement, mais beaucoup en subissent les effets indésirables: fatigue, nausées, vomissements, perte de cheveux… Réserver les traitements aux seuls patients répondants permet un vrai gain en qualité de vie pour les autres.