#psychologie

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Rendre la langue plus neutre atténue les inégalités de genre

Image d'illustration. / Flickr

La Suède a adopté en 2015 le pronom neutre «hen», qui permet de parler d’une personne sans préciser son sexe. Alors que le «hen» a fait sa place dans le quotidien des Suédois, des chercheurs américains concluent que ce changement lexical réduit les biais qui discriminent les femmes et les personnes LGBT.

Pourquoi c’est important. Au sein de sociétés qui s’interrogent de plus en plus sur les meilleurs moyens de réduire les inégalités de genre, le débat fait rage autour de la pertinence et des effets de mesures comme l’écriture inclusive ou l’introduction d’un pronom neutre. Cette étude montre que ces changements ne relèvent pas du politiquement correct, mais ont bel et bien un impact.

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Fusillades aux Etats-Unis: comment les croyances tuent

Les habitants d'El Paso, au Texas, viennent se recueillir sur les lieux de la fusillade qui a fait 22 morts le 3 août 2019. | John Locher / Keystone

Dans un article publié dans le magazine américain Skeptic, le journaliste et historien des sciences Michael Shermer décrypte les mécanismes psychologiques à l'œuvre derrière les fusillades de masse aux Etats-Unis. Il dégage trois processus cognitifs pour expliquer ce qui pousse les auteurs à passer à l’acte: volonté d’appartenir à une tribu, préjugés et désir de justice.

Pourquoi c’est intéressant. Armes en vente libre, santé mentale, jeux vidéos… Après les tueries de Dayton et d’El Paso qui ont fait 31 morts début août aux Etats-Unis, le débat sur les causes de ces fusillades fait rage. Selon Michael Shermer, ce ne sont pas les armes qui tuent, mais bien les croyances des tueurs. Ces derniers sont animés d’un profond sentiment que leurs convictions sont justes et morales. La faute en revient notamment à la rhétorique politique américaine anti-immigration, avance-t-il.

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Lire l'article dans Skeptic (EN)

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L’épilepsie extatique, la maladie qui permet néanmoins de toucher au merveilleux

Imaginez un auditorium introuvable dans les entrailles du Centre médical universitaire de Genève, une assemblée de blouses blanches qui écoute une conférencière avec placidité et votre serviteur, qui note chacun de ses mots parce qu’il n’a pas étudié les neurosciences et ne voudrait pas écrire de bêtises.

Pourquoi c’est intéressant. La doctoresse Fabienne Picard donnait il y a quelques semaines sa leçon professorale. Son sujet d’études principal, depuis dix ans, c’est l’épilepsie extatique. C’est-à-dire un type d’épilepsie rarissime (60 cas documentés sur terre) qui voit les patients connaître un bref moment d’extase, allant de quelques secondes à quelques minutes, souvent suivi par les symptômes plus courants de l’épilepsie: la crise convulsive dont souffrent 60’000 personnes en Suisse, un demi-million en France.

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«Ce n'est pas l'environnement physique qui est extrême, mais la façon de percevoir une situation»

Lors de ses voyages, Christian Clot teste les capacités d'adaptation du mental humain en conditions extrêmes | Christian Clot

Explorer les capacités humaines pour comprendre ce qui se passe dans notre cerveau: c’est le métier de l’explorateur Christian Clot. De août 2016 à février 2017 ce franco-suisse a effectué quatre périples de 30 jours dans les 4 régions les plus extrêmes de la planète. À l’occasion d’une conférence organisée mercredi 3 juillet au Biotech par la fondation Fondamental-suisse, Christian Clot revient sur ses expériences.

Pourquoi c’est important. Comprendre les mécanismes d’adaptation devient une nécessité vu les changements climatiques, technologiques et environnementaux qui se profilent. En effet, selon l’OMS, 20% des européens sont touchés par un trouble mental et une dérégulation émotionnelle génère une incapacité à s’adapter à une transformation environnementale.

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C'est en Suisse qu'un portefeuille égaré a le plus de chance d'être rendu à son propriétaire

Une étude passionnante publiée dans Science montre la propension des gens, dans 40 pays, à rendre à son propriétaire un portefeuille contenant de l’argent. Mieux vaut le perdre en Suisse qu’en Chine!

Ce qui est étrange. Plus il y a d’argent dedans, et plus le propriétaire à de chance de le récupérer. Sauf au Mexique, où c’est l’inverse! À noter qu’il a fallu plus de 17 000 portefeuilles pour cette vaste étude…

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Lire l'article dans Science (EN)

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Les réseaux sociaux, pas si nocifs pour les adolescents

Deux adolescentes pianotent sur leur smartphone | Keystone / Christof Schuerpf

Passer du temps sur Facebook ou Instagram ne diminue pas le bien-être des jeunes. Ce sont les conclusions d’une vaste étude menée pendant huit ans sur plus de 10’000 adolescents en Grande-Bretagne, selon laquelle il n’existe pas de lien clair entre le temps passé sur les réseaux sociaux et le niveau de satisfaction dans la vie.

Pourquoi c’est surprenant. Anxiété, dépression, addiction: d’autres recherches, souvent relayées de manière alarmiste, dressent un sombre tableau de l’usage des nouvelles technologies. Les travaux du Département de psychologie expérimentale de l’Université d’Oxford, publiés dans PNAS, viennent nuancer les conclusions précédentes.

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Emotions, genre, stéréotypes… Les nouveaux enjeux de la robotique sociale au coeur du débat public

Le robot androïde Sophia de Hanson Robotics | Creative Commons/ITU Pictures

Les machines sont-elles des interlocutrices comme les autres? Faut-il leur faire simuler des émotions? Doivent-elles prendre des formes humanoïdes, ou pas forcément? La «robotique sociale» ouvre un champ de questions inédites, qu’empoigne le TA-Swiss lors d’un grand débat public, le 3 mai 2019 à Berne.

Pourquoi c’est important. L’homme du XXIe siècle a déjà maints échanges avec des machines, à travers des agents conversationnels (ou chatbots), sur les téléphones (Siri), les enceintes connectées (Alexa), les réseaux sociaux… Ces interactions homme-machines peuvent avoir des conséquences sociales majeures, par exemple en affectant le développement psychologique des enfants. Elles reproduisent aussi les biais de la société: les automates d’assistance sont par exemple souvent représentés sous une identité féminine!

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Les chiffres sur les migrations influencent plus l'opinion que les partis qui en sont à l'origine

1000? 100’000? Si l’on demande aux citoyens combien la Suisse doit accueillir de migrants chaque année, la mention d’un nombre dans la question influence fortement leur réponse. Plus étonnant, ce biais reste présent, que la formation politique à l’origine du chiffre soit clairement ancrée à gauche ou à droite, conclut une étude conduite à l’Université de Genève (FR).

Pourquoi c’est problématique. Dans la formation de l’opinion, les chiffres ont donc davantage d’impact que le parti qui les communiquent. Les statistiques brandies par l’UDC au moment d’une votation influenceraient aussi l’avis des électeurs socialistes, et inversement.