#politique scientifique


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Levée de boucliers contre la nouvelle loi sur les EPF

La nouvelle loi sur les EPF sera débattue au parlement. | Ennio Leanza / Keystone

La Confédération prévoit de réviser la loi sur les EPF. Le Conseil fédéral a transmis son message au parlement sur ce sujet en novembre dernier. Mais le projet, qui se traduit par un renforcement du rôle du Conseil des EPF, l’organe de surveillance des écoles polytechniques fédérales de Lausanne et Zurich ainsi que de quatre importants centres de recherche (PSI, WSL, Empa, Eawag), est loin de plaire à tout le monde, raconte la NZZ am Sonntag. Dans une lettre au Conseil fédéral, les institutions concernées dénoncent une «mise sous tutelle» et une «limitation de l’indépendance scientifique».

Pourquoi c’est intéressant. Le projet de révision de la loi intervient dans un contexte tendu. Le Conseil des EPF souhaite fusionner les deux instituts de recherche WSL et Eawag, une ambition qui suscite d’importantes réticences. Une autre affaire a également provoqué des remous à la fin de l’année dernière: le conseiller fédéral Guy Parmelin aurait tenté de freiner la publication d’un rapport sur la qualité de l’eau provenant de l’Eawag, avait révélé une enquête du Blick.

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La numérisation des collections de sciences naturelles votée à l'unanimité par le Conseil des Etats

Collections de fourmis d'Auguste Forel, Museum d'histoire naturelle de Genève | Martial Trezzini / Keystone

Le Conseil des Etats s’est penché ce jeudi 19 décembre sur l’opportunité de débloquer 12,4 millions de francs pour numériser les collections de sciences naturelles suisses. Un texte accepté dans la matinée à l’unanimité des parlementaires. Au total, 61 millions de pièces, selon le texte de la proposition, pourraient bénéficier de la numérisation. Mais le Conseil fédéral s'oppose à cette proposition.

Pourquoi on en parle. L’enjeu est de rendre plus facilement accessibles aux scientifiques de Suisse et d’ailleurs les nombreuses collections présentes dans les institutions helvétiques. De quoi permettre à ces spécimens de soutenir les progrès de la recherche dans de nombreux domaines: protection de la biodiversité, lutte contre le changement climatique, préservation des ressources naturelles… Aujourd'hui, seuls 17% de ces collections ont été numérisées.

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Contrairement à Bruxelles qui a fermé son Institut Confucius accusé d'espionnage, Genève défend le sien

Le siège des instituts Confucius, à Pékin. | Imaginechina via AP Images

La semaine dernière, l’Université libre de Bruxelles a fermé son Institut Confucius. Le directeur de ce centre chargé de promouvoir la langue et la culture chinoise aurait recruté des étudiants et hommes d’affaires, des faits qu’il conteste. En Suisse, l’Université de Genève (UNIGE) assure son soutien à son Institut Confucius, ouvert en 2011.

Pourquoi c’est sensible. Inspirés du fonctionnement de l’Alliance française, les instituts Confucius sont financés directement par l’Etat chinois, ce qui génère régulièrement des questions quant à leur indépendance. Dans un climat où la méfiance occidentale envers la Chine est grandissante, ils sont souvent décrits comme des lieux d’influence ou de propagande. Ces dernières années, en Europe, les instituts Confucius de Stockholm, Leiden et Lyon ont également fermé leurs portes. Le projet d’en ouvrir un à Zurich a été gelé.

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Le budget américain pour la recherche finalement en hausse pour 2020

Le Capitole à Washington DC. | JIM LO SCALZO /EPA /Keystone

La plupart des agences de recherche américaines devraient voir leur budget augmenter pour l’année fiscale 2020, qui se terminera le 30 septembre 2020. Le Congrès a publié les détails de son projet de loi final, à contre-courant des coupes réclamées par Donald Trump. Les National Institutes of Health (NIH) devraient ainsi recevoir 7% de plus qu’en 2019. La National Science Foundation (NSF), la NASA et l’Office of Science du Département de l’énergie devraient enregistrer respectivement des hausses de 2,5%, 3,4% et 6,3%, peut-on lire dans Science. Il est prévu que le Congrès accepte le projet avant le 20 décembre.

Pourquoi c’est important. Dans sa proposition de budget au Congrès transmise au printemps, pour la troisième année consécutive, le président Trump avait demandé d’importantes baisses pour les agences scientifiques (-13% pour les NIH, -12% pour la NSF), tout en prévoyant des hausses massives des dépenses dans la défense. La communauté scientifique avait alors averti que des réductions de cette ampleur risquaient de «faire dérailler l’entreprise scientifique américaine».

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La Confédération lance six nouveaux pôles de recherche nationaux

La professeure Gabriela Hug de l'ETH Zurich, le conseiller fédéral Guy Parmelin et le président du FNS Matthias Egger présentent les nouveaux PRN à la presse, lundi 16 décembre à Berne. | Peter Klaunzer / Keystone

La Confédération soutient six nouveaux pôles de recherche nationaux (PRN), sur des «thèmes d'importance stratégique pour l'avenir de la science et de la société suisses». Elle investira 100 millions de francs pour la première phase de leur exploitation, entre 2020 et 2023, a annoncé lundi 16 décembre le Département fédéral de la recherche.

Les détails. Les nouveaux PRN seront pilotés par les universités de Bâle, Genève, Lausanne et Zurich, mais aussi à l’EPFL et à l’ETH Zurich. Ils portent sur:

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Le Geneva Science and Diplomacy Anticipator veut anticiper les technologies du futur

Robot humanoïde Sophia (image d'illustration) | ENRIC FONTCUBERTA/EPA/EFE/KEYSTONE

Une initiative de plus entend tirer parti des forces de la Genève internationale, afin de favoriser des innovations à même de répondre aux défis scientifiques et technologique d’aujourd’hui et de demain. Il s’agit de la fondation Geneva Science and Diplomacy Anticipator (GESDA), annoncée le 20 février 2019 sur l’initiative conjointe du Conseil fédéral et du Canton de Genève. Elle sera opérationnelle à partir du 1er janvier 2020.

Pourquoi c’est intéressant. Cette initiative a des atouts de taille pour remplir sa mission de trait d’union entre mondes académique et diplomatique. A commencer par la composition de son conseil de Fondation et de ses commissions, qui regroupent des personnalités comme l’ancien président de l’EPFL Patrick Aebischer, l’ancienne présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, l’ancien directeur général de Nestlé Peter Brabeck-Letmathe, ou encore la directrice générale du CERN Fabiola Gianotti.

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Qui sont les 42 scientifiques du nouveau parlement fédéral?


La première session de la nouvelle Assemblée fédérale a démarré lundi 2 décembre. Plus jeune, plus féminin, plus vert, le parlement de cette 51e législature est aussi très scientifique, une tendance à laquelle Heidi.news avait consacré un article en novembre, en se concentrant sur les nouveaux arrivants. La rédaction s’est depuis penchée sur les profils des 246 parlementaires. Résultat: les deux chambres comptent 42 élus ayant suivi une formation dans une branche scientifique. Et 27 exercent une profession en lien avec les sciences.

Pourquoi c’est intéressant. Jusqu’au début des années 2000, les deux tiers des élus ayant une formation universitaire étaient juristes. Depuis, une diversification s’est opérée, avec des diplômés en sciences naturelles et techniques, en sciences sociales ou en lettres. Parmi les 42 scientifiques du nouveau parlement, 21 sont issus des rangs verts et verts-libéraux, deux partis qui ont clairement misé sur des candidats leur apportant de la légitimité sur les thèmes du climat, de l’environnement ou encore de la biodiversité.

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Antonio Loprieno quitte la présidence des Académies suisses des sciences

Antonio Loprieno. | Gaëtan Bally / Keystone

Nommé pour diriger l’Université Jacobs de Brême, en Allemagne, Antonio Loprieno quitte la présidence des Académies suisses des sciences, poste qu’il occupe depuis octobre 2017. Son départ interviendra fin janvier 2020. Marcel Tanner, l’actuel vice-président, reprendra la fonction par intérim.

Les détails. La désignation d’une nouvelle personne à la présidence devrait intervenir fin 2020. Dans les mois à venir, Marcel Tanner, qui connaît très bien l’institution et occupe le poste de président de l’Académie suisse des sciences naturelles, se chargera du pilotage de la planification pluriannuelle 2021-2024.

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Financer la recherche par tirage au sort? L’idée fait son chemin en Suisse

Image d'illustration. | Daniel Maurer /dapd/Keystone

Comment octroyer des fonds à la recherche de la manière la plus juste et la plus efficace? Des scientifiques estiment que le système en place dans de nombreux pays, qui repose sur l’évaluation par des experts (peer review), n’atteint pas pleinement ses objectifs. Comme réponse, ils proposent de procéder par tirage au sort, une réflexion qui existe aussi pour la publication d’articles scientifiques et les nominations à des postes académiques.

Pourquoi on en parle. L’Université de Zurich a consacré mi-novembre une conférence aux tirages au sort comme instrument pour désigner les professeurs et financer les projets de recherche. Cette rencontre a réuni une cinquantaine de personnes. Le sujet, qui peut paraître farfelu au premier abord, rencontre un intérêt croissant dans les milieux académiques, notamment en Suisse.

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Les chercheuses pénalisées dans l’évaluation de leurs projets au Fond national suisse

Chercheuse en microbiologie. | Gaëtan Bally / Keystone

Les chercheuses qui déposent une demande de soutien pour leur projet de recherche au Fonds national suisse (FNS) reçoivent des évaluations moins favorables que leurs collègues masculins. C’est ce qui ressort d’une étude du FNS sur les biais dans le peer review (l’examen de ces requêtes par des experts externes).

Pourquoi c’est important. Le FNS est la principale source de financement de la science en Suisse. Sur mandat de la Confédération, il a alloué plus d’un milliard de francs de fonds publics à près de 3000 projets en 2018. Tandis que les milieux académiques s’interrogent sur les obstacles aux carrières féminines dans les sciences, le financement public de la recherche se doit d’être le plus juste et le plus efficace possible.

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Des chercheurs chinois accusés de dérober des technologies américaines

Plus de 200 enquêtes pour vol de technologie sont en cours aux USA. Employés par des institutions biomédicales américaines, des scientifiques chinois auraient même breveté dans leur pays d’origine des inventions financées par les Etats-Unis. Des voix s’élèvent toutefois pour dénoncer la méfiance de Washington et des excès de tracasseries légales, assimilées à de la discrimination.

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New York Times

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Démissions en cascade à la Commission de recours des EPF

Le bâtiment principal de l'ETH Zurich. | Christian Beutler / Keystone

Trois des sept membres de la Commission de recours des EPF, le tribunal administratif interne des écoles polytechniques, ont démissionné avec effet immédiat ces dernières semaines, révèle la NZZ. Selon le quotidien alémanique, les trois membres démissionnaires, dont le président de la commission Hansjörg Peter, ont pris cette décision suite à des manœuvres visant à les pousser vers la sortie. Hansjörg Peter dénonce une attaque contre l’indépendance judiciaire.

Pourquoi on en parle. La Commission de recours des EPF statue en cas de recours contre les décisions des instances dirigeantes des EPF, principalement en ce qui concerne le droit du personnel et des hautes écoles. Or elle aurait régulièrement rendu des avis qui auraient déplu à l’ETH Zurich et à l’EPFL, analyse un des membres sortants. Sans faire directement le lien avec cette affaire, la NZZ rappelle que l’ETH Zurich a licencié cet été la professeure d’astronomie Marcella Carollo suite à des accusations de harcèlement psychologique, une première dans l’histoire de l’institution.

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Les étudiants suisses réclament des cours obligatoires pour tous sur le climat

Grève pour le climat à Lausanne, en mai 2019. | Jean-Christophe Bott / Keystone

Intégrer des cours obligatoires sur l’environnement et le climat à toutes les filières de toutes les universités suisses: c’est ce que réclament un nombre croissant d’étudiantes et d’étudiants. La revendication figurait déjà dans un papier de position de la Fédération des organisations étudiantes pour la durabilité en 2016, mais n’avait alors pas trouvé beaucoup d’écho. Avec les grèves pour le climat, qui ont rassemblé des milliers de jeunes dans les rues en 2019, elle gagne désormais du terrain.

Pourquoi c’est intéressant. Une des missions de l’université consiste à diffuser le savoir qui doit permettre à la société d’aborder les grands enjeux de son temps. Or de plus en plus d’étudiants partagent le sentiment que leur alma mater ne les prépare pas suffisamment à relever les défis imposés par l’urgence climatique.

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Comment le Brexit fait souffrir la recherche britannique

Les drapeaux britannique et européen flottent au-dessus du palais de Westminster. | AP Photo/ Keystone / Kirsty Wigglesworth

La Royal Society a livré mi-octobre la première estimation de ce que le Brexit avait coûté à la science britannique depuis 2015, rapporte la BBC. Résultat: la Grande-Bretagne a vu sa part annuelle de fonds européens pour la recherche baisser de près d’un tiers, et le nombre de chercheurs européens à choisir venir dans le pays grâce à des programmes européens reculer de 35%.

Les détails. La part de fonds obtenus via le programme-cadre européen pour la recherche Horizon 2020 est passé de 16% pour la Grande-Bretagne en 2015 à 11% en 2018. Quant aux chercheurs étrangers, le nombre de candidatures a chuté de 19’127 à 11’746 au cours de la même période. Ces derniers ne veulent pas «jouer avec leurs carrières» en venant en Grande-Bretagne, a déclaré le président de la Royal Society, Venki Ramakrishnan.

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La communauté scientifique doit réformer ses pratiques et ses valeurs, sans attendre

Pierre Vandergheynst est professeur ordinaire au Laboratoire de traitement des signaux et Vice-président pour l’éducation à l’EPFL.

Le 17 octobre dernier, le site spécialisé RetractionWatch, qui suit et indexe les retraits d’articles de recherche des revues scientifiques, «célébrait» la 20’000e rétractation. Certains de ces retraits ont fait couler beaucoup d’encre, comme l’étude du médecin anglais Andrew Wakefield, qui liait autisme et vaccination, publiée initialement dans une revue très réputée en 1998, The Lancet. Ou encore, plus récemment, celle publiée d’abord dans Nature Medicine, selon laquelle les bébés modifiés par la technologie génétique CRISPR connaîtraient possiblement une mort plus précoce.

Dans le monde scientifique, les résultats de recherche sont le plus souvent publiés dans des revues spécialisées, telles Nature et Science. Auparavant, ces dernières demandent à des experts de se prononcer sur la qualité scientifique des articles soumis. Cette étape d’évaluation par les pairs (nommée «peer review») est fondamentale, car elle assure le respect des critères d’objectivité et de rigueur qui sont au cœur de la démarche scientifique.