#paléoanthropologie


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La polémique enfle autour de peintures rupestres annoncées comme néandertalienne

Peinture rupestre de La Pasiega, Espagne | C.D Standish, A.W.G. Pike et D.L. Hoffmann

Neandertal pouvait-il peindre? Ce vieux débat de la paléoanthropologie connait depuis une année un regain d’intérêt avec la découverte en 2018 de trois peintures rupestres espagnoles datées de 64’800 ans. Un âge où l’homme moderne n’était pas encore présent en Europe. Or plusieurs réponses et critiques ont été publiées depuis par d’autres chercheurs, remettant en cause cette datation. La dernière en date a été publié dans Journal of Human Evolution par une quarantaine d’auteurs. Mais, comme le détaille New Scientist, cette critique fait à son tour l’objet d’une controverse.

L’origine de la polémique. La datation des peintures espagnoles a été obtenu par le ratio uranium/thorium dans des cristaux de calcite les recouvrant. Or, plusieurs paléoanthropologues remettent en cause la validité de cette méthode pour ce cas précis. Ils rappellent également que l’art rupestre en Europe serait apparu il y a environ 40’000 ans selon les différentes données archéologiques retrouvées sur tout le continent. Trouver un exemple qui serait 20’000 ans plus âgé serait donc douteux. Depuis, d’autres chercheurs se sont exprimés pour souligner le caractère peu scientifique d’un tel argument.

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Lire l'article dans New Scientist

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Des doutes pèsent sur l'étude qui localise le berceau de l'humanité dans le Botswana

Delta de l'Okavango, Botswana. Région où l'étude de Nature place l'origine de l'homme moderne | reisigl / Pixabay

Ce devait être une grande annonce sur nos origines. Une étude parue ce lundi dans Nature annonce que l'homme moderne aurait vu le jour dans le sud de l'Afrique, dans l’actuel Botswana, il y a environ 200’000 ans. Mais entre le caractère fragmentaire des données et l’existence d’études contradictoires non prises en compte dans l’analyse, cette publication ne fait pas l'unanimité, comme l'explique The Atlantic.

Pourquoi on en parle. L’étude en question se base sur l’ADN mitochondrial de diverses populations sud-africaines actuelles pour aboutir à sa conclusion. Or de nombreux chercheurs ont émis des doutes quant à la valeur de cette méthode. L’ADN mitochondrial ne serait, selon eux, pas suffisant pour tirer de telles conclusions, surtout sans réaliser d’analyses sur de l’ADN fossile. De plus, il a été noté l’absence de plusieurs études importantes publiées de par le passé, qui auraient pu contredire ces conclusions, dans la discussion de l’article.

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Lire l'article dans The Atlantic

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Des empreintes de Néandertaliens découvertes sur une plage normande

L'une des empreintes fossilisées découvertes | Dominique Cliquet

Pas moins de 257 empreintes de pas fossilisées âgées de 80’000 ans, attribuées à l’homme de Néandertal. C’est la moisson réalisée en Basse-Normandie (France) par une équipe de paléontologues. Auparavant, on ne connaissait que neuf empreintes fossiles de ce cousin de notre espèce, raconte le New Scientist. Il s’agirait d’un groupe social avec de nombreux enfants, ce que révèle la diversité de la taille des traces.

Pourquoi c’est important. Connu depuis les années 1960, le lieu de ces fouilles, le site du Rozel, est menacé de disparaître à cause de l’érosion. Divers ossements d’animaux ont également été retrouvés, qui suggèrent des activités de boucherie. Des fouilles de sauvetage sont entreprises chaque année depuis 2012. L’espoir est désormais de mettre au jour des vestiges humains.

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Lire l'article sur le site du New Scientist (EN)

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Le doute plane sur l'âge du plus ancien Homo sapiens d'Europe

Les deux crânes fossiles retrouvés ont été respectivement datés à -170'000 et à - 210'000 ans | K.Harvati et al / Nature

Le paléoanthroplogue Jean-Jacques Hublin, directeur du département d’évolution humaine à l’institut Max Planck, a émis dans La Recherche plusieurs doutes sur l’âge présumé du plus ancien Homo sapiens d’Europe, qui a fait l’objet d’une publication en juillet dernier.

Pourquoi c’est important. Découvert dans la grotte d’Apidima, en Grèce, un crâne du genre Homo avait été daté à 210’000 ans et attribué à l’espèce Homo sapiens dans une étude publiée dans Nature. Or d’après Jean-Jacques Hublin, la méthode de datation utilisée ne peut s’appliquer correctement sur ce type de fossile. De plus, la morphologie du crâne pourrait tout autant correspondre à un néandertalien primitif.

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Lire l'article dans La Recherche

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Les premiers humains seraient sortis d'Afrique bien plus tôt qu'on ne le pensait

Les deux crânes fossiles retrouvés ont été respectivement datés à -170'000 et à - 210'000 ans | K.Harvati et al/Nature

Ces deux fossiles, découverts dans une grotte grecque, étaient connus depuis les années 1970. Mais incomplets et déformés par le passage des années, ils demeuraient un mystère. Celui-ci a peut-être été élucidé. Des chercheurs allemands les ont datés à 170’000 et 210’000 ans avant notre ère. Le premier serait un Neandertal, et le second un Homo sapiens, ce qui en ferait le plus vieux représentant de cette espèce jamais retrouvé en Europe! Leurs travaux ont été publiés dans Nature.

Pourquoi c’est important. À quel moment nos ancêtres Homo sapiens sont-ils sortis d’Afrique et ont commencé à coloniser l’Europe et l’Asie? 160’000 ans plus tôt qu’on ne le pensait, selon cette étude.

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Au Brésil, des singes capucins utilisaient déjà des outils en pierre il y a 3000 ans

Le capucin sapajou à barbe utilisait déjà des outils en pierre il y a 3000 ans. | Tiago Falótico

Un groupe de primatologues et d’archéologues relate, dans Nature Ecology and Evolution, la découverte d’un site archéologique dans le parc national de Serra de Capivara, au Brésil. Sa particularité: datés de 3000 ans, les outils en pierre qui y ont été trouvés ne sont pas ceux d’humains mais d’un petit singe, le capucin sapajou à barbe. Plus encore, ils ont pu démontrer que ces singes avaient fait évoluer leurs techniques à travers le temps.

Des outils et des singes. C’est la première fois qu’une évolution dans l’utilisation des outils est démontrée chez un primate autre que l’homme. William McGrew, de l’université de St Andrews, en Écosse, spécialiste des outils de primates depuis 40 ans, n’a pas participé à l’étude, mais a pu visiter le site. Il nous détaille l’importance de cette découverte.