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Coronavirus, une drôle de guerre

Sarah Sermondadaz

Sarah Sermondadaz est journaliste scientifique pour le Flux Sciences de Heidi.news. Située en France au moment où le gouvernement français a décidé de confiner la population, elle livre un texte personnel depuis son appartement en région parisienne dont elle n'a plus le droit, comme les autres Français, de sortir, hormis pour les achats de première nécessité.

Ce dimanche soir, comme près d’un milliard d’humains (et c’est inédit), je suis confinée chez moi. Assignée à résidence, sans bracelet électronique, pour notre propre bien à tous – d’ailleurs, restez chez vous: la résistance, elle est en chambre. J’y suis à guetter cette drôle de guerre sanitaire qu’on ne vaincra qu’à l’usure. Enfin, «on»… Une bataille dans laquelle, nos soignants, surtout, combattent et combattront, parfois au péril de leur vie ou de celle de leurs proches. Dehors, pies, corneilles et pinsons, indifférents; les premiers sursauts du printemps. La ligne de front? A la fois omniprésente et invisible, sauf aux avant postes blêmes de l’hôpital. Une drôle de guerre, oui, pour reprendre la terminologie du président français Emmanuel Macron, qui a utilisé le terme à six reprises lors de son allocution du 17 mars.

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Les médecins devraient-ils mieux prendre en compte l'effet nocebo?

Pixabay / Gerd Altmann

Les médecins devraient prendre soin à limiter l’effet nocebo, équivalent négatif de l’effet placebo, quand ils communiquent avec leurs patients. C’est le point de vue intéressant défendu par le Dr Jeremy Howick, spécialiste de l’effet placebo et philosophe des sciences à l’université d’Oxford, dans un article pour The Conversation. Car la suggestion peut avoir des effets négatifs d’ampleur insoupçonnée: dans un essai randomisé sur l’angine de poitrine, les patients avertis des possibles effets indésirables gastriques de leur médicament étaient six fois plus nombreux à les ressentir que ceux n’ayant pas eu l’information… D’où la nécessité de prendre mieux en compte cette variable dans le discours médical.