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Les universités suisses paient 70 millions aux éditeurs scientifiques, mais veulent les faire plier

La bibliothèque de l'Université de Saint-Gall. | Christian Beutler / Keystone

Les institutions suisses dépensent plus de 70 millions de francs par an pour accéder aux articles publiés dans les revues scientifiques. Alors que l’open access gagne du terrain, la mainmise des éditeurs commerciaux sur la diffusion de travaux de recherche est toujours plus contestée. Universités, bibliothèques et chercheurs se sont alliés pour négocier avec les grandes maisons d’édition. Mais à peine lancées, les discussions prennent déjà du retard.

Pourquoi c’est important. Les trois principaux éditeurs scientifiques, Elsevier, Wiley et Springer Nature, publient des milliers de revues, parmi lesquelles certaines des plus prestigieuses: Cell, The Lancet, Nature. Ils bénéficient d’un monopole sur leurs produits qui leur permet d’imposer des augmentations annuelles de prix de l’ordre de 4% à 8%. Une situation difficilement tenable pour leurs abonnés qui essaient tant bien que mal de contenir ces coûts.

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Accord entre Springer Nature et 700 institutions scientifiques allemandes sur l'«open access»

©h_pampel via Flickr

Un accord a été trouvé entre l’un des éditeurs de revues scientifiques les plus importants, Springer Nature, et plus de 700 institutions de recherches allemandes, accord qui permet à ces dernières d’y publier leurs études en open access. Le prix que ces institutions devront payer pour cela sera toutefois le plus élevé du genre, selon la revue Science : 2750 euros par article.

Pourquoi c’est important. Les abonnements aux revues scientifiques deviennent de plus en plus chers, ce qui pose problème aux scientifiques surtout des pays en développement pour accéder aux dernières études publiées. Le modèle open access, qui renverse la tendance, et rend la lecture des articles gratuite, prend donc de l’essor. En Suisse, le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation et le Fonds national suisse souhaitent que toute étude financée par des fonds publics soit publiée en open access d’ici 2024. Pour ce faire, des négociations sont en cours avec les principaux éditeurs, dont Springer Nature.

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«Enfermer des publications scientifiques derrière un paywall est anachronique»

Kamila Markram, fondatrice de Frontiers | Frontiers

Kamila Markram est CEO de Frontiers, maison d’édition scientifique qui publie les études en accès gratuit (open access). Elle l’a fondée avec son mari Henry Markram en 2007, alors qu’elle était encore doctorante à l’EPFL. À l’occasion de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques, qui se tient du 1er au 5 juillet à Lausanne, elle précise dans une interview les enjeux de la recherche ouverte.

La plupart des revues scientifiques ne sont accessibles que sur abonnement, or de tels abonnements peuvent coûter cher. Aujourd’hui, de plus en plus d’universités décident tout simplement de s’en passer, privant ainsi leurs chercheurs de l’accès à certaines des plus récentes publications de leurs domaines. D’où l’intérêt grandissant pour l’open science.