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Marinka Zitnik: «L’IA permet d’aborder des problèmes insolubles, comme les interactions médicamenteuses»

Marinka Zitnik à son bureau de Stanford en 2018. | Stanford / L.A. Cicero

Heidi.news est partenaire des Applied Machine Learning Days (AMLD), et déplace jusqu'au mercredi 29 janvier sa rédaction à l'EPF de Lausanne, sur le site de l'événement.

Marinka Zitnik fait partie de ces jeunes talents du milieu académique dans le champ de l’IA appliquée à la santé. En poste à Harvard depuis peu, après un post-doctorat remarqué à Stanford, la chercheuse s’intéresse aux moyens de faire parler les données pour faciliter la découverte de nouveaux médicaments.

À l’occasion des AMLD 2020, nous l’avons rencontrée pour évoquer notamment un sujet dans le vent: la réorientation de médicaments, qui consiste à identifier de nouvelles indications thérapeutiques pour des molécules déjà sur le marché. Entretien.

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Une startup zurichoise utilise la blockchain pour tracer des équipements médicaux

Image d'illustration | Xatena

La start-up zurichoise Xatena a développé une plateforme numérique B2B pour tracer le parcours de commandes d’équipements médicaux grâce à la technologie blockchain.. Actuellement près de 1000 entreprises s’y sont enregistrées, et certains des plus grands hôpitaux suisses participent au projet. C’est le portail entreprenarial Startupticker qui rapporte l’information.

Pourquoi c’est intéressant. Tout le monde loue les futures possibilités de la blockchain, qui permet d’authentifier des échanges numériques de façon transparente et a priori inviolable, mais les applications concrètes de cette technologie innovante se font attendre. Dans ce projet pilote, la blockchain est utilisée pour suivre la provenance d’équipements médicaux, sensibles par nature.

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A lire sur Startupticker (EN)

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En hausse de 6,2% en 2019, les dépenses en médicaments atteignent des sommets

Pharmacie. | Keystone / Gaetan Bally

Selon curafutura, une des deux faîtières de l’assurance-maladie, les dépenses en médicaments ont augmenté de 6,2% en 2019. Cela fait bondir la facture à charge de l’assurance obligatoire des soins à presque sept milliards de francs. Cette tendance est générale, mais ce sont les anticancéreux qui font le plus fortement grimper la note avec une hausse de 15%.

Pourquoi c’est important. Les données publiées ce 20 janvier 2020 font planer la menace d’une hausse des primes d’assurance-maladie pour 2021. De plus, les économies annoncées le 25 octobre 2019 par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), chiffrées à 100 millions de francs par an dès cette année, n’arrivent pas à juguler la hausse continue de ces dépenses: elles ont augmenté de 26% en cinq ans.

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La France limite la prescription de tramadol: quid de la Suisse?

Le tramadol est homologué en Suisse depuis 1977 | Keystone / Martin Ruetschi

En France, le statut du tramadol, l’opioïde le plus prescrit du pays, changera le 15 avril. Les patients devront désormais renouveler leur ordonnance tous les trois mois, contre douze actuellement. La décision, annoncée mercredi par l’agence française du médicament (ANSM), vise à lutter contre les risques de dépendance et de surdosage. En Suisse, la prescription de l’antalgique est limitée à trois mois, mais cette réglementation ne suffit pas toujours à empêcher les dérives.

Pourquoi on en parle. La surconsommation d’opioïdes est un enjeu de santé publique majeur aux États-Unis et dans de nombreux pays. En Suisse, 7e consommateur mondial d’opioïdes par habitant en 2018, le tramadol trône à la première place des opioïdes les plus utilisés (Pharmasuisse, 2019).

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23andMe se lance dans la pharma grâce aux génomes de ses clients

Pixabay / Pete Linforth

23andMe, qui commercialise des tests génétiques pour le grand public, vient d’annoncer un partenariat avec un laboratoire pharmaceutique spécialisé en dermatologie, l’espagnol Almirall. L’accord, évoqué par Bloomberg, porte sur le développement clinique d’un nouveau traitement contre le psoriasis et d’autres maladies auto-immunes, conçu grâce aux données de ses utilisateurs. Les détails financiers ne sont pas encore connus, mais c’est la première fois que le fleuron américain des tests génétiques dépose un brevet pour un médicament candidat.

Pourquoi on vous en parle. Et le monde découvre que 23andMe ne se borne pas à proposer des tests amusants pour évaluer son taux d’ascendance viking... Avec près de dix millions d’utilisateurs, la société californienne – créée par Anne Wojcicki, ex-compagne de Sergey Brin – a récolté une manne astronomique de données génétiques. Le potentiel du big data médical est immense: identifier des pathologies, développer de nouveaux médicaments et, à l’avenir, des traitements personnalisés… Dès 2013, le journaliste Charles Seif invitait, dans The Scientific American, à ne pas être dupe des objectifs de long terme du futur Google de la génomique.

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À lire sur Bloomberg (EN)

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Les médicaments français se vendent bien au marché noir

Shutterstock / Crazystocker

Le trafic de médicaments depuis la France se porte bien. A l’occasion d’un partenariat entre la gendarmerie et les laboratoires pharmaceutiques français pour mieux lutter contre ce phénomène, France Info revient sur les tendances en la matière. Les dérivés de l’opium continuent de tenir la corde dans le trafic de médicaments de l’Hexagone vers l’Europe de l’Est et du Nord. Mais un nouveau phénomène se fait jour: le trafic de médicament anticancéreux, qui peuvent se négocier jusqu’à 15'000 euros la boîte, à destination des pays où ces produits sont en rupture d’approvisionnement.

Comment cela fonctionne. Le trafic de faux médicaments brasse des sommes très importantes, même si elles sont difficiles à estimer. Et pour cause, la marge est énorme pour les trafiquants. Un trafic de Subutex (opiacé psychotrope) a récemment été mis au jour depuis la région de Marseille, à destination de l’Europe de l’Est. Pour un cachet acheté deux euros en pharmacie avec de faux documents, donc de qualité assurée, le prix de revente pouvait atteindre 60 euros en Ukraine. En Europe du Nord, le cachet se négocie encore plus cher: 100 euros en Finlande, et jusqu’à 400 euros dans les prisons de ce pays.

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À lire ou écouter sur France Info

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Les pénuries de médicaments au programme de l'émission «A bon entendeur»

Le marché du médicament s'est mondalisé et les chaines de production se sont complexifiées | Pixabay / Jukka Niittymaa

Depuis quelques années, les pénuries de médicaments se multiplient en Suisse et ailleurs dans le monde. Pour l’émission «A bon entendeur» du 7 janvier, la RTS s’est penchée sur ce problème majeur. Sur quelque 9000 médicaments enregistrés, environ 600 à 700 références sont en permanence en rupture de stock. Antibiotiques, anti-inflammatoire, anticholestérol, antihypertenseurs, anti-épileptique: aucune classe thérapeutique n’est épargnée, et les pharmacies en sont réduites à composer avec les moyens du bord – substitution de médicaments, constitutions de stocks, importations à la demande – pour éviter les interruptions de traitement.

Pourquoi c’est un problème de fond. Le marché du médicament s’est transformé pour optimiser les coûts de production. La fabrication de principes actifs s’est concentrée et externalisée à l’étranger (Chine et Inde), et les problèmes de production se répercutent partout dans le monde. L’industrie pharmaceutique incrimine aussi la pression à la baisse sur le prix de médicaments, tandis que d’autres acteurs de la santé dénoncent des attentes exagérées du secteur pharma quant à ses marges commerciales. Les professionnels de santé soulignent enfin un manque de transparence et d’information sur ces ruptures d’approvisionnement, sous couvert de secret industriel.

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À voir sur le site de la RTS

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Le retour en grâce des drogues hallucinogènes en médecine expliqué par un de ses acteurs

Pixabay / Stuart Hampton

LSD, psilocybine, mescaline… Très en vogue dans les années 60, puis classées comme stupéfiants et interdites, ces drogues hallucinogènes sont en train de connaître un renouveau dans le domaine médical. Dans une tribune publiée sur le site médical Stat, Shlomi Raz, fondateur de la société pharmaceutique Eleusis, se félicite de ce retour en grâce. En activant les récepteurs de la sérotonine dans le cerveau, ces substances hallucinogènes ont une puissante action anti-inflammatoire, qui pourrait bien s’avérer utile dans des pathologies à forte dimension neuro-immune comme la maladie d’Alzheimer ou la dépression chronique.

Pourquoi cela pourrait bien arriver. Les recherches sont assez avancées. Eleusis travaille à montrer l’efficacité du LSD à faible dose dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Tout l’enjeu consiste à conserver une efficacité thérapeutique tout en limitant l’effet psychotrope de la substance. L’absence de toxicité aigüe vient d’être démontrée (essais de phase 1), mais il reste encore à montrer que l’efficacité est au rendez-vous chez suffisamment de patients. L’autre axe de recherche prometteur est celui de la psilocybine –le principe actif des champignons hallucinogènes– pour traiter la dépression résistante. Deux essais cliniques de phase 2 sont en cours.

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À lire sur Stat (EN)

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Zoom sur les nouveaux traitements pour les migraineux sévères

Pixabay / photosforyou

L’arrivée de médicaments préventifs contre les migraines réfractaires est une lumière d’espoir pour des patients jusqu’ici en impasse thérapeutique. Dans ses colonnes, Le Monde se penche longuement sur ces nouveaux traitements de fond, dits anticorps monoclonaux anti-CGRP. A raison d’une à trois injections par mois, ils limitent la dilatation des vaisseaux sanguins et la stimulation des récepteurs de la douleur chez les patients migraineux, avec une diminution des crises à la clé.

Pourquoi c’est intéressant. Les migraines sévères sont une maladie très handicapante. Bien tolérés, ces traitements permettent de limiter le nombre de crises, voire de supprimer totalement la douleur dans un sous-groupe de patients «super répondeurs» (environ 1 sur 10). Mais leur emploi est très encadré. En Suisse, le premier anti-CGRP – l’erenumab – est autorisé depuis août 2018. Il doit être prescrit par un neurologue et peut être remboursé sur demande à l’assureur-maladie pour une durée d’un an renouvelable, sous réserve de critères de sélection stricts et de contrôles réguliers de l’efficacité du traitement.

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À lire dans Le Monde

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L’Académie nationale des sciences face à la crise des opioïdes

Crédits: Keystone.

L’Institution américaine publie une feuille de route pour que médecins et autres prescripteurs d’opioïdes encadrent mieux leur utilisation d’antidouleurs. Parmi les lignes directrices proposées, l’Académie nationale des sciences demande à évaluer certains facteurs comme l'utilisation des opioïdes par rapport à des solutions de rechange, les demandes de renouvellement et la possibilité que certains comprimés ne soient pas utilisés

Pourquoi c’est important. La situation américaine est catastrophique: 115 personnes meurent chaque jour d’une surdose, et plus de 80% des héroïnomanes ont développé leur dépendance suite à une prescription médicale. Une baisse de prescription a cependant été remarquée aux Etats-Unis depuis 2012.

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Stat

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Un second médicament se profile contre le lupus

Pixabay / Arek Socha

Un médicament candidat vient de faire ses preuves dans la prise en charge du lupus systémique, via un essai clinique de phase 3 dont les résultats viennent d’être publiés dans le New England Journal of Medicine. La molécule testée, l’anifrolumab, a pour effet d’inactiver des récepteurs des cellules de l’organisme susceptibles de provoquer une réponse immunitaire innée. Près de la moitié (48%) des participants ont montré des signes d’amélioration générale, contre un tiers (32%) dans le groupe placebo.

Pourquoi on vous en parle. L’annonce est passée un peu inaperçue, mais elle est d’importance. L’aniforlumab pourrait être le second médicament en soixante ans contre cette maladie auto-immune aux symptômes variés (arthrose, éruptions cutanées, fatigue, nausées et vomissements), qu’on ne sait pas guérir et difficilement prendre en charge. Deux essais cliniques ont été menés sur cette molécule, dont un seulement s’avère concluant. Ce résultat mitigé, lié à la nature très protéiforme de la maladie, laisse une incertitude mais le laboratoire se dit confiant et déposera une demande de mise sur le marché au second semestre 2020.

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À lire dans New Scientist

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L’OMS valide le premier médicament biosimilaire dans le cancer du sein

L’OMS annonce avoir pré-qualifié un biosimilaire du trastuzumab, une thérapie ciblée très employée dans le cancer du sein. C’est la première fois que l’organisation inscrit sur sa liste un médicament biosimilaire – l’équivalent du générique pour une biomolécule. (Les molécules biologiques, comme le trastuzumab qui est un anticorps, sont bien plus difficiles à répliquer que les petites molécules classiques de la pharmacopée.) Alors que le médicament princeps – l’Herceptin, de Roche – est facturé en moyenne 20'000 dollars le traitement, la version biosimilaire validée par l’OMS – l’Ontruzant, de Samsung Bioepis – coûte environ un tiers de ce prix.

Pourquoi c’est important. Les chercheurs à l’origine de la mise au point du trastuzumab ont été récompensés en septembre dernier du prix Lasker, souvent considéré comme l’antichambre du Nobel. Premier anticorps anticancéreux de l’histoire, ce médicament est vite devenu un blockbuster depuis son arrivée sur le marché en 1998. Son principe actif est employé dans environ 20% des cancers du sein (dits HER2 positifs), ce qui représente des millions de femmes dans le monde. La pré-qualification du biosimilaire par l’OMS assure de sa qualité et prépare sa diffusion à large échelle dans les pays en voie de développement.

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Bientôt un médicament contre la principale forme de nanisme

Portrait de Sebastián de Morra, par Velasquez (1645, détail).

Il permettrait de gagner 1,6 centimètre par an durant la phase de croissance. Un médicament contre l’achondroplasie – la forme la plus fréquente de nanisme génétique – vient de faire ses preuves, d’après son fabricant BioMarin. L’essai clinique de phase 3 du vosoritide, conduit auprès de 121 enfants âgés de 5 à 14 ans, a donné des résultats positifs, qui seront publiés prochainement. Le laboratoire prévoit de déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché aux États-Unis au premier semestre 2020. Et c’est le site médical Stat qui s’en fait l’écho.

Pourquoi c’est prometteur. Dans les pays développés, environ 60% des personnes de petite taille souffrent d’achondroplasie. Cette malformation a pour origine une mutation provoquant une suractivité du gène FGFR3, en charge de la régulation de la croissance osseuse. A raison d’une injection sous la peau par jour, le vosoritide permet de contrebalancer les effets de la mutation et de favoriser la croissance osseuse des enfants et adolescents atteints de la maladie. Reste à voir si le bénéfice est généralisé et si les risques restent mesurés: lors de l’essai de phase 2, un patient sur dix avait connu un effet indésirable grave.

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À lire sur Stat

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Vers la fin des placebos dans les essais cliniques?

Pixabay / mcmurryjulie

La fin des essais cliniques contre placebo: c’est l’horizon évoqué par le site américain Wired, qui voit la transition s’amorcer dans les années à venir. L’idée est la suivante: plutôt que de proposer un traitement factice à la moitié des patients d’un essai clinique, il serait possible de simuler cette condition à partir de données cliniques préexistantes. L’intérêt d’un nouveau traitement serait évalué par comparaison avec ce «bras placebo synthétique». Certains laboratoires investissent d’ores et déjà dans ces technologies, comme Roche, qui vient de racheter la société Flatiron Health pour près de deux milliards de francs.

Pourquoi ça pose question. L’essai contrôlé randomisé contre placebo est le «gold standard» de la médecine fondée sur les preuves: c’est la seule procédure permettant de démontrer l’efficacité d’un traitement avec un haut niveau d’assurance. Il est aussi long et très coûteux, et pose des problèmes éthiques. Lui substituer le big data est donc tentant – notamment pour l’industrie, qui assume les coûts et les aléas de la recherche clinique. Mais le risque est loin d’être négligeable. Certaines voix critiquent d’ores et déjà la recherche clinique pour sa propension à assouplir ses critères, et les exemples ne manquent pas de traitements homologués malgré une balance bénéfices-risques douteuse.

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À lire sur Wired (EN)

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Comment l'industrie pharmaceutique s'y prend pour influencer les médecins

Pixabay / Tumisu

Shahram Ahari était délégué médical pour la division américaine du laboratoire suisse Eli Lilly, avant de se reconvertir et devenir médecin urgentiste. Dans le Washington Post, il relate par le menu les pratiques en vigueur dans son ancien métier, qui consiste pour l’essentiel à influencer les médecins. Des petits cadeaux aux grands hôtels, en passant par les marques d’amitié ou le chantage psychologique, l’essentiel est de créer un lien d’obligé. Il est aussi d’usage de s’attacher les services de «key opinion leaders», ces experts reconnus – souvent médecins universitaires –, capables d’imposer leurs vues aux autres prescripteurs.

Pourquoi c’est important. L’industrie pharmaceutique dépense plus pour le marketing et la vente que pour la recherche et le développement. Ces pratiques sont controversées à deux titres: elles pèsent sur les budgets des systèmes de santé, via un prix élevé des médicaments, et tendent à infléchir les pratiques médicales en favorisant la surprescription. D’où des crises sanitaires, comme celle des opioïdes en Amérique du Nord ou du Mediator en France, où les laboratoires pharmaceutiques figurent régulièrement sur le banc des accusés.

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À lire sur le Washington Post