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Une malade du cancer explique son refus de participer à des essais cliniques

Pixabay / qimono

Kaylene Sheran souffre du syndrome de Gorlin: sa peau se couvre de tumeurs cancéreuses. Environ dix fois par année, elle passe sous le bistouri du dermatologue. En 2018, un traitement anticancéreux a raison de ses problèmes, mais son assurance finit par refuser le remboursement.

Pourquoi c’est intéressant. Kaylene Sheran retient la leçon. Appelée cette année à participer à des essais cliniques pour une thérapie prometteuse, elle refuse en l’absence de garanties sur le prix de commercialisation.

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À lire dans Stat

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La nouvelle trithérapie contre la mucoviscidose est prometteuse, mais hors de prix

Des essais cliniques sont en cours chez l'enfant pour le Trikafta. | Shutterstock

Le Trikafta, une combinaison de trois molécules (elexacaftor-tezacaftor-ivacaftor) fabriquée par le laboratoire américain Vertex Pharmaceuticals, a été approuvé pour soigner la mucoviscidose le 21 octobre 2019 par l’agence américaine du médicament (FDA), sur la base de deux essais cliniques réussis. Le médicament cible le principal défaut génétique à l’origine de la maladie et permet une nette amélioration de la capacité pulmonaire et de la qualité de vie.

Pourquoi c’est important. En s’attaquant aux effets de la mutation du gène CFTR, le Trikafta a le potentiel de traiter l’immense majorité des malades de la mucoviscidose. Il est pour l’heure réservé aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans, mais des essais sont en cours chez l’enfant. Une perspective se dessine: transformer la maladie, encore souvent létale, en affection chronique.

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La Suisse paie plus pour ses médicaments

L’Office fédéral de la santé publique a revu à la baisse le prix de nombreuses spécialités pharmaceutiques et annoncé des économies de 100 millions de francs. Mais selon la RTS, cette mesure ne permettrait pas de juguler la hausse des prix des médicaments, estimée à 420 millions de francs en 2019. En cause, notamment, de nouvelles et coûteuses thérapies anticancéreuses.

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RTS

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Les médecins de famille liés à l’industrie ont la main plus lourde pour prescrire

Une pluie de médicaments. | Pixabay / qimono

Les médecins qui ne reçoivent pas d’avantages de l’industrie pharmaceutique tendent à prescrire avec moins de prodigalité. C’est la conclusion d’une vaste étude conduite par l’université de Rennes sur plus de 40’000 médecins généralistes français, publiée dans le British Medical Journal et relayée par Le Monde. Par rapport aux médecins en lien financier avec l’industrie, les médecins entièrement indépendants ont adopté des prescriptions moins coûteuses, et limité l’usage de certains médicaments controversés pour leur usage excessif (vasodilatateurs, benzodiazépines, sartans).

Pourquoi c’est intéressant. Ces dernières années ont vu une prise de conscience croissante de l’influence de l’industrie pharmaceutique, au fil de scandales sanitaires comme celui du Médiator en France ou des opioïdes en Amérique du nord. Nombreuses sont les études à témoigner d’un lien statistique (la causalité restant difficile à démontrer) entre les liens d’intérêts avec l’industrie et les pratiques des médecins. Depuis 2012, tous les praticiens français doivent déclarer sur une base de données publique l’ensemble des avantages, financiers ou en nature, qu’ils perçoivent de l’industrie. C’est sur ces données que se fonde l’étude de Rennes.

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À lire sur Le Monde

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Un médicament prometteur bientôt disponible contre la mucoviscidose

La mucoviscidose se traduit principalement par des atteintes digestives et pulmonaires, beaucoup de malades perdant en capacité respiratoire au fil des années. | Pixabay / kalhh

C’est le premier traitement à s’attaquer au cœur du problème. Le Trikafta, une combinaison de trois molécules (elexacaftor-tezacaftor-ivacaftor), a été approuvé contre la mucoviscidose le 21 octobre par l’agence américaine du médicament (FDA), sur la base de deux essais cliniques publiés dans le NEJM et le Lancet. Ce médicament cible le principal défaut génétique à l’origine de la maladie, et permet d’améliorer les fonctions pulmonaires des patients de 10 à 14%. Un grand espoir sur le point de se concrétiser, rapporte le Washington Post.

Pourquoi c’est important. En s’attaquant à la principale mutation du gène CFTR, le Trikafta a le potentiel de traiter l’immense majorité des malades. Il est pour l’heure réservé aux adolescents et aux adultes, mais des essais sont en cours chez l’enfant. Se dessine ainsi l’espoir de transformer cette affection d’évolution compliquée (l’espérance de vie est de moins de 50 ans en Suisse) en maladie chronique. Reste à voir si le coût très élevé du traitement (311'000 dollars par an aux États-Unis) ne sera pas un frein à son déploiement. Les discussions sont en cours pour une autorisation européenne.

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À lire dans le Washington Post

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Comment les smartphones révolutionnent la façon de traiter les maladies

Image d'illustration. | Shutterstock

Vous n’avez jamais entendu parler de thérapie numérique sur ordonnance? Normal, cette technologie récente se base sur la collaboration entre chercheurs, cliniciens et ingénieurs pour mettre au point des logiciels utiles dans le traitement de maladies. Et tout cela se passe sur smartphone ou tablette, comme le relève Corey McCann, président et CEO de Pear Therapeutics, dans une chronique parue le 29 octobre dans Stat. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a validé ces thérapies d’un nouveau genre avec l’appui des médecins.

Pourquoi on vous en parle. Conçus pour être accessibles en tout temps, ces logiciels sur ordonnance sont efficaces pour de nombreuses affections: schizophrénie, sclérose en plaques, insomnies chroniques, troubles liés à la consommation de drogues et d’opioïdes. Dans ce dernier cas, les patients ont accès via leur téléphone intelligent à une thérapie cognitivo-comportementale sans passer par la case cabinet médical. Ces thérapies modifient en profondeur le paradigme du soin et permettent aux prestataires de soins de recueillir en toute sécurité des données en temps réel sur les patients et de les analyser afin d’élaborer des plans de traitement personnalisés.

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Lire l'article sur Stat

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Si vous achetez des stimulants de l'érection sur internet, vous avez une chance sur deux d'être floué

Médicaments de contrebande à Bangkok. La plupart des médicaments importés illégalement en Suisse viennent d'Inde ou d'Asie | Keystone / Barbara Walton

Swissmedic s’est penché sur les importations illégales de tadalafil (Cialis et ses génériques), un des deux principaux stimulants de la fonction érectile. L’analyse des saisies douanières a montré qu’environ la moitié (48%) des produits contenaient pas assez ou trop de principe actif. Le surdosage était même massif dans 15% des cas. On compte aussi quelques curiosités, comme un comprimé recouvert de peinture argentée.

Pourquoi on vous en parle. En autorisant la commande de produits pharmaceutiques pour une consommation personnelle limitée, la Suisse fait exception en Europe. Cette singularité fait du pays un point d’entrée privilégié pour l’importation de produits médicaux non contrôlés, essentiellement des stimulants de la fonction érectile. On estime à 20'000 le nombre de telles commandes par an, avec un risque important de produits contrefaits.

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Votre cerveau a été piraté

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S'unir pour lutter contre les médicaments trop chers

La base de données «International Horizon Scanning Initiative» est lancée ce 29 octobre par neuf pays européen, dont la Suisse. Le but est de surveiller les prix des nouveaux médicaments pour lutter collectivement contre les prix excessifs. Participent à cette union, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Autriche, l’Irlande, le Portugal, la Suède, le Danemark, la Norvège et la Suisse.

L’enjeu est capital: des prévisions tablent sur une augmentation de 30% des coûts liés aux médicaments d’ici 2024, qui pourraient atteindre 6,6 milliards d’euros par an.

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Futur médicament contre Alzheimer: «C’est la nouvelle que j’attends depuis trente ans»

Giovanni Frisoni est directeur du centre de la mémoire des HUG

Neurologue, directeur du centre de la mémoire des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le Pr Giovanni Frisoni a participé aux essais cliniques sur l’aducanumab dans la maladie d’Alzheimer, avant leur interruption brutale au printemps dernier. Mais le laboratoire a depuis fait savoir, contre toute attente, que la molécule avait fait ses preuves. Pour Heidi.news, il revient sur cette annonce.

La démonstration de l’efficacité de l’aducanumab, c’est une vraie bonne nouvelle pour vous?

Giovanni Frisoni – C’est quelque chose qui est attendu depuis longtemps. Pour l’instant on a des médicaments symptomatiques qui améliorent un peu les performances cognitives, pas beaucoup, mais n’améliorent pas l’évolution de la maladie et ne la ralentissent pas à long terme. Ce n’est pas une nouvelle: c’est la nouvelle que j’attends depuis trente ans, depuis le moment où j’ai commencé à travailler sur Alzheimer et les maladies apparentées. Mais il faut néanmoins rester très prudent.

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Où en est le futur «vrai» médicament contre Alzheimer?

L'aducanumab détruit les plaques amyloïdes qui s'accumulent dans le cerveau des patients Alzheimer. L'effet est ici mis en évidence sur un PET scan par le Pr William Burke, au Banner Alzheimers Institute de Phoenix (Etats-Unis) | Keystone / Matt York

L’aducanumab, une molécule censée retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer, vient de resurgir sur le devant de la scène à la faveur d’un revirement surprise. L’abandon des essais cliniques avancés au printemps 2018 avait semble-t-il sonné le glas de ce médicament candidat. Mais son fabricant Biogen vient de réanalyser les données et annonce que la molécule permet une réduction de 23% du déclin cognitif chez les patients, au bout de 18 mois de traitement.

Pourquoi c’est important. C’est peut-être l’aboutissement d’une quête de 30 ans, jusque-là ponctuée d’échecs. L’aducanumab détruit les plaques de protéines amyloïdes qui se forment à la surface des neurones des malades d’Alzheimer, et qu’on soupçonne de jouer un rôle causal dans la maladie. S’il parvient sur le marché, il sera le premier médicament à agir réellement sur le cours de la maladie. Le laboratoire déposera une homologation aux États-Unis en janvier 2020, et les discussions sont en cours pour l’Europe et le Japon.

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La moitié des médicaments courants affectent la flore intestinale

Parmi les médicaments les plus actifs sur le microbiote, les IPP, la metformine, les antibiotiques et laxatifs | Pixabay / Pexels

La moitié des médicaments les plus couramment utilisés affectent le microbiote intestinal. Ce résultat, issu d’une étude néerlandaise, a été présenté au congrès de la société savante européenne de gastro-entérologie (UEG 2019) à Barcelone, et rapporté par le site Medical News. Les chercheurs ont analysé les selles de près de 1900 patients. Ils ont détecté des altérations de la flore intestinale pour la moitié des 41 médicaments testés. Les plus actifs sur le microbiote étaient les inhibiteurs de la pompe à proton (brûlures gastriques), la metformine (antidiabétique), les antibiotiques et les laxatifs.

Pourquoi on vous en parle. La flore bactérienne présente dans le tube digestif joue un rôle important sur la digestion et l’état de forme général, et a pu être mise en relation avec des maladies chroniques comme l’obésité, le diabète, la dépression… Le fait que les médicaments courants soient susceptibles d’induire un déséquilibre du microbiote intestinal est une donnée importante pour les praticiens, pour prendre en compte d’éventuels effets indésirables des prises en charge.

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À lire sur News Medical

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Volte-face dans Alzheimer: un médicament écarté revient dans la course

L'aducanumab est un anticorps monoclonal visant à détruire les dépôts amyloïdes des neurones | Pixabay

L’échec avait été cuisant. Deux essais avancés de l’aducanumab, un médicament expérimental dans la maladie d’Alzheimer, avaient été interrompus l’hiver dernier faute de résultats. Aujourd’hui, après analyse des données complétées, il semble que les statisticiens soient allés vite en besogne: la molécule candidate a donné des résultats concluants dans au moins un essai, rapporte le site médical Stat. De quoi ouvrir la voie à une homologation de ce qui serait le premier médicament capable d’influer sur l’évolution de la maladie.

Pourquoi on vous en parle. L’aducanumab vise à détruire les plaques amyloïdes qui se forment sur les neurones des malades d’Alzheimer. L’interruption des essais EMERGE et ENGAGE en mars dernier avait porté un coup dur, non seulement au laboratoire Biogen, mais à toute un axe de recherche: celle de «l’hypothèse amyloïde», qui établit un lien causal entre les dépôts et les symptômes de la maladie. Ce revirement, rarissime en recherche clinique, offre l’espoir d’un traitement capable de retarder le déclin cognitif chez certains patients Alzheimer.

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À lire sur Stat

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Traumatismes crâniens: un médicament permet de prévenir les hémorragies

L'acide tranéxamique permet de prévenir les hémorragies intracrâniennes et doit être administré au plus vite en cas de traumatisme| Pixabay / Tumisu

L’acide tranéxamique peut prévenir le risque d’hémorragie en cas de traumatisme crânien. C’est ce que vient de montrer un essai randomisé publié dans The Lancet et rapporté dans les colonnes du Guardian. Administré dans les trois heures, ce produit déjà utilisé pour réduire les pertes sanguines lors des interventions chirurgicales a permis de réduire de 22 % le risque de décès des patients (de 7,5 % à 5,8 %). L’acide tranéxamique bloque le processus physiologique de dissolution des caillots sanguins. Il doit être utilisé le plus rapidement possible, avant qu’une hémorragie importante ne se forme.

Pourquoi on vous en parle. Accidents de la route, bagarres, chutes… Les traumatismes crâniens sont extrêmement fréquents: on dénombre de l’ordre de 70 millions nouveaux cas chaque année. Une réduction, même modeste, de la mortalité se traduit donc mécaniquement par des milliers de vies sauvées, si l’acide tranéxamique – peu coûteux et déjà utilisé en chirurgie – entre rapidement dans les pratiques.

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À lire sur The Guardian

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Les archives de Münsterlingen révèlent l'ampleur d'un essai clinique sauvage survenu en 1954

Vue du bâtiment de la clinique psychiatrique, de Münsterlingen, où les tests de dépistage de drogues effectués sur les patients par le psychiatre Roland Kuhn dans les années 1950 auraient été plus poussés que prévu. | Keystone / Gian Ehrenzeller)

A Münsterlingen, dans le canton de Thurgovie, le psychiatre Roland Kuhn a mené des essais cliniques sauvages durant quatre décennies. Le directeur a testé au moins 67 substances sur quelque 3’000 patients n’ayant pas donné leur consentement. Nous avons traduit en anglais l’article complet de la NZZ du 23 septembre, au vu de l’ampleur du scandale en Suisse alémanique et de l’excellent travail de recherche réalisé par le centre des archives de Münsterlingen.

Pourquoi on vous en parle. L’arrivée de la cargaison de préparation G 22150 en avril 1954 à la clinique psychiatrique de Münsterlingen a marqué le début d'une longue série d'essais cliniques dans l’institution. Le médecin-chef Roland Kuhn y a évalué les effets psychopharmacologiques de nouvelles substances non approuvées. Le psychiatre collaborait avec des entreprises pharmaceutiques bâloises. Il réagit d’abord avec prudence aux demandes d'essai: «Je ne veux pas faire un travail que je ne peux pas réaliser avec la rigueur nécessaire». Mais ses inhibitions disparaissent et il est rapidement gagné par une «véritable fièvre expérimentale», comme on peut le découvrir dans l'étude récente Forschungsbuch zu Medikamententests in Münsterlingen.

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Lire l'article original en allemand de la NZZ

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Drug trials in Münsterlingen: how senior physician "Daddy Long Leg" used his patients as guinea pigs

Vue du bâtiment de la clinique psychiatrique, de Münsterlingen, où les tests de dépistage de drogues effectués sur les patients par le psychiatre Roland Kuhn dans les années 1950 auraient été plus poussés que prévu. | Keystone / Gian Ehrenzeller)

Basel-based pharmaceutical companies have been testing unapproved medicines on thousands of people in Switzerland for three decades. The clinic in Münsterlingen, Thurgau, was “more than helpful!” Senior physician Roland Kuhn was madly excited about the trials.

Why it matters. April 1954 – a shipment of the preparation G 22150 arrives at the Psychiatric Clinic Münsterlingen. It marks the beginning of a long series of trials in the clinic at the idyllic location of Lake Constance. Senior physician Roland Kuhn tests new, unapproved substances for their psychopharmacological effects. Kuhn collaborates with Basel-based pharmaceutical companies. He reacted cautiously to Geigy's test requests at the beginning: “I don't want to take on a job that I can't perform with the necessary thoroughness.” But all inhibitions vanished in no time. Kuhn was overcome by a “real experimental fever”, as can be read in the study “Münsterlingen test case” presented on Monday.