#marketing


S'abonner
| | radar

Comment l'industrie pharmaceutique s'y prend pour influencer les médecins

Pixabay / Tumisu

Shahram Ahari était délégué médical pour la division américaine du laboratoire suisse Eli Lilly, avant de se reconvertir et devenir médecin urgentiste. Dans le Washington Post, il relate par le menu les pratiques en vigueur dans son ancien métier, qui consiste pour l’essentiel à influencer les médecins. Des petits cadeaux aux grands hôtels, en passant par les marques d’amitié ou le chantage psychologique, l’essentiel est de créer un lien d’obligé. Il est aussi d’usage de s’attacher les services de «key opinion leaders», ces experts reconnus – souvent médecins universitaires –, capables d’imposer leurs vues aux autres prescripteurs.

Pourquoi c’est important. L’industrie pharmaceutique dépense plus pour le marketing et la vente que pour la recherche et le développement. Ces pratiques sont controversées à deux titres: elles pèsent sur les budgets des systèmes de santé, via un prix élevé des médicaments, et tendent à infléchir les pratiques médicales en favorisant la surprescription. D’où des crises sanitaires, comme celle des opioïdes en Amérique du Nord ou du Mediator en France, où les laboratoires pharmaceutiques figurent régulièrement sur le banc des accusés.

link

À lire sur le Washington Post

| | enquête

Comment l'OFSP a induit la RTS en erreur sur les primes d'assurance-maladie injectées dans le marketing

Une enquête de l’émission «On en parle» de la RTS révélait le 30 octobre que 102 millions de francs avaient été dépensés par les assurances-maladie dans la publicité et le courtage en 2018. Un chiffre qui serait en hausse spectaculaire de 36% depuis 2016. A y regarder de plus près, la hausse n’est «que» de 17%. Heidi.news a épluché les chiffres des dix plus grandes assurances-maladie du pays: les chiffres 2016 publiés par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sont faux.

Pourquoi c’est agaçant. Les assurances-maladie ne peuvent théoriquement pas réaliser de bénéfices grâce aux primes perçues dans le cadre de l’assurance obligatoire des soins. Les entreprises peuvent néanmoins faire de la publicité et payer des commissions pour faire jouer la concurrence, fidéliser leur clientèle et acquérir de nouveaux assurés pour autant que ces frais restent «dans les limites qu’impose une gestion économique». Si les bases de données officielles publiées par le régulateur (l’OFSP) sont erronées, les analyses le sont également.