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L'évolution peut-elle expliquer la dépression?

Pixabay / Dana Tentis

Une personne sur cinq vivra une dépression au cours de sa vie. Une fréquence si massive que la tentation est forte d’expliquer la maladie par des facteurs évolutifs profonds pesant sur l’espèce humaine. Dans cet article paru sur le site universitaire The Conversation, Gilles Bertschy, professeur de psychiatrie au CHU de Strasbourg, fait la lumière sur les nombreuses théories existantes. Certaines s’attachent à décrire la dépression comme un comportement de préservation social, d’autres comme un vestige de comportement de retrait face aux maladies infectieuses, ou encore comme une forme exacerbée d’empathie… La liste est longue.

Pourquoi c’est intéressant. Étonnamment, l’évolution au sens darwinien du terme n’a que peu influencé la vision des maladies et de leur étiologie. La médecine évolutionniste vise à rectifier le tir, en essayant d’expliquer l’apparition de certaines pathologies contemporaines – obésité, diabète, maladies auto-immunes – comme le résultat d’un conflit entre des dispositions lentement sélectionnées au fil de l’évolution et un environnement en mutation rapide. Cette perspective se distingue par son grand pouvoir explicatif. Comme le disait le célèbre biologiste Theodosius Dobzhansky: «rien en biologie n'a de sens, si ce n'est à la lumière de l'évolution».

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À lire sur The Conversation

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Cette espèce de corneille évolue désormais «à rebours»

Image d'illustration | Flickr

Il y a quelques centaines de milliers d’années, un groupe d’oiseaux isolés par des glaciers évoluait vers une nouvelle espèce: la corneille d’Alaska. Or dans la revue Molecular Ecology, des biologistes constatent qu'elle revient peu à peu à ses caractéristiques d’origine en s’hybridant avec sa cousine, la corneille d’Amérique, raconte Gizmodo.

Pourquoi c’est surprenant. Le phénomène montre que la spéciation (le fait d’évoluer en une espèce à part) n’est pas un processus à sens unique. Cette découverte interroge aussi le concept d’espèce, parfois plus large que ce que nous imaginons.

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A lire dans Gizmodo

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Le secret du couple durable dévoilé chez les singes titis

Un mâle titi roux accompagné de son petit | Sofya Dolotovskaya

Le Flux Santé s'intéresse aussi à la santé et au comportement animal. Chloé Laubu, docteure en biologie du comportement animal, se penche ici sur les raisons de la monogamie chez les primates.

Des primatologues ont observé la répartition des tâches au sein des couples chez un petit singe tropical afin de comprendre pourquoi mâle et femelle choisissaient de vivre ensemble. Cette étude a été publiée le 15 janvier 2020 dans la revue Royal Society Open Science et vise à mieux cerner ce mystère évolutif qu’est la monogamie.

Pourquoi c’est important. Chez les mammifères, la monogamie est rare: elle concerne moins de 10% des espèces, dont de nombreux primates. Pourquoi l’appariement exclusif est-il apparu et a-t-il été maintenu chez ces espèces? L’étude de la répartition des rôles au sein du couple peut fournir de précieuses informations pour comprendre l’évolution de la vie à deux.

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Les étonnantes traces laissées par Néandertal et Denisova dans le génome humain

Une reconstitution anachronique au Neanderthal Museum, en Allemagne | Clemens Vasters/Flickr/Creative Commons

Deux chercheurs suisses, Alexandre Gouy et Laurent Excoffier, de l'Université de Berne et de l'Institut suisse de bio-informatique à Lausanne, proposent une nouvelle méthode pour savoir quels gènes de notre ADN ont été hérités de nos cousins humains aujourd’hui éteints, les hommes de Néandertal et de Denisova. De quoi mieux comprendre l’évolution de fonctions biologiques clés, comme l’immunité.

Pourquoi c’est intéressant. Depuis qu’on dispose de génomes de référence pour des espèces humaines disparues, Néandertal et Desinova, les scientifiques cherchent à mesurer la part génétique que nous avons conservée de leur fréquentation. Car le génome de l’homme moderne s’est enrichi de métissages avec ces voisins. Or, la plupart des publications scientifiques se sont jusqu’ici intéressées à des gènes au cas par cas. Ici, il s’agit d’une étude plus fonctionnelle qui évoque les pressions de sélections responsables du maintien de tel ou tel gène.

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La longue existence de notre ancêtre homo erectus

Crédits: Creative Commons

On considérait cet hominidé disparu depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Mais selon des chercheurs de l’université de l’Iowa, des individus auraient survécu dans des îles indonésiennes jusqu’à il y a environ 100’000 ans, quand la savane boisée faisait place à la jungle tropicale.

Pourquoi c’est important. Publiée dans Nature, cette étude repose sur des archives de fouilles effectuées dans les années 1930 et sur de nouvelles méthodes d’analyse des ossements. Des résultats qui selon l’étude, solidifient Ngandong, sur l’île de Java en Indonésie, comme étant la dernière occurrence connue de cette espèce à la vie longue.

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Science

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Les biches donnent naissance de plus en plus tôt, et c'est à cause de nous

Une biche élaphe (Cervus elaphus) et son jeune en train de courir en Écosse. | Chloé Laubu

Le Flux Santé s'intéresse aussi à la santé animale. Chloé Laubu, docteure en biologie du comportement animal, se penche ici sur les pressions sélectives que subissent les biches écossaises pour mettre bas plus tôt.

En étudiant les cerfs élaphes d’une île écossaise, des chercheurs ont observé que du fait du réchauffement des températures, la population avait évolué génétiquement au cours des dernières décennies pour donner naissance à leurs jeunes deux semaines plus tôt dans l’année. Ces résultats ont été publiés le 5 novembre dans la revue Plos Biology.

Pourquoi c’est intéressant. Observer l’évolution en action chez des populations animales sauvages est exceptionnel. Les processus évolutifs sont en général très longs et agissent sur de très nombreuses générations, ce qui rend souvent impossible leur observation. Cette étude met en lumière une évolution accélérée en réponse au réchauffement climatique dans une population insulaire de cerfs sauvages.

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Une ébauche d'explication évolutionniste sur les origines de l’orgasme féminin

Image d'illustration, œuvre du peintre britannique George Frederic Watts, 19e siècle | Creative Commons

Du plaisir à l’état pur! Voilà ce qui caractérise l’orgasme féminin humain. Il n’est associé à aucune fonction biologique connue, alors qu’il déclenche l’ovulation chez d’autres mammifères. Une hypothèse suggère que cette fonction d’induction de l’ovulation était présente chez nos ancêtres et que l’humain, comme d’autres espèces, l’aurait perdu. Une équipe américaine en fournit enfin un début de preuve expérimentale.

Pourquoi c’est intéressant. L’orgasme féminin est depuis des siècles l’objet de nombreuses controverses et spéculations. Depuis l’origine de l’humanité, les savants s’interrogent… avec plus ou moins de pertinence: existe-t-il? Comment fonctionne-t-il? À quoi sert-il? Car il s’agit ici de donner une explication évolutionniste à cette mystérieuse extase.

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Une nouvelle espèce éclaire l’origine du T. rex

Reconstitution d’un Suskityrannus hazelae de la fin du crétacé (au premier plan) | Andrey Atuchin

Des chercheurs ont découvert, au Nouveau-Mexique (Etats-Unis), les fossiles vieux de 92 millions d’années de deux jeunes tyrannosaures d’un nouveau genre, Suskityrannus hazelae. Ces squelettes, dont les crânes mesurent entre 25 et 32 centimètres, sont décrits dans un article de Nature Ecology & Evolution. Malgré leur petite taille, ils possèdent des pattes adaptées pour la course et une mâchoire puissante.

Pourquoi on en parle. Le Tyrannosaurus rex a prospéré à la fin du Crétacé supérieur, il y a 80 à 66 millions d’années. Mais ses origines restent mystérieuses. On disposait de fossiles de ses ancêtres datant de plus de 100 millions d’années. Mais aucun vestige des vingt millions d’années suivantes, sans doute en raison de la montée des océans dans ce qui était l’Amérique à cette époque. Les S. hazelae seraient donc le chaînon manquant dans l’évolution des tyrannosaures.

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Le narval, une espèce qui intrigue les généticiens

Le narval est l'un des trois cétacés marins qui ne vivent que dans l'océan Arctique | Carsten Egevang

L’analyse du génome d’un spécimen de narval par une équipe danoise révèle que ce mammifère marin présente une très faible diversité génétique. La population actuelle aurait connu une expansion récente, à partir d’un petit groupe fondateur, mais sa diversité n’aurait pas profité d’une démographie favorable.

Pourquoi c’est important. Aujourd’hui, la population de narvals compte environ 170 000 individus, qui vivent uniquement dans l’océan Arctique. La faible diversité génétique de l’espèce pose des questions sur sa survie.