#essais cliniques


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Vers la fin des placebos dans les essais cliniques?

Pixabay / mcmurryjulie

La fin des essais cliniques contre placebo: c’est l’horizon évoqué par le site américain Wired, qui voit la transition s’amorcer dans les années à venir. L’idée est la suivante: plutôt que de proposer un traitement factice à la moitié des patients d’un essai clinique, il serait possible de simuler cette condition à partir de données cliniques préexistantes. L’intérêt d’un nouveau traitement serait évalué par comparaison avec ce «bras placebo synthétique». Certains laboratoires investissent d’ores et déjà dans ces technologies, comme Roche, qui vient de racheter la société Flatiron Health pour près de deux milliards de francs.

Pourquoi ça pose question. L’essai contrôlé randomisé contre placebo est le «gold standard» de la médecine fondée sur les preuves: c’est la seule procédure permettant de démontrer l’efficacité d’un traitement avec un haut niveau d’assurance. Il est aussi long et très coûteux, et pose des problèmes éthiques. Lui substituer le big data est donc tentant – notamment pour l’industrie, qui assume les coûts et les aléas de la recherche clinique. Mais le risque est loin d’être négligeable. Certaines voix critiquent d’ores et déjà la recherche clinique pour sa propension à assouplir ses critères, et les exemples ne manquent pas de traitements homologués malgré une balance bénéfices-risques douteuse.

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À lire sur Wired (EN)

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Des chirurgiens placent des patients en état de quasi-décès pour leur sauver la vie

Pixabay / PublicDomainPictures

Des chirurgiens du centre médical de l’université du Maryland, à Baltimore, mettent à l’essai une technique impressionnante: placer des patients en état «d’animation suspendue» pour les opérer après un traumatisme majeur. Leur sang est remplacé par une solution saline à basse température (10-15 °C), le temps d’opérer en évitant la destruction des tissus. Un essai clinique vient de démarrer, comme le révèle le New Scientist, et un patient a déjà été opéré selon cette procédure.

Pourquoi c’est intéressant. Les patients concernés par cette technique ont subi un arrêt cardio-respiratoire et une hémorragie massive. Leurs chances de survie sont inférieures à cinq pour cent. En réfrigérant leurs organes, les chirurgiens se ménagent du temps –environ deux heures– pour tenter de réparer les lésions, tout en ralentissant la dégradation des organes consécutive à la réduction de l’afflux sanguin. La technique a été expérimentée avec succès sur le cochon.

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À lire dans le Guardian

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Une malade du cancer explique son refus de participer à des essais cliniques

Pixabay / qimono

Kaylene Sheran souffre du syndrome de Gorlin: sa peau se couvre de tumeurs cancéreuses. Environ dix fois par année, elle passe sous le bistouri du dermatologue. En 2018, un traitement anticancéreux a raison de ses problèmes, mais son assurance finit par refuser le remboursement.

Pourquoi c’est intéressant. Kaylene Sheran retient la leçon. Appelée cette année à participer à des essais cliniques pour une thérapie prometteuse, elle refuse en l’absence de garanties sur le prix de commercialisation.

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À lire dans Stat

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Les archives de Münsterlingen révèlent l'ampleur d'un essai clinique sauvage survenu en 1954

Vue du bâtiment de la clinique psychiatrique, de Münsterlingen, où les tests de dépistage de drogues effectués sur les patients par le psychiatre Roland Kuhn dans les années 1950 auraient été plus poussés que prévu. | Keystone / Gian Ehrenzeller)

A Münsterlingen, dans le canton de Thurgovie, le psychiatre Roland Kuhn a mené des essais cliniques sauvages durant quatre décennies. Le directeur a testé au moins 67 substances sur quelque 3’000 patients n’ayant pas donné leur consentement. Nous avons traduit en anglais l’article complet de la NZZ du 23 septembre, au vu de l’ampleur du scandale en Suisse alémanique et de l’excellent travail de recherche réalisé par le centre des archives de Münsterlingen.

Pourquoi on vous en parle. L’arrivée de la cargaison de préparation G 22150 en avril 1954 à la clinique psychiatrique de Münsterlingen a marqué le début d'une longue série d'essais cliniques dans l’institution. Le médecin-chef Roland Kuhn y a évalué les effets psychopharmacologiques de nouvelles substances non approuvées. Le psychiatre collaborait avec des entreprises pharmaceutiques bâloises. Il réagit d’abord avec prudence aux demandes d'essai: «Je ne veux pas faire un travail que je ne peux pas réaliser avec la rigueur nécessaire». Mais ses inhibitions disparaissent et il est rapidement gagné par une «véritable fièvre expérimentale», comme on peut le découvrir dans l'étude récente Forschungsbuch zu Medikamententests in Münsterlingen.

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Lire l'article original en allemand de la NZZ

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Drug trials in Münsterlingen: how senior physician "Daddy Long Leg" used his patients as guinea pigs

Vue du bâtiment de la clinique psychiatrique, de Münsterlingen, où les tests de dépistage de drogues effectués sur les patients par le psychiatre Roland Kuhn dans les années 1950 auraient été plus poussés que prévu. | Keystone / Gian Ehrenzeller)

Basel-based pharmaceutical companies have been testing unapproved medicines on thousands of people in Switzerland for three decades. The clinic in Münsterlingen, Thurgau, was “more than helpful!” Senior physician Roland Kuhn was madly excited about the trials.

Why it matters. April 1954 – a shipment of the preparation G 22150 arrives at the Psychiatric Clinic Münsterlingen. It marks the beginning of a long series of trials in the clinic at the idyllic location of Lake Constance. Senior physician Roland Kuhn tests new, unapproved substances for their psychopharmacological effects. Kuhn collaborates with Basel-based pharmaceutical companies. He reacted cautiously to Geigy's test requests at the beginning: “I don't want to take on a job that I can't perform with the necessary thoroughness.” But all inhibitions vanished in no time. Kuhn was overcome by a “real experimental fever”, as can be read in the study “Münsterlingen test case” presented on Monday.

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Pourquoi la translation des découvertes biologiques en nouvelles thérapies est-elle aussi lente?

Martin Schwab.

Martin Schwab est professeur en neurosciences à l’Université de Zurich et professeur émérite à l’EPF de Zurich. Il fut aussi vice-président de l’ASSM (recherche/relève).

Dans les sciences de la vie, les communiqués de presse publiés par nos universités concluent fréquemment par: «Ces nouvelles connaissances ouvriront la voie à de nouvelles thérapies prometteuses contre le cancer du sein, la sclérose en plaques, la maladie d’Alzheimer, etc.»; la phrase peut être complétée à loisir. En Suisse, nous occupons bel bien des positions de leader dans d'importants domaines de recherche et cela se reflète dans les classements de nos universités, facultés et instituts.

Or, si l’on considère tout cela d’un autre point de vue, celui de la médecine clinique, on obtient une image bien différente: le transfert des découvertes biologiques en nouvelles thérapies est lent. Mais nos universités disposent-elles seulement des structures nécessaires?

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Deux nouveaux traitements efficaces contre le virus Ebola

Des soignants s'occupent d'un garçon âgé de six semaines dans un centre de traitement Ebola à Beni, au Congo. | Jérôme Deley / Keystone

Jusqu’ici, aucun traitement n’était efficace contre Ebola. Mais lundi 12 août, les autorités sanitaires américaines ont annoncé que deux médicaments, dont ils ont cofinancé les essais cliniques, augmentaient significativement le taux de survie des patients atteints du virus, rapporte Wired.

Pourquoi on vous en parle. L’épidémie actuelle de fièvre hémorragique Ebola a déjà tué plus de 1794 personnes depuis son déclenchement, en août 2018. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux de mortalité chez les individus non soignés atteint les 75%. Avec les deux médicaments sélectionnés, le REGN-EB3 et le mAb114, ce taux chute à 29 et 34% respectivement. Il s’agit d’anticorps prélevés sur des survivants d’Ebola, c’est-à-dire des grandes protéines qui reconnaissent la bactérie ou le virus envahisseur et recrutent les cellules du système immunitaire pour attaquer ces pathogènes.

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Lire l'article sur Wired (EN)

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Sophia Genetics met son intelligence artificielle au service de la recherche clinique

Creative Commons

La start-up Sophia Genetics va mettre ses technologies d’analyse génétique au service de l’essai clinique d’un anticancéreux développé par ADC Therapeutics. Les deux entreprises lausannoises espèrent ainsi découvrir des biomarqueurs associés à l’efficacité d’un premier médicament contre les cancers du système lymphatique afin de sélectionner les patients chez qui il est vraiment efficace.

Pourquoi c’est important. Depuis l’arrivée des thérapies ciblées, capables de détruire des cellules cancéreuses présentant une mutation particulière, on cherche les marqueurs génétiques de ces tumeurs chez chaque patient pour savoir s’ils sont éligibles à l’une de ces thérapies. Mais encore faut-il trouver les médicaments adaptés et obtenir les autorisations adéquates… C’est bien cette phase que Sophia Genetics et ADCT entendent accélérer, grâce à l’intelligence artificielle.

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Les universités de l'UE manquent de transparence sur leurs essais cliniques

Expérience sur le métabolisme au repos | KEYSTONE/Jean-Christophe Bott

Depuis 2014, les universités de l’UE doivent publier les résultats de leurs essais cliniques dans un registre. Mais cette règle n’est respectée que dans 17% des cas, raconte le journaliste Nic Fleming, dans la revue Nature.

Pourquoi c’est problématique. Les essais cliniques sont des expériences réalisées avec des volontaires, pour, par exemple, vérifier l’efficacité de médicaments et leurs effets indésirables. Le manque de transparence de ces essais va à l’encontre de l’intérêt des patients, estiment plusieurs ONG, qui viennent de publier une étude (EN). L’opacité freine les efforts des médecins et des autorités pour fournir les meilleurs traitements et gaspille l’argent public.

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Lire l'article dans Nature (EN)