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Nouveau coronavirus: «Je crains par-dessus tout que se reproduise ce qui s’est passé en 2003 à Toronto»

Le Pr Laurent Kaiser en conférence de presse aux HUG à l'occasion de l'épidémie d'Ebola de 2014. | Keystone / Anthony Anex

Le Pr Laurent Kaiser est chef du service des maladies infectieuses des HUG et responsable du Centre des maladies virales émergentes de Genève, qui fait référence en Suisse. Ce spécialiste en infectiologie a déjà été confronté à plusieurs épidémies considérées par l’OMS comme des urgences mondiales de santé publique, comme Ebola ou Zika. Il a accepté de répondre aux questions de Heidi.news, alors que la crainte d'une pandémie de nouveau coronavirus se fait de jour en jour plus prégnante.

Heidi.news – L’OMS est en train d’évaluer la possibilité de déclarer l’épidémie de nouveau coronavirus «urgence de santé publique de portée internationale» (USPPI), mais prend son temps. Comment procède-t-elle? N’y a-t-il pas une simple liste de critères à vérifier?

Laurent Kaiser: Je souhaite d’emblée préciser que je ne suis pas un expert des questions larges de santé publique internationale. Il faut d’abord comprendre que déclarer une USPPI peut avoir des effets directs importants [notamment économiques] et que c’est donc une décision importante. C’est un jeu subtil. Le fait d’être entré dans cette logique, et d’annoncer la tenue de cette séance de l’OMS, a déjà certaines conséquences. En Chine, la ville de Wuhan a interrompu ses transports publics. Et il y a tout ce que l’on ne voit pas: j’ai un neveu actuellement à l’université en Chine, dont la rentrée a été suspendue d’au moins deux semaines. D’autres pays, comme les États-Unis, ont décidé de contrôler la santé des voyageurs arrivant de Wuhan. Ces mesures sont cohérentes: si on ne le faisait pas, cela pourrait être reproché.

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Nouveau coronavirus: pourquoi l’OMS temporise pour statuer sur l'épidémie en cours

L'OMS a tenu une conférence de presse mercredi 22 janvier. | KEYSTONE / Salvatore Di Nolfi

Un comité spécial de l’OMS était réuni mercredi 22 janvier pour déterminer si l’épidémie à nouveau coronavirus de Wuhan devait être classée comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), le plus haut niveau de classification en santé publique globale. Après plusieurs heures de délibérations, le comité n’a pas été en mesure de donner un avis. Une nouvelle réunion se tiendra ce jeudi 23 janvier.

Pourquoi c’est important. Le dernier bilan de l’épidémie à nouveau coronavirus (nCoV) fait état de près de 500 personnes contaminées, y compris dans d’autres pays d’Asie (Thaïlande, Japon, Corée du Nord), aux États-Unis (1 cas) et peut-être en Australie (1 cas, à confirmer). On recense à ce jour 17 victimes, toutes chinoises. A l’approche du Nouvel An asiatique, le risque de pandémie pourrait être sérieux. Mais les données présentées à l’OMS par les autorités chinoises laissent encore beaucoup d’éléments dans l’ombre, et quelques soupçons pèsent sur la bonne volonté de Pékin.

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Nouveau coronavirus en Chine: vrai risque pandémique ou émoi exagéré?

Personnel en combinaison de protection contre les risques biologiques avec un brancard métallique près du service des patients hospitalisés du centre de traitement médical de Wuhan, où certains patients infectés par un nouveau coronavirus sont traités, à Wuhan, en Chine, le mardi 21 janvier 2020. | Keystone / AP / Dake Kang

Se dirige-t-on vers une épidémie sur l’ensemble du continent asiatique? Les annonces de l’OMS lundi 20 janvier 2020 concernant la flambée de pneumonies à nouveau coronavirus (nCoV) inquiètent les autorités: avec les nouveaux tests diagnostiques, 139 nouveaux cas ont été diagnostiqués en Chine en l’espace de deux jours. Alors que le spectre de l’épidémie de Sras de 2002 commence à resurgir, le président Xi Jinping est apparu à la télévision nationale chinoise pour appeler à «enrayer résolument l’épidémie». L’ONU annonce une réunion d’urgence à Genève mercredi.

Pourquoi c’est alarmant. Alors que la flambée était jusque-là limitée à la ville de Wuhan (11 millions d’habitants) et à quelques voyageurs isolés (2 cas en Thaïlande, 1 au Japon, 1 en Corée du sud), le nouveau bilan fait état de trois fois plus de patients, dont certains dans les métropoles très peuplées de Beijing (23 millions d’habitants) et Shenzhen (13 millions). Par ailleurs, les autorités chinoises ont confirmé l’existence d’une transmission d’humain à humain. Avec le Nouvel An chinois en vue, la perspective d’une épidémie se fait plus sérieuse.

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Épidémie en Chine: les nouvelles sont moins alarmantes qu’il n’y paraît

Conférence des autorités sanitaires de Wuhan, le 11 janvier dernier. | Keystone / Andy Wong

Le 31 décembre 2019, la Chine a informé le monde sur l’apparition de cas de pneumonies d’origine inconnue dans la cité de Wuhan (10 millions d’habitants), à l’intérieur des terres. Une quarantaine de patients ont été identifiés à ce jour, qui sont tous en lien avec le marché aux fruits de mer de la ville. On sait désormais que ces cas de maladie sont dus à un nouveau virus respiratoire, de la famille des Coronavirus.

Les dernières nouvelles. Jusque-là cantonnée à la Chine, l’épidémie a traversé la mer: un nouveau cas a été diagnostiqué en Thaïlande le 8 janvier dernier, vient d’annoncer l’OMS. Il s’agit d’une femme ayant voyagé à Wuhan, placée en quarantaine depuis son retour, mais son état n’inspire pas grande inquiétude. L’épidémie a également fait sa première victime: un Chinois de 61 ans, coutumier du marché de Wuhan. Déjà atteint de problèmes au foie et de tumeurs à l’estomac, il est décédé de défaillance cardiaque le 9 janvier au soir.

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On en sait plus sur l’origine de la mystérieuse épidémie chinoise

Pixabay / Gerd Altman

Le 31 décembre 2019, la Chine a informé sur l’apparition de cas de pneumonies d’origine inconnue dans la cité de Wuhan (10 millions d’habitants), à 700 km à l’ouest de Shanghai, à l’intérieur des terres. À ce jour, 59 patients ont été déclarés. Le centre de l’épidémie semble être le marché aux fruits de mer de Wuhan, fermé le 1er janvier 2020 pour faire l’objet d’investigations sanitaires. Les autorités chinoises viennent d’annoncer, mercredi 8 janvier et par la voix de l’agence de presse officielle Xinhua (citée par Reuters), qu’un nouveau virus avait été identifié.

Ce qu’on vient d’apprendre. Sur la base d’un prélèvement chez un patient, les chercheurs ont identifié la séquence génétique d’une nouvelle souche de coronavirus, une grande famille de virus responsables de maladies respiratoires, dont le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) identifié en 2002 ou le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers) dix ans plus tard. La séquence génétique a été retrouvée chez 15 patients, mais des vérifications sont encore nécessaires pour s’assurer que ce nouveau virus est bien responsable de l’épidémie.

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On a cru à tort que la fièvre typhoïde était de l'histoire ancienne

Image d'illustration | Shutterstock / Jarun Ontakrai

La médecine a cru la fièvre typhoïde éradiquée au mitan du XXe siècle, grâce au développement de l’hygiène et de la vaccination. Mais la maladie est restée endémique en Asie du Sud-est et en Afrique subsaharienne. Elle commence à ressurgir épisodiquement dans les pays riches. Pour deux historiens d’Oxford, qui s’en ouvrent sur le site The Conversation, ce retour de bâton aurait pu être évité si les pays occidentaux avaient pris la mesure du problème, au lieu d’arrêter les campagnes de prévention à leurs frontières.

Pourquoi on vous en parle. On observe depuis les années 80 l’apparition de fièvres typhoïdes multirésistantes, en particulier en Asie et en Afrique. La famille de bactéries responsable (Salmonella typhi H58) continue de s’adapter à la pharmacopée en usage en développant de nouvelles résistances sans perdre les anciennes, ce qui la rend de plus en plus difficile à traiter. D’où la nécessité impérieuse d’un renforcement des mesures préventives dans les pays concernés.

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À lire sur The Conversation

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Les épidémies mortelles pourraient s'accroître avec les changements environnementaux

Cimetière pour les victimes d'Ebola en République démocratique du Congo, ce 29 août 2019. | Hugh Kinsella Cunningham / Keystone

En 2016, l’épidémie d’Ebola a tué environ 11’000 personnes. Or, selon le modèle prédictif d’une étude publiée mardi 15 octobre dans Nature, et relayée par New Scientist, le changement climatique accroîtrait la diffusion du virus Ebola.

Pourquoi on vous en parle. Le réchauffement climatique n’est pas le seul facteur environnemental à augmenter le risque d’épidémies. Selon une étude de l’Université de Stanford, la déforestation de l'Amazonie semble faciliter la propagation de la malaria. Ces deux études illustrent comment la destruction de l'environnement pourrait entraîner la propagation de maladies humaines mortelles par le biais d'animaux et d'autres organismes.

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Lire l'article sur New Scientist

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Ebola gagne l'Ouganda

Un garçon de cinq ans, premier cas d’Ebola en Ouganda, est décédé ce matin. Deux cas supplémentaires ont été confirmés dans le pays. L’épidémie d’Ebola sévit depuis dix mois en République démocratique du Congo voisine. Plus de 2000 personnes ont déjà été infectées, et plus de 1350 sont décédées, avait indiqué l’Organisation mondiale de la santé la semaine dernière.