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Des chercheurs de l'EPFZ inventent un outil capable d'éditer plusieurs gènes à la fois avec CRISPR

Tom Woodward/Creative Commons

Il n’existe pas un, mais plusieurs systèmes de «ciseaux génétiques» basés sur CRISPR, permettant d’altérer le génome d’un organisme vivant. Grâce à une approche originale, des chercheurs de l’EPFZ ont développé une nouvelle méthode permettant d’éditer non pas un gène, mais plusieurs gènes à la fois.

Pourquoi on en parle. Depuis 2015, ces technologies géniques inspirées par le génome de certains microbes ont permis des avancées considérables dans le domaine de la génétique. Et ont provoqué quelques questionnements éthiques, en témoigne le tollé provoqué par la naissance en 2018 de deux bébés chinois dont les cellules germinales, transmises à la descendance, ont été génétiquement modifiés.

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Aux Etats-Unis, une première patiente a bénéficié d'une thérapie génique CRISPR

Image d'illustration | Creative Commons

Fin juillet 2019, les Etats-Unis ont traité à l’aide des ciseaux d’édition génétique CRISPR leur tout premier patient atteint d’une maladie rare, raconte le site Popular Science. Il s’agit d’une patiente de 41 ans, atteinte de drépanocytose. Le seul traitement curatif connu est la greffe de moelle osseuse, mais cela ne fonctionne que chez 10% des patients.

Pourquoi c’est important. Il s’agit d’une première outre-Atlantique, et du second patient traité à l’aide de cette technique d’édition génétique à l’échelle de la planète. En février, un Allemand avait ainsi pu en bénéficier pour soigner une autre maladie du sang, la bêta-thalassémie. Mais l’article rappelle aussi que pour limiter les risques, cette technique ne porte ici que sur des lignées cellulaires somatiques, à l’exclusion absolue des cellules dites germinales (produisant les gamètes), dont le patrimoine est transmis à la descendance. Tout l’inverse de ce qu’a fait le scientifique chinois He Jiankui lorsqu’il a édité le génome des fameux “bébés CRISPR”…

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Lire l'article publié sur Popular Science (EN)

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Faut-il laisser un scientifique russe concevoir de nouveaux bébés CRISPR?

Image d'illustration: cellules embryonnaires quelques heures après la fécondation | Creative Commons

Le monde verra peut-être naître de nouveaux bébés génétiquement modifiés grâce à la technique d’édition génétique CRISPR, raconte Nature. Le biologiste russe Denis Rebrikov souhaite réitérer d’ici fin 2019 la même opération que le généticien chinois He Jiankui, à savoir une désactivation du gène CCR5, afin de rendre les enfants insensibles au VIH.

Pourquoi c’est controversé. Cette protection contre le VIH s’acquiert à un prix élevé: une récente publication scientifique a montré que les jumelles issues des travaux de He Jiankui souffrent d’un risque accru de développer d’autres troubles à partir de 40 ans. D’autant plus que Denis Rebrikov souhaite implanter les embryons chez des femmes ayant elles-mêmes contracté le VIH, afin d’éliminer le risque de transmission in utero.

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Les bébés CRISPR chinois seront exposés à un risque de mortalité plus important

Brin d'ADN: vue d'artiste | Creative Commons

Fin 2018, la nouvelle avait fait grand bruit: un chercheur chinois avait annoncé la naissance de deux enfants génétiquement modifiés. Mais la mutation obtenue, supposée protéger les bébés (des jumelles) de l’infection du VIH, aurait d'autres effets secondaires, notamment un risque de mortalité accru après 40 ans.

Pourquoi cela alimente la polémique. Ne parvenant pas à reproduire une mutation naturelle connue pour protéger du VIH, le généticien He Jiankui avait finalement opté pour une délétion pure et simple du gène, en utilisant la technique d’édition génétique CRISPR. Or, lorsque le gène est supprimé sur les deux allèles de l’individu, son risque de mourir précocement à partir de 40 ans s’accroît significativement, montrent ces nouveaux travaux.

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La Chine s’apprête à réglementer l’édition génétique humaine

He Jiankui, le chercheur chinois à l'origine des deux premiers bébés modifiés génétiquement. | Kin Cheung / KEYSTONE

En Chine, les gènes et les embryons humains seront protégés dans une nouvelle version du Code civil actuellement en préparation, selon Nature News (EN). Les expériences au moyen d’outils d’édition génétique qui présentent un risque pour la santé ou ne respectent pas les normes éthiques seront à l’avenir perçues comme une violation des droits fondamentaux.

Pourquoi c’est important. En novembre 2018, un chercheur de l’Université de Shenzhen a annoncé la naissance de jumelles dont il aurait modifié le génome grâce à la technologie CRISPR-Cas9, suscitant un vif émoi à travers le monde.

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Un seul gène de l'escargot modifié, et sa carapace tourne dans l'autre sens

Deux escargots, l'un dont la coquille tourne vers la droite, le sens normal (en haut), et l'autre qui tourne à gauche (en bas) | Kuroda Lab

Une équipe japonaise a démontré qu’il suffit de modifier un seul gène de l’escargot aquatique Lymnaea stagnalis (EN) pour que sa carapace se forme dans l’autre sens.

Ce qu’il faut retenir. La carapace de l’escargot L. Stagnalis tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, vers la droite. Mais on observe parfois le sens inverse dans la nature. Un gène avait été identifié, dont la mutation provoque ce changement, sans qu’on soit sûr qu’il soit le seul. Grâce à la méthode d’édition de gène CRISPR/Cas9, les chercheurs de Tokyo en apportent la preuve définitive.

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Imposer un moratoire sur CRISPR est une illusion

En une démarche typique de notre époque – de sa manière de se mentir à elle-même à propos de ses propres faiblesses – des voix s’élèvent pour stopper toute avancée technologique jugée non éthique et irréversible.On s’inquiète que le progrès technologique tende à surpasser celui du savoir. Qu’il soit si facile de faire et si difficile de comprendre ce qu’on fait.

Alors, on lance des moratoires. C’est devenu une mode.