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D’où vient le virus ? Comment se propage-t-il ? Comment s’en protéger ? Nous avons tenté de répondre aux principales interrogations sur l’épidémie en cours.


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La probabilité d'être infecté par le coronavirus pourrait dépendre du groupe sanguin

GAETAN BALLY/KEYSTONE

Face au coronavirus, tous les groupes sanguins ne seraient pas égaux, selon une étude chinoise. Cette dernière n’a toutefois pas encore été publiée dans une revue scientifique, ni validée par d’autres chercheurs. En étudiant 2100 personnes infectées par le virus, dont 10% sont décédées, ces chercheurs montrent que les personnes de groupe sanguin O avaient 33% moins de risque d’être touchées, contre 20% de sur-risque pour celles de groupe A. France Inter explique pourquoi cette piste est sérieuse.

Pourquoi il faut rester prudent. Cela ne signifie pas que la détention d’un groupe sanguin O confère un «totem d’immunité», pour reprendre les mots du Dr Jean-Jacques Fraslin sur Twitter. C’est en réalité plus compliqué: la raison tiendrait aux anticorps anti-A et anti-B naturellement produits par les personnes de groupe O. Ceux-ci ne protègeraient pas du virus en lui-même… mais des marqueurs A ou B produits, avec la charge virale, par les personnes contaminées de groupe A, B ou AB! Des chercheurs français de l’Inserm ont mis au jour cette mécanique in vitro il y a quelques années, que résume le schéma ci-dessous. Autrement dit, si cette hypothèse est confirmée, les personnes de groupe O resteraient vulnérables à la charge virale des personnes de même groupe sanguin, ces derniers représentant tout de même 45% de la population mondiale.

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Pandémie de coronavirus et saisonnalité: à quoi s'attendre?

Prière en Asie du Sud-Est, où les températures sont plus élevées qu'en Chine | Keystone-ATS EPA/Narong Sangnak

L’été venu, peut-on espérer voir la pandémie de coronavirus refluer? Car les virus à membrane, comme le coronavirus mais aussi ceux de la grippe, sont sensibles à des degrés divers à la température, à la lumière (UV), à l’humidité et à l’acidité de leur environnement, ce qui est l’une des raisons de la saisonnalité de la grippe. Trois nouvelles études tentent d’établir la sensibilité du SARS-Cov-2 aux conditions climatiques. Sans apporter de réponse tranchée, elles permettent d’y voir plus clair.

Pourquoi la question se pose-t-elle. La pandémie Covid-19 s’est déployée pour l’heure essentiellement dans la zone tempérée, qui va du 30ème degré au 60ème degré de latitude nord (approximativement entre Marrakech et Édimbourg). Les pays d’Asie du sud-est comme la Thaïlande (934 cas confirmés) ou l’Indonésie (790) sont restés relativement épargnés jusqu’à présent. Faute de tests? Peut-être. Mais il y avait six millions de touristes chinois en Thaïlande, et trois millions à Bali, pour le Nouvel An chinois début février. Un mois et demi plus tard, ces pays devraient être dans la situation de l’Italie, avec un nombre de morts impossibles à cacher, ce qui ne semble pas être le cas. Cela pose l’hypothèse du rôle du climat.

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La violence domestique, enjeu à haut risque du confinement

Image d'illustration. | KEYSTONE/DPA/Monika Skolimowska

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement tant ce sujet est important dans cette période troublante.

Les mesures mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus bouleversent les familles, désormais enfermées à la maison, sans les soupapes que sont le travail, la crèche et l’école, avec des interactions sociales réduites au minimum. Pour celles qui sont déjà fragiles, le défi est immense. La police, les autorités et professionnels des réseaux d’aide sociale anticipent une hausse des violences domestiques.

Pourquoi on en parle. Le sujet inquiète les autorités de manière palpable, même si elles indiquent pour l’heure ne pas constater d’augmentation des cas. La Confédération a mis en place une task force, coordonnée par le Bureau fédéral de l’égalité entre hommes et femmes, pour suivre l’évolution de la situation, s’assurer que les ressources suffisantes soient disponibles et évaluer la nécessité d’action supplémentaire. Certains cantons ont déjà pris des mesures, comme l’organisation de solutions d’hébergement additionnelles en cas de demande accrue.

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Le Swiss Vaccine Research Institute risque de perdre son financement de la Confédération

Le Palais fédéral à Berne, le 12 février 2020. | Keystone / Anthony Anex

Le Département de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) souhaite couper les subventions destinées au Swiss Vaccine Research Institute (SVRI) pour la période 2021-2024, relaie le journal 24 Heures. Pour l’heure, la structure basée à Lausanne, qui regroupe notamment des chercheurs de l’EPFL, du CHUV, de l’UNIL et de l’Université de Zurich, reçoit 1,2 million de francs par année de la Confédération. Cette décision, particulièrement retentissante dans le contexte de pandémie actuel, est discutée depuis 2016 et nécessite encore l’approbation du parlement, qui doit se prononcer sur la nouvelle enveloppe de subventions fédérales allouées à la recherche pour l’année à venir.

Pourquoi c’est surprenant. L’annonce du retrait du soutien de la Confédération a provoqué la colère de l’institution, qui participe activement aux recherches sur le nouveau coronavirus. La structure, entre autres réputée pour son travail sur le VIH et la grippe, vient d’ailleurs d’être invitée à un programme mondial de recherche sur le sujet. Les travaux du SVRI concernent notamment la réponse immunitaire contre le Covid-19, et pourraient aider les cantons à instaurer des programmes de santé publique ciblant la population.

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A lire sur 24 Heures

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Coronavirus: une nuit de garde racontée par un infirmier des HUG

Entrée des HUG, le 24 mars 2020. | Keystone / Salvatore Di Nolfi

C’est une étrange valse nocturne qu’entame Karim* plusieurs fois par semaine. Une routine fatigante: entre 22h et 7h du matin, il veille sur une dizaine de patients d’une unité Covid-19 aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La nuit, à l’aide d’un ou deux collègues, d’antibiotiques et de désinfectant, l’infirmier affronte, un ennemi invisible: le coronavirus. Témoignage.

Pourquoi c’est important. Bien que reconnaissant d’exercer son métier et de se rendre utile, l’infirmier est inquiet vu les détériorations de ses conditions de travail: le 20 mars, le Conseil fédéral a suspendu les dispositions légales relatives au temps de travail et de repos du personnel soignant pour toute la durée de cette situation extraordinaire, afin de pallier un éventuel manque de personnel. La mesure a porté un coup au moral de l’infirmier et de ses collègues. Karim craint que «les soignants paient le prix de l’inconscience des gens et des demi-mesures du Conseil fédéral».

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La recherche sur le coronavirus prend du temps, et les déclarations hâtives sont dangereuses

Yuri Samoilov/Flickr/Creative Commons

Voudrait-on mettre la charrue avant les bœufs, en ce qui concerne les traitements pharmaceutiques contre le Covid-19? Dans un édito, Holden Thorp, rédacteur en chef de la revue scientifique Science rappelle que la recherche scientifique prend du temps, et qu’il faut se méfier des promesses thérapeutiques qui reposent sur des bases encore peu solides. «Donner trop d’importance politique à ces approches est extrêmement dangereux, car cela risque de créer de fausses attentes pour le public, et d’épuiser les stocks de médicaments, qui seront alors indisponibles pour leur indication thérapeutique première.»

Pourquoi on en parle. A mots couverts et sans référence explicite, on comprend que Holden Thorp fait écho aux déclarations d’enthousiasme imprudentes de Donald Trump sur les essais menés en France par le biologiste Didier Raoult avec de l’hydroxycholoroquine, pourtant très préliminaires. Les affirmations du président américain ont déjà conduit à la mort d’un homme, ayant ingéré du phosphate de chloroquine utilisée pour nettoyer les aquariums. Le problème, rappelle Holden Thorp, c’est qu’on demande aujourd’hui aux chercheurs de mener de front, concernant le nouveau coronavirus, la recherche fondamentale en même temps que la recherche appliquée. «C’est encore pire que d’essayer de réparer un avion en plein vol. Cela revient à réparer un avion en plein vol, alors que les plans de l’avion n’ont même pas encore été dessinés.»

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A lire sur Science

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Pourquoi la Suisse ne désinfecte-t-elle pas les rues pour lutter contre le coronavirus?

Un agent de santé de la municipalité de Jammu en Inde pulvérise du désinfectant dans une rue de marché déserte après la fermeture de tous les magasins, à l'exception des pharmacies et des épiceries, le 20 mars 2020. | Keystone / Jaipal Singh

Votre question complète. Les images de silhouettes en combinaison de protection, pulvérisateur au poing, arpentant les rues des métropoles chinoises, coréennes ou encore iraniennes ont fait le tour du monde. En Suisse, les rues ne sont pas désinfectées et cela génère la question suivant d’une lectrice:

«Je viens de recevoir un message avec une vidéo qui montre que les rues et tous les lieux sont désinfectés en Corée du Sud. Ne pouvons-nous pas faire la même chose? Ne pouvons-nous pas interpeller nos autorités?»

La réponse de Lorène Mesot, journaliste au Flux santé. La compréhension des mesures visant à interrompre la transmission du virus nécessite de prime abord d’assimiler la façon dont le coronavirus se propage, que se soit par contact direct, via les surfaces inertes ou par la transmission aérienne.

Phillippe Eggimann, infectiologue et président de la Société médicale de la Suisse Romande:

«Le SARS-CoV-2 se transmet par gouttelettes infectées (toux, parole, éternuement, respiration forte) qui retombent au sol et/ou sur les surfaces dans un rayon de 1 à 2 mètres. Il est peu probable d’inhaler ces gouttelettes lorsque l’on respecte la distance sociale proposée actuellement.»

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Coronavirus: une petite station autrichienne sème le chaos

Paisible tout au long de l’été, la station tyrolienne d’Ischgl se transforme en Mecque de l’après-ski durant l’hiver. Photo: Basotxerri/CC/Wikimedia

Ce texte fait partie d'une série produite par les étudiants en Master de l’Académie du journalisme et des médias de l’université de Neuchâtel (AJM). Dans le cadre du séminaire de Journalisme international de Pierre Hazan, bouleversé par l'actualité et réalisé en vidéoconférence, ils ont planché, chacun confiné chez soi, sur le coronavirus et comment il affecte la vie dans différents endroits de la planète.

Les rues sont désertes. Les bars fermés. Les cabines arrêtées. Comme de nombreux lieux à travers l’Europe, la station d’Ischgl, dans le Tyrol autrichien est au point mort. Ici peut-être plus qu’ailleurs, le contraste est frappant avec ce qu’il se passait il y a une dizaine de jours encore. Au point culminant de la saison hivernale, les rues de la petite station –1600 habitants à l’année– se transforment en discothèque géante. Une sorte d’Ibiza des montagnes, accueillant des touristes de toute l’Europe.

Seulement voilà, depuis la semaine passée, la fête a pris fin. Et si la station a encore gagné en notoriété ces derniers jours, ce n’est pas pour les raisons qu’elle aurait souhaitées. Car avant d’en arriver au calme plat dû à la quarantaine, les évènements se sont multipliés à Ischgl. Retour sur trois semaines qui ont fait de la station un des plus grands centres de contamination du Coronavirus en Europe.

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Qu’est-ce qui importe le plus: la Syrie ou le papier de toilette?

Ben Parker de The New Humanitarian s'est penché sur la couverture médiatique du COVID-19. Et constaté que le nouveau coronavirus détourne l'attention des médias de la guerre en Syrie, qui entre dans sa dixième année.

Pourquoi c’est étonnant. À son pic, le terme «papier de toilette» a été trois fois plus mentionné dans les articles internationaux que le terme «Syrie». Une tendance qui est également visible en Suisse romande, où l’on a cherché sur Google «papier toilette» plus souvent que «Syrie» chaque jour depuis le 14 mars dernier.

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The New Humanitarian avec des données du GDELT Project

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Un test Covid-19 en 10 minutes et pour moins d'un dollar en Afrique

Bloomberg

Un bio-ingénieur moléculaire nigérian travaille en coopération avec un laboratoire sénégalais et une entreprise britannique pour mettre au point un test de détection des coronavirus en 10 minutes, et pour moins d'un dollar.

Pourquoi c’est important. Ce serait une avancée majeure pour aider certains des systèmes de santé les plus fragiles du monde à faire face à la pandémie. L’Afrique représente 1 % des dépenses mondiales de santé mais supporte 23 % de la charge de morbidité, dont des centaines de milliers de décès chaque année dus au paludisme, au VIH/sida et à la tuberculose.

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Bloomberg

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L’impact du Covid-19 dans les zones de crises

En Espagne, le 21 mars dernier | Angel Medina G., Keystone

La propagation du nouveau coronavirus s'est déjà révélée catastrophique pour les systèmes de santé des pays développés. Imaginez l’impact qu'il aura dans les pays en guerre, dans les endroits où les systèmes de santé sont faibles ou dans les zones encombrées comme les camps de réfugiés.

Pourquoi c’est important. The New Humanitarian a déjà constaté que sa propagation a remis en question l'avenir de dizaines de milliers de migrants et de demandeurs d'asile en Italie (disponible en français sur Heidi.news). Voici ce que l'équipe de The New Humanitarian surveille (pour en savoir plus, regardez le webinar que nous avons organisé la semaine dernière sur la façon dont COVID-19 va frapper les zones de crise).

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The New Humanitarian

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Comment le coronavirus frappe de plein fouet migrants et demandeurs d'asile en Italie

Les médecins à bord du Sea Watch-3 prennent la température des passagers avant qu'ils ne débarquent et soient placés en quarantaine à Messine. Ici le 27 février 2020. (Valerio Muscella/TNH)

Depuis que la plus grande et la plus meurtrière des épidémies de coronavirus en Europe a poussé le pays à prendre des mesures de confinement strictes, l'avenir de dizaines de milliers de migrants et de demandeurs d'asile en Italie - tout comme celui de millions d'Italiens - est devenu plus incertain. Cet article est issu d'un partenariat avec The New Humanitarian. Lire la version originale en anglais ici

Depuis le 21 février dernier, date où les premiers cas ont été reconnus officiellement, près de 69’927 personnes en Italie ont été testées positives au COVID-19 (en date du 24 mars) et plus de 6’000 décès ont été enregistrés. Tout le pays vit sous une stricte quarantaine. Des mesures qui limitent notamment les opérations d’aide aux migrants et aux demandeurs d'asile, eux-mêmes menacés par le virus.

Par exemple, tous ceux qui se trouvaient à bord de deux navires de sauvetage ayant recueillis des centaines de migrants en Méditerranée ont été soumis à une quarantaine obligatoire de deux semaines, après avoir accosté dans les ports italiens. Et dans toute l'Italie, les services d'intégration des migrants et des demandeurs d'asile ont également été temporairement suspendus ou fortement réduits.