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Les tours de passe-passe de l'industrie aérienne pour minimiser ses émissions carbone

Objetctifs d'atténuation des émissions de CO2 de l'aviation. Voir plus bas pour les explications. | OACI

Dans un communiqué envoyé le 12 décembre, l’Association internationale du transport aérien (IATA, pour International Air Transport Association) s’enorgueillit d’avoir vu chuter depuis 1990 de 50% les émissions de CO2 de ses vols… par passager. L’aérien de plus en plus vertueux pour le climat, vraiment? Ou faut-il n’y voir qu’un tour de passe-passe mathématique?

Pourquoi c’est important. L’association aérienne évoque, outre la baisse des émissions par passager, une amélioration de 2,3% dans le rendement des moteurs. Dans son communiqué, elle se réjouit aussi de la mise en place, à partir de 2020 du schéma de compensation carbone CORSIA. Pourtant, ces chiffres avantageux ne disent pas l’essentiel: les émissions globales du transport aérien n’ont jamais été aussi hautes… et surtout, sont amenées à s’accroître encore, poussées par la demande mondiale, en particulier en Asie.

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Cultiver de l'huile de palme neutre en carbone, c'est possible... en théorie

Palmeraies en Colombie | J. Quezada et al.

L’huile de palme, ce lipide solide à température ambiante très prisé des agro-industriels, est aujourd’hui l’un des responsables bien identifié de la déforestation des zones tropicales, en particulier en Asie. Pourtant, ce n’est pas la culture du palmier à huile qui pose en soi problème, mais la provenance des terres exploitées. Une étude menée par des chercheurs de l’EPFL et du WSL, publiée dans Science Advances, montre ainsi que la transformation d’anciens pâturages en palmeraies, elle, peut être neutre en carbone, à certaines conditions.

Pourquoi c’est intéressant. Les plantations d’huile de palme sont devenues le symbole d’une forme d’agriculture intensive délétère à la fois pour le climat et pour la biodiversité. Mais l’impact climatique de ces cultures dépend grandement de l’origine des sols: s’il s’agit de forêts, l’impact est maximal: 174 tonnes de CO2 par hectare, selon une étude menée par le même laboratoire de l’EPFL en 2018. La conversion à l’agriculture entraîne aussi des émissions de carbone supplémentaire s’il s’agit de tourbières. Ces travaux montrent ainsi qu’il peut exister des modes de production soutenables de l’huile de palme.

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La compensation carbone volontaire pour l'aérien est-elle vraiment efficace?

Cet article fait partie de notre dossier «Que changer pour le climat?».

Aero Icarus/Flickr/Creative Commons

Votre question complète. Notre lecteur Samuel Vannay nous interroge: «Cet été, j’ai voulu compenser les émissions CO2 d’un séjour en famille en Nouvelle-Zélande, et ai été surpris de la diversité des approches proposées et des certifications possibles. Existe-t-il aujourd’hui une façon efficace de neutraliser le carbone émis par les voyages en avion? Autrement dit, ces initiatives de compensation volontaire permettent-elles vraiment de limiter les émissions de CO2, ou se contentent-elles de retirer des sous de nos comptes?»

La réponse d’Anja Kollmuss, experte en sciences climatiques pour swisscleantech, association professionnelle qui représente 350 acteurs économiques du développement durable. En matière de compensation carbone, il existe deux types de mécanismes qu’il faut distinguer:

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Nos usages numériques liés à internet émettent-ils plus de CO2 que le transport aérien?

Cet article fait partie de notre dossier «Que changer pour le climat?» et de l’opération «Covering Climate Now», une collaboration mondiale de plus de 250 médias d’information pour renforcer la couverture médiatique du réchauffement climatique.

Le «cloud», à la fois paysage de hublot et métaphore décrivant nos usages informatiques dématérialisés. | eward stojakovic/Creative Commons

Votre question complète. Notre abonné Jean-Christophe Zufferey nous pose la question suivante: «Cet été a été beaucoup évoqué l’impact du numérique, selon laquelle le secteur du numérique est reponsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. C’est énorme comparé à l’aviation civile, qui, nous dit-on, ne représenterait que 2% des émissions globales de CO2, ce qui me laisse dubitatif. Est-ce vrai qu'internet émet plus de carbone que le transport aérien?»

La réponse de Sarah Sermondadaz, journaliste scientifique. Votre question interroge sur ce que représentent vraiment ces chiffres, qui ont été obtenus par des méthodes de calcul très différentes. Ils sont justes, car correctement sourcés! Mais il comportent des incertitudes qui compliquent leur comparaison directe, d’autant plus que tenir compte uniquement des émissions de CO2 de l’aviation conduit à sous-estimer son effet sur le climat. Explications.

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Pourquoi les inventaires nationaux ne suffisent pas à recenser toutes les émissions carbone

Si tout le monde sur Terre vivait comme les Suisses, il faudrait trois planètes (Image d'illustration) | Ricardo/Flickr/Creative Commons

Cet article fait partie de notre dossier «Que changer pour le climat?» et de l’opération «Covering Climate Now», une collaboration mondiale de plus de 250 médias d’information pour renforcer la couverture médiatique du réchauffement climatique.

Les pays qui ont signé le protocole de Kyoto doivent tenir un décompte national des gaz à effet de serre (GES) émis. En Suisse, ces inventaires montrent une nette tendance à la baisse depuis 1990, ce que relatait un précédent article de notre dossier. Mais si l’on tient compte des GES émis à l’étranger pour produire des biens et des services destinés à la Suisse, la facture s’alourdit considérablement: pour 2015, cela fait grimper les émissions de plus de 60%!

Pourquoi c’est compliqué. Très utiles pour mesurer les efforts réalisés en matière de lutte contre le changement climatique, et pour mettre au diapason les politiques des différents Etats, les inventaires nationaux ont pourtant des limites méthodologiques. D’autant plus qu’en mesurant les émissions de GES, on n’évalue que notre impact climatique, à l’exclusion des autres atteintes environnementales: pollution, pression sur l’utilisation des sols et des ressources…

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Les actions les plus efficaces pour réduire sa propre empreinte carbone

Cet article fait partie de notre dossier «Que changer pour le climat?» et de l’opération «Covering Climate Now», une collaboration mondiale de plus de 250 médias d’information pour renforcer la couverture médiatique du réchauffement climatique.

On nous le serine depuis des années, parfois ad nauseam: la lutte contre le changement climatique est l’affaire de tous et il suffirait que chacun, individuellement, fasse sa part. Mais tous les petits gestes ne se valent pas. Concrètement, sur quels domaines vaut-il mieux concentrer ses efforts pour aboutir à une réduction tangible de son empreinte carbone?

Pourquoi c’est compliqué. A la question des chiffres s’ajoute un enjeu sociologique. Il est assez facile de pointer du doigt les postes les plus importants de notre budget carbone. Mais identifier les actions individuelles les plus efficientes est plus délicat, car à l’intersection des échelles de l’individu et de la collectivité, où se jouent des dynamiques de pouvoir. En outre, nos comportements s’inscrivent dans des systèmes socio-techniques complexes, qui ne peuvent être profondément modifiés qu’avec l’aide des Etats et la participation des entreprises.

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Ce que prévoit le projet de révision de la loi sur le CO2

Image d'illustration | Mélanie Duchene / Keystone

Adopté par la commission de l’environnement du Conseil des Etats mardi 3 septembre, le nouveau projet de révision de la loi sur le CO2 a été détaillé à la presse ce mercredi. Il passera en plénum lors de la session d’automne du parlement, qui démarre lundi 9 septembre.

Pourquoi c’est important. Rejeté une première fois par le Conseil national en décembre 2018, le projet de révision de la loi sur le CO2 doit permettre à la Suisse de tenir ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pris lors de l’Accord de Paris. Les objectifs sont de diminuer ces émissions de 50% par rapport à 1990 d’ici à 2030, et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

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Mal utilisées, les technologies de capture du CO2 de l'air pourraient faire plus de mal que de bien au climat

Une usine DAC (direct air capture) de la compagnie Climeworks, près de Zurich | GAETAN BALLY/KEYSTONE

Face à la crise climatique, les technologies d’absorption directe du CO2 de l’air sont-elles crédibles? Oui… mais à certaines conditions, et au risque d’un quitte ou double dangereux, explique Carbon Brief, en s’appuyant sur une étude parue dans Nature Communications, où des chercheurs ont modélisé l’effet de ces technologies sur le climat.

Pourquoi c’est risqué. Si elles sont installées à large échelle et fonctionnent comme prévu, elles aideraient à limiter le réchauffement climatique à +2°C au dessus de l’ère préindustrielle. Mais en cas de retard de développement, de rendement moins bon qu’escompté ou d’insuffisance dans le déploiement, elles pourraient coûter à la planète jusqu’à +0,8°C de hausse supplémentaire du mercure, à cause de la consommation énergétique supplémentaire requise pour les faire fonctionner.

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Lire l'article publié dans Carbon Brief (EN)

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Les émissions de CO2 dues aux carburants ne baissent pas, malgré les biocarburants et l'électromobilité

La statistique CO2 de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) pour l’année 2018 indique que, malgré un recours accru aux biocarburants et à l’électromobilité, les émissions liées aux carburants (essence et diesel) sont restées inchangées par rapport à 2017. Cette stagnation est due à l’augmentation du trafic.

Les émissions liées aux combustibles (mazout et gaz), après correction climatique, ont quant à elles poursuivi leur baisse (2,2 % par rapport à 2017). Cette diminution est principalement à mettre au crédit de l’efficacité des bâtiments ainsi que des énergies renouvelables, qui sont de plus en plus utilisées pour le chauffage.

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Des chercheurs allemands proposent un procédé pour convertir le dioxyde de carbone en graphène

Le graphène est une mono-couche cristalline de carbone. | Jannik C. Meyer, U.C. Berkeley / Keystone

Une équipe du Karlsruhe Institute of Technology (KIT), en Allemagne, est parvenue à convertir du dioxyde de carbone en graphène, un matériau aux propriétés électriques prometteuses mais dont la production est encore difficile. Le procédé et les perspectives qui en découlent font l’objet d’une publication dans la revue ChemSusChem.

Pourquoi on vous en parle. L’ambition est de faire d’une pierre deux coups: d’un côté, réduire les émissions de dioxyde de carbone liées à l’industrie, de l’autre, produire un matériau dont les applications potentielles vont des supra-conducteurs au stockage d’énergie.

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L'Europe veut construire de nouveaux satellites pour observer les sources de CO2 sur Terre

Le sommet de l'ESA dédié à l'observation de la Terre se tient du 13 au 17 mai 2019 à Milan | S.S.

L’Agence spatiale européenne (ESA) pourrait mettre en orbite, d’ici 2026, six nouveaux satellites pour déterminer les sources de dioxyde de carbone. C’est ce qu’a annoncé l’ESA à l’occasion de son Living planet symposium, qui se tient du 13 au 17 mai 2019 à Milan, auquel assiste Heidi.news.

Pourquoi c’est important. Il existe déjà des satellites chinois et japonais capable de mesurer la concentration en CO2. Mais ils ne peuvent pas le faire en continu, et pas de façon suffisamment précise pour distinguer les émissions d’origine naturelle des sources anthropiques (générées par l’homme).

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Quelle sera la part du transport aérien dans les émissions de gaz à effet de serre en 2050?

Une question de Sébastien Roux à laquelle répond notre journaliste Denis Delbecq.

A l'aéroport de Dubaï | Emirates

Votre question complète: «Concernant l’article “L’hydrogène dans les avions: vrai progrès ou green washing? (FR)” (sujet passionnant), vous dites que les émissions globales de CO2 pourraient atteindre les 24 % d’ici 2050, selon le cabinet de conseil Roland Berger (FR). Le chiffre m’a paru tellement énorme que j’ai souhaité vérifier.

Effectivement c’est le cas, mais l’étude table plutôt sur 10%, les 24% sont cités dans le cas où les autres secteurs deviendraient plus propres selon les prévisions des experts. C’est selon moi une information importante mais je suis sur que vous avez eu vos raisons lors de la rédaction de cet article.»