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«Il a fallu que je voie un caillot de sang dans mon urine pour aller consulter»

Olivier Maccaud | Clinique de la Source / DR

Olivier Maccaud, 57 ans, est enseignant en électricité et information à l’Ecole professionnelle (EPSIC) de Lausanne. Son cancer de la vessie a été diagnostiqué fin 2016, soit deux ans après l’apparition des premiers symptômes. Il est l’un des trois hommes à avoir accepté de se livrer dans le cadre de l’exposition «Les cancers urologiques chez l’homme. Briser un tabou», à la Clinique de la Source à Lausanne. Il a accepté de parler de sa démarche à Heidi.news. Témoignage.

«J’ai vraiment été un imbécile. Attendre deux ans avant d’aller chez un urologue! J’aurais certainement encore ma vessie si j’avais consulté dès que j’ai vu apparaître du sang dans mes urines. Ma femme me l’avait conseillé d’ailleurs. Mais non, j’ai attendu et j’ai pensé qu’en buvant plus, ça passerait tout seul. Quand j’ai vu un caillot de sang… Ce fut l’électrochoc!

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Pour que les cancers urologiques tuent moins, il faut que les hommes en parlent

Image d'illustration | Shutterstock

Chaque année, quelque 8160 nouveaux cas de cancers du rein, de la vessie, de la prostate, du testicule et du pénis se déclarent en Suisse. Ces tumeurs sont le plus souvent gardées sous silence. Les hommes n’aiment pas avouer leur impuissance naissante face à ces maladies. L’exposition «Les cancers urologiques chez l’homme. Briser un tabou», visible gratuitement à la Clinique de La Source à Lausanne, se penche sur ce sujet hypersensible jusqu’au 17 mars 2020.

Pourquoi il faut en parler. A lui seul, le cancer de la prostate bouleverse la vie de 6100 Suisses chaque année et en tue 1300. De leur côté, 6000 femmes (pour 1400 décès) sont touchées par un cancer du sein dans le même temps. Les chiffres sont équivalents, mais les hommes se taisent quand les femmes osent exhiber leurs bustes amputés. Parler des cancers urologiques masculins est nécessaire pour qu’ils aillent consulter plus vite et qu’ils puissent être mieux pris en charge.

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Des mini-organes en culture pour prédire le succès d’une chimiothérapie

Image au microscope à fond clair d'organoïdes tumoraux de patients en culture. | S. Ooft et M. Mertz / DR

Des chercheurs néerlandais ont cultivé des organoïdes de tumeurs colorectales pour prédire le succès d’une chimiothérapie. En quelques jours, leur test a été capable de prédire la réponse de 80% des patients au traitement. Une avancée intéressante en matière de médecine personnalisée publié ce 8 octobre dans la revue Science Translational Medicine.

Pourquoi c’est important. La chimiothérapie est généralement utilisée dans les cancers au stade métastatique, faute de meilleur traitement disponible. Tous les patients ne répondent pas au traitement, mais beaucoup en subissent les effets indésirables: fatigue, nausées, vomissements, perte de cheveux… Réserver les traitements aux seuls patients répondants permet un vrai gain en qualité de vie pour les autres.

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On peut détecter des tumeurs cérébrales en analysant le sang

Les chercheurs ont réalisé une spectroscopie du sang des patients et réussi à prédire dans 9 cas sur 10 la présence de tumeurs cérébrales. | Pixabay

En analysant un échantillon de sang par spectroscopie, des chercheurs écossais sont parvenus à capter la signature d’une tumeur cérébrale. Sans prétendre au titre de diagnostic, cette approche non invasive peut aider les médecins à mieux caractériser ces cancers et adapter leur prise en charge. Leur travail vient d’être publié dans Nature Communications.

Pourquoi c’est intéressant. Les tumeurs cérébrales restent mal prises en charge. Leur analyse implique des techniques d’imagerie lourdes voire de la chirurgie afin de prélever des tissus. Des approches non invasives sont donc très attendues. Matthew Baker, de l’université de Strathclyde (Glasgow), qui a dirigé ces recherches:

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L’immunothérapie la plus prometteuse pourrait fonctionner dans les tumeurs solides

Des lymphocytes T en cours de réingénierie. | Keystone / Dr. Carl June

Une équipe de l’université de Tel Aviv a trouvé un moyen d’adapter les cellules CAR-T, une thérapie génique visant à améliorer les cellules immunitaires, aux tumeurs solides. Une avancée majeure dans ce domaine! Leur travail a fait l’objet d’une publication dans The Journal of Clinical Investigation, reprise par le Jerusalem Post.

Pourquoi on vous en parle. Les cellules CAR-T («chimeric antigen receptors T cells») sont une immunothérapie très puissante contre le cancer. Le concept: modifier génétiquement des cellules immunitaires (lymphocytes T) du patient pour leur permettre de détecter des antigènes tumoraux et détruire les cellules cancéreuses associées. Mais pour une raison inconnue, les cellules CAR-T ne fonctionnent bien que dans les cancers du sang. Du moins jusqu’à présent.

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A lire sur Jerusalem Post

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Une nouvelle thérapie ciblée promet de booster les traitements des cancers ORL

Les cancers de la tête et du cou sont souvent diagnostiqués à un stade trop avancé. | Keystone / Christian Beutler

D’après les premières données, publiées lundi 30 septembre au congrès européen de cancérologie (Esmo) à Barcelone, la molécule D1143 (Debiopharm) permettrait d’améliorer sensiblement la progression des cancers ORL lorsqu’elle est administrée en association avec la radiochimiothérapie standard. Il s’agit d’un essai clinique randomisé de phase deux, conduit sur 95 patients en France et en Suisse.

Pourquoi c’est important. Lorsqu’ils sont diagnostiqués, les cancers de la tête et du cou sont souvent trop avancés pour justifier un traitement chirurgical. L’utilisation combinée de la chimiothérapie et de la radiothérapie s’impose comme le traitement standard, avec des résultats mitigés: les taux de rémission restent inférieurs à 50%. Avec cette preuve de concept, la thérapie ciblée D1143 dessine l’espoir d’obtenir de meilleures chances de guérison chez ces patients, pour qui la prise en charge stagne depuis une trentaine d’années.

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La viande rouge ne serait finalement pas dangereuse pour la santé

Image d'illustration | Shutterstock

D’après de nouvelles recherches publiées dans la revue Annals of Internal Medicine, la viande rouge et la viande transformée ne seraient finalement pas nocives pour la santé. Pour l'équipe internationale de quatorze membres menée par Bradley Johnston, professeur agrégé de santé communautaire à l'Université Dalhousie à Halifax, au Canada, ces allégations représentent un «abus flagrant de preuves». Leurs résultats ont suscité de nombreuses critiques comme le relate le Guardian. A commencer par celles de Walter Willett, végan et professeur d'épidémiologie et de nutrition à la Harvard TH Chan School of Public Health, qui a vertement critiqué le travail mené à Halifax: «Ce rapport comporte de nombreuses lacunes et constitue l'abus de preuves le plus flagrant que j'aie jamais vu!»

Pourquoi c’est important. Les études nutritionnelles sont rares et notoirement difficiles à mener car les participants ne mangent pas toujours ce qu’ils disent ou oublient. Mais pour l’OMS, les viandes rouges et celles transformées sont cancérigènes. Les organismes de santé publique du monde entier incitent également la population à en réduire la consommation pour limiter les risques de cancer. De son côté, le Fonds mondial de recherche sur le cancer n’a pas accepté la nouvelle interprétation de ces preuves scientifiques. D’autres raisons, climatiques notamment, poussent à réduire les quantités avalées.

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Lire l'article dans The Guardian

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De plus en plus de jeunes femmes sont touchées par le cancer du sein

Chaque année, 6000 nouveaux cas de cancers du sein sont enregistrés en Suisse. Le risque est plus élevé pour les femmes dès 50 ans, mais le nombre de cas chez les 20-29 ans a augmenté, comme l’explique le docteur Khalil Zaman.

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L'avenir des thérapies anti-cancer se trouve dans l'analyse du patrimoine génétique de chaque patient

La recherche clinique et pharmacologique tire à merveille profit des immenses et récents progrès effectués en génétique, qui permettent de relier des mutations génétiques, ou la présence d’un biomarqueur dans l’organisme, avec une action thérapeutique potentielle. Ceci avant tout en oncologie. Rien qu’aux Etats-Unis, un tiers des nouveaux médicaments validés depuis 2011 l’ont été sur des bases génétiques ou moléculaires.

La question. Bien que légitime, l’enthousiasme que soulèvent ces succès ne risque-t-il pas de restreindre le champ de focalisation recherches des pharmas? Comment, pour valider ces médicaments inédits, mener des essais cliniques de grande taille lorsque l’on sait que le génome est une sources de données éminemment personnelles, et non généralisables? Toute la population y aura-t-elle accès équitablement? Alors qu’une table ronde doit se tenir ce dimanche sur ce sujet lors des portes-ouvertes de l’EPFL, animée par ma collègue de Heidi.news Annick Chevillot, voici quelques pistes de réponses à ces questions, tirée d’un livre paru il y a peu dans la collection SantéPerSo.

L’ambition.

«On assiste à une révolution dans le traitement du cancer. Auparavant, un cancer métastasé menait le plus souvent à la mort. Aujourd’hui, dans de nombreux cas, grâce à la médecine personnalisée, on peut prolonger la vie durant des années, et peut-être guérir de ce type de cancer. »

Ces mots, prononcés à l’automne 2015 dans une interview au quotidien suisse Le Temps, sont ceux de Séverin Schwan, directeur exécutif de Roche. Voilà une perspective aux fondements autant scientifiques et pharmacologiques qu’économiques, affirmée on ne peut plus clairement par l’une des entreprises pharmaceutiques qui, après reconversion partielle, est devenue l’une des plus en pointe dans le domaine de la médecine de précision, aussi dite médecine personnalisée.

N’est-ce pas aussi une vision qui résonne un peu (trop ?) comme une promesse, à l’heure où brille cette médecine parfois considérée comme inédite mais qui reste avant tout basée sur la confluence récente des recherches de pointe en biologie cellulaire, des développements fulgurants dans les technologies des sciences de la vie (le séquençage d’ADN notamment) et – c’est vrai – des efforts renouvelés que seule peut assurer l’industrie pharmaceutique, en mal de nouveaux blockbusters?

Les domaines d’action. La recherche clinique est évidemment au premier rang pour éprouver cette révolution annoncée. Que ce soit d’abord, très concrètement, dans le domaine de l’oncologie, où moult nouveaux médicaments permettant des traitements plus personnalisés apparaissent effectivement depuis une décennie. «Dans le domaine des neurosciences cliniques aussi, des connaissances beaucoup plus fines des processus biochimiques et physiologiques impliqués dans certaines pathologies neurologiques ont ouvert des voies thérapeutiques plus ciblées», avance Patrice Lalive, responsable de l’Unité de neuroimmunologie et des maladies neuromusculaires aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

De manière générale, ces premiers succès dans des champs bien définis doivent encourager «des recherches qui vont permettre, dans maints autres aspects de la santé au-delà de l’oncologie, une meilleure évaluation des risques de maladies, une compréhension accrue des mécanismes pathologiques et la prédiction d’une thérapie optimale, pour étendre encore les bienfaits de la médecine de précision», souhaite dans le New England Journal of Medicine Francis Collins, directeur des Instituts nationaux américains de la santé (NIH).

Le parfait exemple. Pour bien ancrer ce changement de paradigme dans la réalité, l’autorité américaine de validation des médicaments (la Food and Drug Administration, FDA), dans son rapport intitulé Paving the way for personalized medicine (trad.: Ouvrir la voie à la médecine personnalisée), cite l’exemple de la mucoviscidose. Cette maladie héréditaire provoque l’accumulation de mucus dans les voies respiratoires et digestives et aboutit à une insuffisance respiratoire généralement létale. Elle est due à l’apparition d’une mutation sur un gène précis du génome, nommé CFTR; il existe plus de 1900 mutations possibles. Or, en 2012, la FDA a validé un nouveau traitement touchant précisément une de ces mutations (G551D), responsable de 4% des cas de mucoviscidose. Selon la FDA, ce nouveau médicament, nommé Kalydeco™, est sans précédent à plus d’un titre:

  • Les scientifiques qui l’on mis au point ont bénéficié de découvertes au niveau moléculaire quant à la dysfonction de certaines protéines en jeu dans la maladie, et ont pu développer une intervention pharmacologique pour y pallier, après avoir également développé un test génétique permettant d’identifier les patients les plus à mêmes de répondre à ce traitement. Autrement dit, grâce aux techniques génétiques, ils ont attaqué la cause de l’affection plutôt que visé ses symptômes, comme cela était le cas jusqu’alors.

  • Le développement du Kalydeco n’a été rendu possible que par une collaboration étroite entre une fondation dédiée à la lutte contre la mucoviscidose (la Cystic Fibrosis Foundation) et l’entreprise Vertex Pharmaceuticals. La première entité a permis de réunir les patients en assez grand nombre pour, grâce aux efforts de la seconde, tester une molécule prometteuse.

  • La FDA a approuvé ce nouveau médicament en un temps record, tant les intérêts de toutes les parties avaient été volontairement alignés, quand bien même cette forme de mucoviscidose est très rare.

Depuis lors, l’agence américaine dit avoir approuvé plusieurs dizaines de «thérapies ciblées» similaires, principalement des traitements contre le cancer, pour des patients dont les tumeurs ayant des caractéristiques génétiques spécifiques peuvent être identifiés par des tests idoines, inédits eux aussi. Et plusieurs centaines d’autres molécules expérimentales seraient désormais listées comme «candidates cliniques». John Mendelsohn, oncologue reconnu à l’Université du Texas, résumait déjà en 2013 dans un numéro spécial du Journal of Clinical Oncology (JCO):

«Il est tentant de dire que nous nous trouvons à un point d’inflexion dans l’accélération du traitement du cancer avec des thérapies ciblées, alors que jusqu’à récemment, les analyses génétiques n’étaient que rétrospectives, chronophages et très coûteuses».

Les potentialités de la recherche. Aujourd’hui encore, cette avancée autour du Kalydeco illustre parfaitement les potentialités de la recherche clinique et pharmacologique en médecine personnalisée. La principale est qu’elle tire à merveille profit des immenses progrès effectués en génétique ces dernières années, qui permettent de relier mutations génétiques, expression des gènes défectueux dans le génome et correction thérapeutique possible.

  • D’ailleurs, d’après la FDA, environ un tiers des nouveaux médicaments validés sur l’ensemble depuis 2011 l’ont été sur la base de données génétiques ou moléculaires caractérisant l’efficacité de la substance active, sa sécurité ou sa pharmacocinétique, autrement dit ce qu’elle devient lors de son absorption par l’organisme.

  • Un autre rapport, du Tufts Center for the Study of Drug Development, notait en 2010 déjà que plus de 90% des compagnies pharmaceutiques utilisaient une ou plusieurs cibles dérivées de la génétique dans leur programme de développement de médicaments.

«C’est dire l’importance qu’a pris l’analyse du génome dans ce domaine, au carrefour de la science et de l’économie», ne cesse de souligner Jacques Fellay, chef de l’Unité de médecine de précision au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne, professeur de génomique à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et codirecteur sur le Campus Biotech à Genève du Health 2030 Genome Cancer Center, la première plate-forme de séquençage de l’ADN à haut débit de Suisse, appelée à devenir l’une des plus importantes en Europe en termes de capacités, selon l’Université de Genève.

Plusieurs défis. Cet enthousiasme largement partagé dans la communauté scientifique doit être tempéré par la nécessité, d’abord, de relever plusieurs défis.

Le premier est de ne pas restreindre les recherches à ce que le philosophe des sciences Xavier Guchet appelle une «médecine des biomarqueurs», ces molécules trouvées dans le sang, les fluides ou les tissus qui signalent un processus normal ou pathologique et qui peuvent être autant de tests diagnostiques ou de cibles pour de nouveaux médicaments. Il s’agit en effet toujours d’abord d’établir un lien de causalité aussi étroit que possible entre ces biomarqueurs et une (absence de) maladie, lien qui va au-delà de leur simple corrélation, puis de mettre au point des tests directement liés à ces biomarqueurs, tests devant être efficaces et fiables. Et, même dans l’hypothèse où ce champ se développerait à l’envi, Stefan Sleijfer, dans la même édition du JCO., recadre:

«Ce paradigme de la médecine personnalisée – prétendre soigner les patients uniquement selon leur profil génétique ou des indications moléculaires données – est challengé par le besoin d’effectuer des dépistages moléculaires très larges en utilisant des techniques validées dans des laboratoires certifiés, mais tout ceci avec des ressources en temps et en argent qui ne soient pas prohibitives».

Ce d’autant plus que la production de quantités énormes de données – génétiques d’abord, mais aussi de toutes autres natures concernant le fonctionnement du corps humain – quasi routinière lors d’examens prospectifs va rendre les tâches d’analyses extrêmement complexes. José Baselga et ses collègues du Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York, l’expliquent en février 2017 dans la revue Cell:

«Historiquement, le développement de la médecine des biomarqueurs a toujours commencé par une découverte de base, suivie d’une confirmation biologique de la cible, et culminé dans le test d’un médicament, expliquent. Malgré les succès de cette façon de faire jusque-là, elle n’est, pour des questions de temps, pas pratique» devant le déluge d’informations fournies par les nouvelles technologies.

Des données qui concernent qui plus est souvent des groupes de patients similaires restreints et très éclatés de par le monde.

C’est là qu’interviennent alors des systèmes d’intelligence artificielle, permettant de se plonger rapidement dans une ou plusieurs bases de données pour relier des cas, et tirer des conclusions pertinentes selon une méthodologie qui prendrait aux humains une éternité. Un seul exemple récent? Un algorithme de «machine learning » développé en 2017 en Angleterre par des chercheurs de la Warwick’s School of Engineering permettrait de prédire avec 99 % d’efficacité, sur la base d’une poignée de cas ou simulations de références seulement, si une molécule médicamenteuse candidate va bien se lier à la protéine-cible souhaitée.

Essais cliniques chamboulés. Cette effervescence scientifico-technologique implique parfois que «la validation clinique d’une cible thérapeutique survienne avant que tous les mécanismes biologiques fonctionnels ne soient décryptés», poursuit José Baselga. Avec pour conséquence collatérale de chambouler les essais cliniques traditionnels mis sur pied par l’industrie pharmaceutique.

Si l’on se focalise sur l’oncologie, les avancées ont été telles que, selon le spécialiste, «les caractérisations génomiques détaillées des tumeurs sont en train d’induire la définition d’une nouvelle taxonomie des cancers chez l’homme, qui complémentera l’actuelle classification basée sur l’histologie », soit l’étude des seuls tissus.

Autrement dit, explique Pierre-Yves Dietrich, chef du Département d’oncologie des HUG:

«Au lieu de regrouper les malades par type de cancer (sein, poumons, prostate, etc.), on va les considérer en fonction du profil génétique de leur tumeur, indépendamment de l’organe que celle-ci affecte ».

Une personne souffrant d’un cancer du sein et une autre atteinte d’une tumeur aux poumons pourraient ainsi recevoir un médicament identique, alors que leurs traitements oncologiques respectifs auraient jusque-là été très différents. José Baselga:

«Des essais cliniques basés sur des considérations purement génétiques, dessinés pour évaluer des hypothèses issues des laboratoires, peuvent aussi permettre d’identifier des cibles nouvelles qui n’ont pas encore été examinées en détail biologiquement. Ce qui peut accélérer la mise au point de médicaments inédits ! »

La méthodologie scientifico-médicale elle-même s’en trouve chamboulée. En effet, les très larges et robustes statistiques liés à de grands nombres de patients, qui constituaient l’un des socles de la « médecine basée sur les preuves » (ou evidence based medicine), ne sont souvent plus réalisables. Dès lors, chez les cliniciens aussi on assume le côté largement empirique de la démarche. «C’est pourquoi il s’agira de récupérer un maximum d’informations pertinentes à partir de chaque patient, et surtout ensuite de mettre celles-ci en réseau», conclut José Baselga. De quoi, là aussi, remodeler les travaux de l’industrie pharmaceutique autant que la recherche clinique dans son entier.

Quelles stratégiques les plus efficaces. À ces défis s’en ajoutent d’autres: quelles stratégies thérapeutiques seront-elles les plus efficaces sur le long terme si l’on tient compte de l’hétérogénéité des tumeurs, de leur caractère mutagène ou du fait qu’elles acquièrent des résistances aux médicaments? Quel poids donner à la caractérisation des éléments purement génétiques déterminant un cancer, en regard de ceux qui dépassent l’ADN (comme les indications épigénétiques, partiellement dues aux effets de l’environnement sur l’expression du génome)? Et comment inscrire dans la clinique les technologies d’analyses qui y sont liées? Enfin, comment adapter l’évaluation de l’efficacité de médicaments proposés par l’industrie pharmaceutique, nouveaux ou anciens car ressortis des étagères après des premiers essais infructueux, ainsi que leur prise en charge économique?

Teintée d’une myriade de promesses thérapeutiques, dont pour certaines la concrétisation s’est déjà avérée, c’est à toutes ces questions encadrant les réalités quotidiennes de la quête d’une santé améliorée pour chacun que doit répondre la recherche clinique en médecine de précision, à travers tous ses acteurs, les scientifiques et les patients, l’industrie pharmaceutique, et les autorités de régulation.

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Des médicaments anti-cancer fonctionnent bien, mais sans viser les cibles tumorales prévues

Cellule de sein cancéreuse | National Cancer Institute/Wikkicommons

Certains médicaments développés pour lutter contre le cancer montrent une efficacité certaine, mais semble-t-il en ciblant d’autres éléments cellulaires tumoraux que ceux contre lesquels ils ont été développés, explique le magazine Science. Les scientifiques s’en sont aperçus en ôtant de cellules test ces fameuses cibles présumées, ceci grâce à la technologie CRISPR, qui permet d’éditer facilement tout code génétique.

Pourquoi c’est important. Observer une efficacité d’un médicament, mais alors qu’il a été imaginé pour une autre cible, permettrait justement d’améliorer encore les traitements, en trouvant la cible réelle de ces produits anticancéreux: ce sont les portes qu’ouvrent cette nouvelle étude publiée le 11 septembre dans Science Translational Medicine.

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Lire l'article dans Science

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Un régime végétalien améliorerait les effets de la chimiothérapie

La consommation de viande, d'œufs et de produits laitiers réduirait l'efficacité de la chimiothérapie. | Pixabay

En complément d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie, un régime alimentaire pauvre en méthionine, un acide aminé présent dans la viande, les œufs et les produits laitiers, diminue la taille de certaines tumeurs chez les souris, conclut une étude de l’université Duke (Etats-Unis) publiée dans Nature.

Pourquoi c’est intéressant. La relation entre méthionine et cancer n’avait jamais été étudiée jusqu’ici. Même si ces travaux ne concernent pour l’heure que la souris, ils représentent une piste à suivre chez l’homme, chez qui les chercheurs ont observé, pour un régime pauvre en méthionine, des effets similaires sur les mécanismes cellulaires.

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Les hôpitaux universitaires s'unissent pour concurrencer l'industrie pharmaceutique

Keystone / Gaetan Bally

Les thérapies cellulaires sont les traitements anticancéreux du futur. Les hôpitaux universitaires suisses ont décidé de créer une alliance pour concurrencer l’industrie pharmaceutique, selon la NZZ am Sonntag. Réunis sous l’égide du Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer (SAKK), leurs travaux permettraient d’obtenir des traitements meilleurs marché que ceux des pharmas et de développer des thérapies qui n’existent pas encore.

Pourquoi c’est important. Le Yescarta et le Kymriah sont des traitements personnalisés permettant de traiter efficacement les patients souffrant de certains cancers du sang. Porteurs d’espoir, ils sont aussi très chers: environ 370’000 francs pour le second (prix officiel). En coopérant, les hôpitaux universitaires pourraient faire baisser ces prix et aussi partager plus rapidement leurs recherches et découvertes, pour en faire profiter le plus grand nombre.

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Lire l'article de la NZZ am Sonntag (DE, paywall)

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Un algorithme d'intelligence artificielle détecte les tumeurs sur des images sans guidage préalable

Le logiciel de Paige IA permet de détecter les tumeurs sur des images | Paige IA

A partir d’un grand nombre d’images du même endroit du corps humain réalisées par coupes après une biopsie, il est possible d’entrainer un algorithme de deep learning à distinguer la présence de tissus tumoral sans annotation préalable. C’est ce que montrent des chercheurs du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York dans un article paru dans Nature Medecine.

Pourquoi c'est intéressant. Les aides numériques à la décision diagnostique sont en plein boom. En particulier pour détecter et classer, par leur degré de gravité, les tumeurs sur des images cliniques. Des exemples, annotés par les médecins, étaient jusque-là nécessaires aux logiciels d’intelligence artificielle pour apprendre à distinguer le tissu cancéreux du tissu sain. Avec ces nouvelles recherches, cette étape deviendrait caduque.

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Les boissons sucrées sont associées à une augmentation du risque de cancers

Photo d'illustration | Martin Brigden

«À consommer avec modération». Cette mention devrait-elle aussi concerner les boissons sucrées ? C’est la question qui se (re)pose à la lecture de travaux français publiés dans le British Medical Journal, et dont Sud Ouest se fait l’échos. Cette étude montre une association entre consommation de boissons sucrées et augmentation du risque de cancer.

Pourquoi c’est important. La consommation mondiale de boissons sucrées est en augmentation continue, soulignent les chercheurs de l’Inserm qui ont mené cette étude prospective. Mieux comprendre leur impact sur la santé est donc primordial.

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Pourquoi la «fausse viande» inquiète les organismes de santé

La viande rouge est bien plus complexe à reproduire sur base d'ingrédients végétaux que le poulet. | Pixabay

Le marché des substituts de viande est en plein boom. Or, une consommation de la léghémoglobine, une des substances présente dans les steaks végétaux qui imitent la vraie viande, pourrait favoriser des cancers de l’intestin, raconte Quartz. Les critiques ciblent également le processus de fabrication, pas si «naturel» que ça.

Comment ça marche. Impossible Foods, entreprise précurseure du secteur, utilise une levure génétiquement modifiée afin d’extraire la léghémoglobine à partir du soja. C’est cette protéine, similaire à la myoglobine animale, qui donne au substitut l’aspect, l’odeur et le goût d’une pièce de viande rouge. Le processus se trouve dans le viseur de l’Organisation mondiale de la santé.

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Lire l'article dans Quartz (EN)