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Les pavots arctiques, entre résistance et fragilité

Deuxième volet des impressions du botaniste Gregor Kozlowski, actuellement au Spitzberg, où les pavots étonnent à la fois par leur beauté et leur résistance aux conditions extrêmes.

L’expédition touche à sa fin. Je reste impressionné par la magnificence des paysages autant que par la précarité des conditions de vie de tous les êtres vivants dans cet environnement. Le Spitzberg est une région où l'on voit de ses propres yeux comment la végétalisation d'un paysage aurait pu se dérouler juste après les périodes glaciaires - par exemple dans les Alpes.

Un paysage rude. A l’inverse des Tropiques, où la végétation et les autres organismes vivants dominent les habitats, ici les forces initiales de la nature prennent encore le dessus sur tout: froid, gel, eau, vent, obscurité en hiver, etc. Les plantes ne fonctionnent que comme un petit ajout aux paysages grandioses: glaciers et chaînes de montagnes accidentées. Vu de loin, tout ne semble que légèrement saupoudré de vert-gris... et cela uniquement par les mousses et les lichens. Les plantes vasculaires, petites et dispersées, ne donnent alors que quelques touches de couleur aux paysages. Seules 80 espèces de fleurs existent dans le sud du Spitzberg, contre 3000 en Suisse.