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A Morges, la poésie se fiance au numérique pour la Saint Valentin

L'exposition présente une découverte en réalité virtuelle du monde d'Orphée de Rilke. DR

L’exposition «Digital Lyric: Beyond the book» débute au château de Morges le 14 février, jour de la Saint Valentin et se tient jusqu’au 10 mai, jour de la fête des mères pour renouer avec la tradition populaire des poèmes d’amoureux et d’enfants. Un objectif antiélitiste qui se poursuit en faisant entrer, en première mondiale, la poésie dans l’ère numérique. Financée par le fonds AGORA du Fond National Suisse et développée par l’UNIL en collaboration avec l’EPFL, la HEIG et la HEAD, cette exposition présente, entre autres, des installations d’intelligence artificielle destinées à assister les poètes amateurs, un Spotify de la poésie du XIXème siècle ou bien encore un voyage en réalité virtuelle sur les traces de Rilke en Valais. Elle s’envolera ensuite pour San Francisco et Montréal.

Pourquoi c’est intéressant A partir de la seconde moitié du XIXème siècle, la poésie a perdu, en occident, ses racines populaires pour devenir un genre élitiste. Les grandes maisons d’édition font des recueils de poèmes des objets de luxe. N’ayant pas cette tradition éditoriale, la Suisse romande, où la poésie reste vivace, est un terrain d’expérimentation pour l’ouvrir à de nouvelles expériences numériques interactives, immersives et personnalisables. L’exposition Digital Lyric étend ainsi le boom des applications high-tech pour la culture (lire notre exploration Les miracles de l’art et de la tech) au genre poétique.

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Les écoles d’art se convertissent au numérique

De plus en plus d'artistes comme comme Bart Kresa adoptent les nouvelles technologies pour s'exprimer. Credit: bartkresa.com

Depuis quelques années, nombre d’écoles d’ingénieurs et d’universités scientifiques ont ajouté l’enseignement des arts à leur cursus et fait de la culture un objet de recherche. On pense par exemple au ArtLab de l’EPFL ou au programme Arts at MIT. Artnet.News nous apprend que ce sont maintenant les écoles de Beaux-Arts, longtemps réticentes, qui ajoutent non seulement l’enseignement du code informatique mais aussi celui des sciences à leurs cursus.

Pourquoi on en parle. Alors que les logiciels, les algorithmes, l’intelligence artificielle et la pensée computationnelle «dévorent le monde» selon l’inventeur du navigateur internet Mark Andreessen, les artistes ont besoin d’une compréhension profonde des implications de cette transformation. Toutefois, même si la première exposition d’art digital a eu lieu en 1965, ce domaine de la création est resté aux marges du marché de l’art. C’est en train de changer comme nous l’expliquions dans notre exploration Les miracles de l’art et de la tech. Avec derrière un enjeu économique énorme si l’on sait que les industries créatives (arts graphiques mais aussi musique, audiovisuel…) emploient déjà deux fois plus de monde que le secteur automobile en Europe.

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Lire l'article de Artnet.News

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A La Chaux-de-Fonds, un pianiste star immortalisé dans un hologramme

Philippe Entremont a commencé sa carrière sous la houlette de chefs comme Igor Stravinsky ou Leonard Bernstein.

La start-up morgienne Cybel’Art a enregistré pendant trois jours le pianiste star Philippe Entremont dans la salle de musique de La Chaux-de-Fonds pour créer un hologramme qui l’immortalise. A 86 ans, ce virtuose aux 350 enregistrements, plus de 7000 concerts et 700’000 écoutes mensuelles sur Spotify devient le premier artiste à participer à la création de son hologramme de son vivant avec l’enregistrement de sept œuvres de Bach, Beethoven, Chopin, Debussy et Mozart.

Pourquoi on en parle. Ce soir, mercredi 20 novembre, le Rosey Concert Hall présente en concert l’hologramme de Maria Callas accompagnée par l’Orchestre de Chambre de Genève. Développée par l’entreprise américaine Base Hologram, cette technologie fait déjà revivre dans des spectacles des artistes disparus comme Whitney Houston, Amy Winehouse ou Buddy Holly. La start-up morgienne Cybel’Art propose de le faire du vivant des artistes afin qu’ils puissent contrôler leur image comme la qualité des enregistrements. Elle discute aussi avec des partenaires comme Magic Leap pour des diffusions au travers de lunettes de réalité augmentée.

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En levant 4 millions de francs, Artmyn introduit la transparence sur le marché de l’art

Le scanner du spin-off de l'EPFL numérise les toiles en haute définition mais aussi en ultraviolet et en infrarouge.

Spin-off de l’EPFL, la start-up Artmyn annonce avoir levé 4 millions de francs auprès de la principale plateforme d’enchères en ligne Invaluable. Ce montant qui porte à de l’ordre de 8 millions les fonds levés par l’entreprise va lui permettre de déployer sa technologie de scanners nouvelle génération dans les 5000 maisons de ventes aux enchères partenaires d’Invaluable.

Pourquoi c’est important? Comme le montrera le prochain épisode de notre exploration sur les croisements entre l’art et la technologie, le gros problème du marché de l’art, c’est son opacité avec des faux ou des œuvres mal attribuées qui continuent de circuler massivement. La technologie ultraviolet d’Artmyn rend accessible l’analyse des restaurations d’un tableau. Celle par infrarouge permet de révéler ce qui est sous le tableau (une esquisse par exemple).

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Qui va mettre la main sur la mine d’or culturelle de l’Europe?

Couvrir comme journaliste les dernières innovations de notre temps, c’est aller au devant de surprises et de rebondissements. Bien sûr, c’est bon pour accrocher le lecteur, mais parfois ça tangue un peu. Comme quand on apprend sur un vaporetto à Venise, en route pour couvrir l’événement que le directeur des archives de la ville suspend brutalement sa collaboration avec l’immense projet Venice Time Machine, basé à l’EPFL et qui veut tirer profit du numérique pour faire parler les documents de la Sérénissime. Je venais justement d’y consacrer un article qui sert de point de départ à mon Exploration sur les miracles nés des rencontres entre culture et technologie.

Est-ce grave? En tout cas ce n’est pas la première fois. Depuis que j’ai eu la chance de découvrir internet en 1994 sur les écrans du CERN, le jour où le télescope Hubble photographiait une comète en train de s’écraser sur Jupiter, j’en ai vu d’autres. Bulle des dotcoms, premières start-up suisses, krach, Google, Facebook, YouTube, krach encore, licornes (les start-up qui valent des milliards tout en perdant des millions comme Uber), montée en puissance des start-up suisses, scandales des licornes du genre WeWork. On en est là.