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Pourquoi l’affaire Matzneff passionne l'Amérique

Depuis le 11 février, il est devenu l’article le plus lu du New York Times – il fait même l’objet d’une traduction en français et en espagnol sur le site du quotidien américain. Comment Gabriel Matzneff, pédophile déclaré, a-t-il bénéficié de la bienveillance des milieux littéraires et des élites parisiennes? C’est l’angle qu’a choisi Norimitsu Onishi, correspondant du journal américain en France, et basé à Paris, pour raconter l’affaire qui secoue le monde littéraire hexagonal depuis début janvier et dresse un portrait invraisemblable de la société française aux yeux du public américain.

Pourquoi cet engouement étonne. L’écrivain a été retrouvé sur son lieu d’exil en Italie grâce à une technique simple: le journaliste a lu le livre le plus récent de Gabriel Matzneff. Il y a découvert son amour pour le coin d’Italie où il a trouvé refuge et le café qu’il aime fréquenter. A son arrivée sur les lieux, Norimitsu Onishi s’est rendu dans le café où Gabriel Matzneff a fait son entrée cinq minutes après, comme l’explique le New York Times dans sa newsletter du 13 février. Une «prouesse» que les journalistes de l’hebdomadaire français Paris Match ont déjà réalisée en janvier. L’écrivain y expliquait à quel point le livre «Le Consentement» de Vanessa Springora l’avait secoué. Une enquête contre l’écrivain a été ouverte par le parquet de Paris le 3 janvier pour «viols commis sur mineurs de 15 ans», l’âge de Vanessa Springora au moment des faits.

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A lire sur le New York Times

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Pourquoi «Le Consentement» de Vanessa Springora me réjouit autant qu’il me peine

Annick Chevillot

«Le Consentement» de Vanessa Springora est à la source de l'affaire Gabriel Matzneff, qui a secoué la scène littéraire française pendant les fêtes. Dans son récit, l'auteure relate l'emprise que l'écrivain français, par ailleurs pédophile militant, a eue sur elle.

Le scandale a éclaté publiquement au moment où les familles préparent et célèbrent Noël. Depuis, les médias ont transformé «Le Consentement», de Vanessa Springora, en affaire. Face au déballage médiatique, je me suis posé une question simple: et si le fait de parler de «l’Affaire Matzneff», de repasser en boucle ses apparitions à la télévision et de rouvrir ses livres, était une insulte supplémentaire à l’une de ses victimes, Vanessa Spingora? La déflagration causée par son témoignage a démarré bien avant la sortie du livre en librairie, le 2 janvier.

Certes, on est scandalisé par la complaisance qui a entouré les abus commis par l’écrivain français, âgé de 50 ans au moment des faits, alors que sa victime avait 14 ans. On braque les projecteurs sur l’éphébophile autoproclamé, ayant fait l’apologie de la pédophilie dans plusieurs ouvrages.