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Le dossier du F-35 devient brûlant pour Viola Amherd et l'ensemble du Conseil fédéral

Viola Amherd, conseillère fédérale en charge de l'armée, le 13 avril 2022 à Berne. | Keystone / Peter Klaunzer

«Un théâtre politique, malgré la guerre d’Ukraine», titrait la NZZ samedi 9 juillet. Et le spectacle promet! Le Conseil fédéral semble profondément divisé sur le dossier de l’achat de l’avion de combat F-35, au point que le contenu d’un document classé secret a fuité dans les médias alémaniques. La Berne fédérale est en pleine effervescence.

Viola Amherd, ministre de la défense, semble concentrer toutes les critiques. Elle serait responsable d’un véritable incident diplomatique avec le gouvernement français, qui aurait des conséquences directes sur nos relations avec Bruxelles, selon l’enquête de la radio SRF. Et pour ne rien arranger, le Contrôle fédéral des finances a donné un coup de poignard au projet d’achat des F-35, vendredi 8 juillet, en pointant du doigt ses risques financiers.

Pourquoi c’est important. L’achat des 36 nouveaux avions de combat, pour six milliards de francs, est le plus gros contrat d’armement jamais conclu par la Suisse et il met en jeu non seulement la sécurité du pays, mais aussi ses alliances stratégiques. Le principe a été validé par le peuple suisse le 27 septembre 2020, à un cheveu près, mais la démocratie a parlé.

En optant le 1er juillet 2021 pour l’avion de l’américain Lockheed Martin, au détriment notamment du Rafale français, le Conseil fédéral s’est arrimé à l’Otan, comme l’ont fait l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège ou l’Italie notamment. La décision, prise au terme d’un long processus d’évaluation, n’a pas empêché la gauche et le GGSA de lancer une nouvelle initiative, contestant le choix américain. «Stop F-35» a déjà récolté plus de 100'000 signatures en douze mois. Voilà pour le terrain politique.

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