| | news

Vos bactéries intestinales parlent à votre cerveau. Mais que lui disent-elles ?

Bactéries intestinales / Image: Courtesy of Museums Victoria

Les milliards de bactéries présentes dans nos intestins (un ensemble nommé microbiome) pourraient influencer le fonctionnement du cerveau, et jouer un rôle important dans le développement d’affections comme les démences, l’autisme, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Pourquoi c’est fascinant. Les scientifiques percent petit à petit ces voies d’échanges et de communication dans le corps, comme le raconte ce long article du New-York Times.

Le contexte. Depuis peu, le ventre et son microbiome sont considéré comme un « deuxième cerveau ». Voilà des siècles que l’on sait nos entrailles infestées d’organismes unicellulaires utiles, qui ne survivent que très mal hors de nos corps – ce qui explique qu’on les ait aussi peu étudiées jusqu’au tournant de ce millénaire. Les analyses ADN de ces bactéries les ont alors mis sur le radar des pathologistes. Mais peu jusqu’à aujourd’hui se sont intéressés au lien avec le cerveau, tant il semblait impossible qu’un tel lien existe ; le cortex est protégé de toute invasion microbienne par ce qu’on appelle la « barrière hémato-encéphalique ».

Les faits principaux de l’article. Plusieurs expériences ont mis les scientifiques sur la piste d’une telle connexion :

  • Le cerveau de souris atteintes d’une version induite de l’Alzheimer se portait mieux lorsque les chercheurs leur administraient des antibiotiques chamboulant leur microbiome.

  • Seules quelques espèces de bactéries pourraient être concernées

  • Les enfants atteints d’autisme présentent des caractéristiques particulières dans leur microbiome.

  • Les troubles autistiques chez des souris ont pu être atténués après une transplantation de microbiome.

  • Ces effets attribuables au microbiome pourraient être transmis de la mère enceinte à son enfant, par le sang.

Les limites. Toutes ces expériences présentes de fortes corrélations entre une action d’intervention sur le corps, et l’observation d’un effet physiologique. Mais les liens de cause à effet demeurent à trouver. Par ailleurs, ces interventions extérieures modifiant le microbiome (comme la transplantation fécale) sont encore trop larges et générales pour permettre une détermination précise de ces liens.

La suite. Des études beaucoup plus poussées et fines sont nécessaires avant de d’envisager des actions thérapeutiques ciblées. Mais les scientifiques entrevoient ici un champ d’exploration au potentiel énorme, qu’ils peuvent arpenter à l’aide des nouvelles technologiques d’analyses biologiques moléculaires.

L’article du *NewYork Times* : « Germs in your gut are talking to your brain. Scientists want to know what they are saying”, by Carl Zimmer.

Chaque jour, la newsletter qui vous livrera infos, témoignages et analyses au cœur des hôpitaux.

Lire aussi