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Un paratonnerre laser testé avec succès dans les cimes d'Appenzell

RUMPF/Martin Stollberg

Utiliser des lasers en guise de paratonnerres pour guider la foudre. Les physiciens imaginaient, depuis 20 ans, que c'était possible. Une équipe vient d'en apporter la démonstration expérimentale à l'échelle dans les Alpes suisses.

La guerre des étoiles a-t-elle commencé dans les Alpes suisses, aux confins d’Appenzell? A l’été 2021, une équipe de physiciens (dont plusieurs chercheurs suisses) a équipé le sommet du Säntis — 2500 mètres d’altitude — d’un large faisceau laser de la taille d’une petite voiture braqué vers les cieux.

Objectif de l’exercice? Rien à voir avec un quelconque exercice de défense planétaire: il est ici question de météorologie. Et plus particulièrement, de protection contre la foudre. Des arguments théoriques font dire aux physiciens depuis 20 ans qu’il doit être possible d’utiliser des lasers en guise de paratonnerre. Au Säntis, les chercheurs ont montré, pour la première fois, que c’était bel et bien possible.

Pourquoi c’est utile. Jusque-là, les précédentes tentatives expérimentales s’étaient soldées par des échecs. L’intérêt du dispositif pour protéger le vieux chalet de famille, par rapport à la bonne vieille pointe de Franklin, est bien sûr discutable. Mais ces paratonnerres high-tech pourraient s’avérer précieux pour protéger de la foudre des sites industriels sensibles - par exemple des centrales nucléaires, voire des pas de tirs de fusées spatiales. On se souvient des multiples reports du lancement d'Artémis 1, fin 2022, pour des raisons météorologiques…

Voir aussi: VIDEO - D’où vient l’électricité?

Du cerf-volant aux lasers. L’expérience du cerf-volant de Franklin, en 1752, a marqué la postérité en prouvant la nature électrique des éclairs. De cette découverte allait naître une invention aujourd’hui indispensable: le paratonnerre. Les premières moutures de l’objet étaient très simples: une longue tige de métal conducteur dotée d’une pointe – plutôt que d’un bout rond –  pour favoriser l’accumulation des charges électriques dans l’air alentour, puis enfin guider l’éclair au sol à travers la tige.

C’est de ce vieux principe que se sont inspirés les chercheurs pour concevoir leur paratonnerre laser, dont ils livrent ce lundi 16 janvier les résultats expérimentaux dans la revue Nature Photonics.

Jean-Pierre Wolf, professeur et directeur du département de physique appliquée de l’Université de Genève (Unige), est co-auteur de cette étude, dont il explique à Heidi.news la raison d’être:

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