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Près de Notre-Dame de Paris, un enfant a été contaminé au plomb

Toits en plomb de Notre Dame | Creative Commons

Six semaines après l’incendie de Notre-Dame, un cas d’enfant contaminé au plomb a été repéré dans la population vivant près de la cathédrale. Une enquête devra établir s’il y a un lien de cause à effet.

Pourquoi on vous en parle. La flèche et les toits détruits de Notre-Dame contenaient plus de 300 tonnes de plomb, qui sont parties en fumées. Face à des autorités rassurantes, qui conseillaient seulement aux riverains de faire un ménage soigné de leur appartement avec des lingeries humides, des ONG avaient tiré la sonnette d’alarme le 10 mai dernier, s’inquiétant de la légèreté des mesures annoncées par les autorités la veille.

Ce que l’on sait. Un enfant vivant sur l’île de la Cité, près de la cathédrale, présente un taux de plomb dans le sang supérieur au seuil réglementaire de 50 microgrammes par litre. L’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile de France a lancé une enquête environnementale pour déterminer si cette contamination est liée au plomb rejeté dans l’environnement lors de l’incendie du 15 avril, rapporte Le Figaro, qui mentionne un communiqué de l’ARS qui n’a pas été rendu public sur le site de l’Agence.

Dans un communiqué publié le 9 mai, l’ARS et la Préfecture de police de Paris indiquaient l’absence de plomb dans l’air près du site, mais reconnaissaient que du plomb avait été retrouvé dans certains sols, dont l’accès à été interdit au public.

Selon le Figaro, L’ARS vient d’inviter les familles ayant des enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes vivant sur l’île de la Cité à «consulter leur médecin traitant qui pourra leur prescrire une plombémie».

Ce qu’en disent les experts. Contacté par Heidi.news, Jacky Bonnemain, de l’ONG Robin des Bois, se dit très en colère:

« Les ONG ont donné l’alerte sur le plomb de Notre-Dame dès le 17 avril, deux jours après l’incendie, et multiplié les appels depuis. Les pouvoirs publics n’ont rien écouté et ont tout fait pour brouiller les pistes. Aucun n’a réagi à la hauteur du problème, pas plus la Préfecture de Police que l’Agence régionale de Santé ou la mairie du IVe arrondissement de Paris.

Il faut prévenir tous les habitants et coller des affiches dans tout le secteur de la cathédrale pour informer de la présence de plomb. Mais les autorités s’y refusent comme s’il fallait défendre le tourisme à n’importe quel prix.»

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’INSERM, spécialiste de santé publique et présidente de l’association Henri-Pézerat (Travail-Santé-Environnement):

« Qu’attendent les pouvoirs publics pour faire ce que nous réclamons depuis l’incendie, et notamment des prélèvements systématiques dans toutes les zones exposées aux fumées, sur la voirie, dans les commerces et les logements? Nous somme très choqués que les autorités laissent les gens démunis, en se contentant de leur dire de passer la serpillière et d’aller voir leur médecin. Il faut une réponse collective et transparente des autorités.

D’après ce qu’on apprend, il y aurait jusqu’à mille fois plus de plomb sur le chantier de Notre-Dame que le seuil d’exposition réglementaire au travail. Les ouvriers devraient travailler en scaphandre avec une assistance respiratoire pour ne pas inhaler de plomb. Au lieu de ça, on les laisse sans protection en leur disant de se taire. Seule compte l’urgence décrétée par le Président de la République, c’est scandaleux!»

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