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Pourquoi nous préférons ignorer certaines choses

pixabay/Sponchia

Dans certaines situations, nous préférons ne rien savoir. Par exemple, lorsqu'il s'agit s’informer sur le nombre de calories que contient notre gâteau préféré. Des chercheurs américains se sont ainsi intéressés aux personnes qui ignorent l'information et à leurs stratégies d’évitement.

Pourquoi c’est important. Nul n’est censé ignorer la loi: l’ignorance ne protège ni des amendes et ni des peines de prison, pas plus que des risques pour notre santé. Pourtant, dans bien des situations, les gens choisissent délibérément l’ignorance. Pourquoi?

La méthode expérimentale. Pour mesurer les préférences en matière d'information, les chercheurs ont élaboré onze scénarios hypothétiques. Dans chaque scénario, les volontaires pouvaient indiquer s'ils souhaitaient ou non recevoir une certaine information.

Les scénarios couvraient trois domaines: la santé, les finances et la manière dont les autres nous perçoivent. Quelques exemples:

  • Lors d'un examen médical, votre médecin vous pose une série de questions pour estimer votre espérance de vie. Souhaitez-vous connaître ses conclusions?

  • Ou encore: vous avez participé à une étude psychologique dans laquelle vous deviez évaluer à quel point les autres participants étaient attirants. L’organisateur vous donne la possibilité de savoir comment les autres vous ont noté. Souhaitez-vous connaître vos résultats?

Dans ces trois domaines, l’information peut être particulièrement douloureuse, mais aussi particulièrement utile pour prendre de meilleures décisions. La connaissance d'une certaine maladie peut aider, par exemple, à la traiter à un stade précoce.

Les résultats. Au total, plus de 2.400 personnes y ont participé. Les conclusions sont claires:

  • Entre 17 et 51% des personnes interrogées préfèrent ne pas être informées.

  • Si, pour la plupart d'entre eux, cette volonté ne s’exprime que sur des domaines spécifiques de la vie, certains préfèrent en savoir le moins possible de manière générale.

  • Les personnes impatientes semblent être plus enclines à éviter les informations potentiellement négatives — par exemple, savoir si l'on est à risque de développer la maladie d'Alzheimer — et préfèrent donc l'ignorance à la douloureuse vérité.

  • Les personnes qui sont plus disposées à prendre des risques sont également les plus susceptibles d’accepter de recevoir de mauvaises nouvelles.

L'orientation politique, le sexe, l'âge et le type d'éducation n'ont pas d’incidence particulière. Nous préférons tous être plutôt ignorants dans certaines situations. Et ainsi nous construire une réalité plus agréable.


L’étude à la loupe

Étude. Measuring Information Preferences

Commentaire. L'étude utilise des scénarios concrets et peut donc, contrairement aux études précédentes, décrire pour la première fois la fréquence et les caractéristiques de l'évitement d'informations dans un contexte aussi réel que possible. Cependant, étant donné que seuls onze scénarios ont été examinés et que ceux-ci sont très spécifiques, il est difficile de généraliser les résultats. L'étude donne des indices, mais ne prouve encore rien.

Fiabilité. Soumis à un examen par les pairs, un total de 2400 participants répartis sur trois analyses différentes au sein de l'étude principale.

Type d'étude. Etude d'observation.

Financement. Non spécifié.

Cet article a été publié initialement par notre partenaire éditorial Higgs.ch.

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