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Pourquoi le projet photovoltaïque d'altitude Gondosolar fait grincer des dents

Photo du site | Gondosolar.ch

Les installations photovoltaïques de haute montagne sont encore rares, et elles ont déjà mauvaise réputation. Il y a quelques mois, une motion parlementaire de la conseillère aux Etats Heidi Z’graggen demandait un moratoire pur et simple sur ces installations. Plusieurs associations sont contre, dont l’association de protection du paysage Mountain Wilderness, qui organise les 13 et 14 août dans le cadre de l’événement «Feu dans les Alpes», une randonnée en Valais sur les traces du projet Gondosolar, qui doit voir naître la plus grande ferme solaire de Suisse.

Pourquoi une telle opposition Le raisonnement, tant du côté des élus que des militants: avant de dégrader les paysages alpins, commençons par exploiter tout le potentiel offert par les toitures des bâtiments déjà construits, et n’oublions pas les mesures de sobriété. Dans le camp d’en face, on pointe le spectre de la pénurie d’électricité qui se dessine pour cet hiver. Défense des paysages contre autosuffisance énergétique: faut-il vraiment choisir? Le point sur les arguments en présence.

Lire aussi: Transition énergétique: faut-il mettre les montagnes sous clé?

De quoi on parle. Dans les Alpes valaisanne, à 2000 mètres d’altitude dans la commune de Gondo-Zwischbergen, le projet Gondosolar doit voir la construction d’une vaste ferme photovoltaïque sur 100’000 m², pour une puissance installée de 18 MW, ce qui en ferait la plus grande installation solaire de Suisse. L’installation doit fournir plus de la moitié de son électricité en hiver. Son coût est évalué à 42 millions de francs, pour une emprise au sol qui s’étendrait sur une dizaine d’hectares.

Le projet a été initié par Renato Jordan, propriétaire de la parcelle d’Alpjerung, la commune de Gondo-Zwischbergen, l’exploitant de réseau Energie Electrique du Simplon, Alpiq ainsi que la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW), rappelait Heidi.news en février dernier lors de la présentation du projet. Si la mise à l’enquête passe les inévitables oppositions, le projet pourrait être opérationnel en 2026.

Pourquoi de nouvelles installations? Difficile d’être passé au travers: depuis l’automne 2021 se prépare une véritable crise de l’énergie en Suisse, qui a déjà frôlé plusieurs blackouts électriques. En cause, une vulnérabilité accrue du fait de sa sortie du marché européen de l’électricité, en l’absence d’accord-cadre avec l’Union européenne, qui compromet les importations hivernales d’électricité à partir de 2025. S’y ajoute désormais la raréfaction des exportations de gaz russe, sur fond de guerre en Ukraine. Voilà pour la situation de crise.

A cette urgence s’ajoute un impératif lié à la transition climatique: pour se préparer aux besoins accrus qui découleront de la décarbonisation – et donc de l’électrification – de l’économie, il va falloir produire davantage d’électricité en proportion des usages.

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