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Nous ne percevons pas le monde, mais nous le construisons avec nos sens

Pixabay / Gerd Altmann

Dans un article passionnant, le magazine américain Vox convoque des travaux de neurosciences sur les illusions d’optique à l’appui d’une idée: nous construisons le monde autant que nous le percevons. Notre cerveau a 100 millisecondes de retard sur la réalité (le temps d’un clin d’œil) mais il compense en simulant l’avenir immédiat… quitte à se tromper. De même, nous ne percevons pas les longueurs d’onde, mais formons des inférences sur les couleurs des objets – d’où la fameuse robe noire et bleue qui a divisé internet en deux camps adverses. Et dans la plupart des cas, connaître ces phénomènes n’aide pas à les surmonter.

Pourquoi c’est à méditer. Nos sens ne sont pas le miroir du monde mais des outils pour interagir avec lui. Notre cerveau se caractérise par sa capacité à former des inférences sur la base de catégories préalables, de connaissances et de présomptions… ou même d’intérêts. Si cette idée se vérifie pour un traitement aussi fondamental que la perception visuelle, il y a tout lieu de penser qu’elle s’étend à des opérations plus abstraites telles que la formation de jugements et d’idées. C’est donc une invitation à l’humilité intellectuelle: pour comprendre le monde tel qu’il est, il ne faut pas hésiter à penser contre soi-même et toujours chercher de nouvelles perspectives.

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