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Images satellites, l'autre guerre en Ukraine

Image satellitaire d'un quartier ravagé par les frappes russes à Marioupol | Keystone / AP / Maxar Technologies

Pour la première fois dans l'Histoire, la guerre en Ukraine est scrutée à l’aide d’images satellites qui proviennent d’agences spatiales publiques, mais aussi d'acteurs privés. A la clé, une masse d'information désormais colossale qui pourrait échapper aux gouvernements, voire faire basculer le conflit.

Pourquoi c'est nouveau. Se servir d'images saisies par des satellites en temps de conflit n'a rien de très nouveau. Dès la guerre froide, les forces armées pouvaient consulter ces précieuses connaissances du ciel pour mieux connaître la situation au sol. Mais en 2022, les belligérants ont désormais accès à une quantité impressionnante d'images optiques, de données radars ou même de relevés atmosphériques, transmis par des satellites qui n'ont jamais été aussi performants.

Daniel Hernandez, retraité du CNES en France et spécialiste des satellites, illustre:

«Aujourd'hui, un satellite civil classique peut avoir une résolution de 50 centimètres. C'est suffisant pour distinguer une simple voiture d'un char d'assaut.»

Ainsi, le 28 février dernier, une image abondamment reprise dans les médias, reproduite ci-dessous, montrait un convoi militaire russe entouré de maisons en feu. Des informations rendues visibles pour les états-major… mais aussi pour le grand public, qui peut vivre l'avancée de la situation au jour le jour.

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KEYSTONE / EPA / MAXAR TECHNOLOGIES

Les atouts des acteurs civils privés. Les satellites construits par des acteurs civils du privé ont deux avantages par rapport aux technologies militaires:

  • Ils sont bien plus nombreux. D'après un calcul de l'armée suisse, il y a en moyenne une centaine de satellites qui passent au-dessus d'un seul et même point chaque journée. Ce qui peut donner une bonne idée de l'évolution de la situation quasiment en temps réel.

  • Ces derniers ont aussi un champ de vision plus large que leurs homologues de l'armée, ce qui permet une cartographie plus précise d'une région, même si leur précision est en général moins bonne.

Volker Gass, directeur de Space Innovation à l'EPFL de Lausanne, tempère:

«On a une vision très hollywoodienne de ces technologies, avec des vidéos capables de lire un journal… Tout cela est faux! En revanche, à peu près n'importe qui peut acheter une image satellite et l'obtenir en à peine quelques heures.»

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