Quels sont les enjeux de la conférence sur le commerce des espèces menacées?

Le poisson-cardinal de Banggai est un poisson de mer lourdement menacé par l'industrie des aquariums | Jens Petersen/Creative Commons

La 18e conférence de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées, débutera ce samedi à Genève. Jusqu’au 28 août, les 183 Etats signataires devront s’accorder sur les espèces dont la vente doit être interdite ou sévèrement encadrée.

Pourquoi c’est important. Le dernier rapport du groupe international d’experts sur la biodiversité IPBES, paru début mai, estime qu’un million d’espèces se trouvent en danger d’extinction. Les régulations du commerce international représentent un outil indispensable pour soutenir les mesures de conservation.

La conférence devait initialement se tenir en mai et juin à Colombo, au Sri Lanka. Elle a été reportée et déplacée à Genève suite à une attaque terroriste survenue fin avril.

Les classifications de la CITES. La Convention, entrée en vigueur en 1975, se base sur la liste des espèces menacées d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle encadre le commerce de plus de 5000 espèces animales et 28’000 espèces végétales, à travers trois régimes de protection:

  • Annexe I: espèces extrêmement menacées dont le commerce est interdit, sauf conditions exceptionnelles.

  • Annexe II: espèces qui ne sont pas nécessairement menacées, mais dont le commerce doit être réglementé pour éviter une surexploitation dommageable à leur survie.

  • Annexe III: espèces dont le commerce n’est régulé qu’au niveau national, ajoutées à la demande de pays signataires souhaitant en juguler le commerce mondial.

Quelques unes des mesures qui seront discutées. Il y en a plus de 57 au total.

  • Eléphant d’Afrique. Certains pays, où les populations du pachyderme sont stables, veulent autoriser le commerce contrôlé de son ivoire, contre l’avis de la majorité des pays qui abritent l’animal.

  • Girafes. Des Etats demandent que la girafe soit inscrite à l’annexe II, une requête combattue par certains pays d’Afrique australe.

  • Rhinocéros blanc du Sud. L’Eswatini (anciennement Swaziland) et la Namibie souhaitent autoriser l’exploitation commerciale de l’animal.

  • Bois tropicaux. Des signataires veulent inscrire plusieurs essences tropicales à l’annexe II afin de limiter la déforestation.

  • Aquariophilie. La Suisse souhaite que l’impact du commerce de poissons marins d’ornement sur les populations sauvages soit mieux quantifié, afin d’aménager les listes au besoin.