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Les données de Facebook pour comprendre l'émigration Portoricaine après le cyclone Maria

Après le cyclone Maria, à Porto Rico en septembre 2017, qui a provoqué une importante migration vers les Etats-Unis | USDAgov

Environ 189 000 personnes auraient quitté Porto Rico après le passage du cyclone Maria, en septembre 2017. Une estimation réalisée par des sociologues à partir… de données extraites de Facebook.

Pourquoi c’est intéressant. Le traçage des déplacements des abonnés aux réseaux sociaux inquiète, en raison de la menace qu’il fait planer sur la vie privée. Mais une fois rendues anonymes, ces données sont une manne indéniable pour les scientifiques.

Que s’est-il passé? En septembre 2017, l’île de Porto Rico est balayée par le cyclone Maria. Le territoire associé aux États-Unis est dévasté, avec des réseaux d’eau potable, de communications et d’électricité hors d’usage, les écoles détruites, etc. On relèvera 3000 morts, même si le bilan officiel évoqua seulement 64 décès.

Le délabrement de l’île provoque alors une vague d’émigration vers les États-Unis, légale puisque les Portoricains possèdent la nationalité américaine. Selon les chiffres officiels, environ 160 000 migrants se sont installé sur le continent dans l’année qui a suivi le cyclone.

Comment les chercheurs ont-ils procédé? Un groupe de sociologues basés à l’Université de Toronto (Canada) et au Max Planck de Rostock (Allemagne) utilise l’outil de gestion publicitaire de Facebook, qui permet de cibler les annonces en fonction de l’âge, du sexe mais aussi de la localisation des internautes. Ces chercheurs suivaient la population de migrants portoricains aux États-Unis depuis janvier 2017 sur Facebook.

Ils observent qu’entre octobre 2017 et janvier 2018, cette population a grimpé de 17%, soit une arrivée d’environ 189 000 personnes. Puis, entre janvier et mars 2018, cette population a diminué de 1,8%, signe qu’une vingtaine de milliers de portoricains ont préféré rentrer chez eux.

A l’instar des chiffres officiels, les données de Facebook montrent que les migrants ont privilégié la Floride, l'État de New York et la Pennsylvanie.

Cette étude démographique est-elle fiable? Les auteurs reconnaissent qu’il existe de nombreux biais possibles:

  • Seule une partie de la population utilise les réseaux sociaux. À Porto Rico ce taux est très élevé (~40% pour Facebook), ce qui limite ce biais.

  • La pyramide des âges des utilisateurs de réseaux sociaux est beaucoup plus jeune que la population réelle.

  • Il y a aussi un biais de sexe: il y a 130 hommes pour 100 femmes chez les portoricains installés aux États-Unis, contre 94 hommes pour 100 femmes chez les utilisateurs portoricains de Facebook.

  • Les chercheurs n’ont pas accès aux algorithmes utilisés par Facebook pour suivre les déplacements de ses abonnés.

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Lire l'article —encore non publié— sur socarxiv (EN)

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