Le plus vieil ADN au monde, de 2 millions d’années, dépeint le Groenland en Eden vert

Kap Kobenhavn, au Groenland, il y a deux millions d'années, lorsque la température était nettement plus chaude. (Vue d'artiste.) | KEYSTONE / AP / Beth Zaiken

Des traces d'ADN, datant d'il y a deux millions d'années, révèlent un ancien écosystème verdoyant qui dominait au nord du Groenland.

Il fut un temps où le Groenland était recouvert de forêts d’épicéas, peuplées de rennes, de lièvres et même de mastodontes — un mammifère proche du mammouth et de l’éléphant. C’est ce que révèle le plus ancien ADN au monde — vieux de 2 millions d’années, prélevé dans des couches sédimentaires anciennes au nord du Groenland.

Dans une étude publiée dans Nature, des chercheurs partagent leur trouvaille inédite, qui est deux fois plus ancienne que le record précédent: en 2021, de l’ADN datant d’il y a 1,2 million d’années avait été extrait à partir des dents d’un mammouth sibérien, relate le New Scientist. Ces résultats sont une fenêtre sur des écosystèmes aujourd’hui éteints.

Un Grand Nord verdoyant. Si le Groenland ressemble aujourd’hui à un désert stérile de glace et de roches, cela n’a pas toujours été le cas. Au nord de l’île, la formation géologique de Kap København, composée de strates de sable, de limon et de boue déposées il y a deux millions d’années, garde de très nombreuses traces de la vie qui prospérait dans cette contrée arctique.

En analysant ces sédiments, les chercheurs de l’Université de Cambridge ont pu reconstruire l’écosystème qui dominait au nord du Groenland il y a 2 millions d’années, à une époque où le climat était plus chaud. Les scientifiques ont détecté l’ADN de 102 types de plantes, mais aussi de lièvres arctiques, de rennes, d’oies.

Ils ont même identifié un mastodonte — un lointain parent du mammouth, aujourd’hui éteint. C’est la première fois que cette espèce, qui a vécu en Amérique du Nord pendant plusieurs millions d’années, est identifiée au Groenland. Il se pourrait qu’elle ait migré en traversant la banquise.

En quête d’ADN encore plus ancien. Pour les chercheurs, cette découverte ouvre une brèche dans la recherche paléontologique: il est probable que des échantillons encore plus anciens soient mis au jour, qui permettraient de repousser toujours plus loin notre compréhension des biotopes disparus. Et c’est en Arctique et en Antarctique que les regards se tournent, la glace ayant permis de piéger des traces de vie vieilles de plusieurs millions d’années.

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A lire dans le New Scientist (EN)