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Le labo humanitaire d'Yves Daccord, directeur du Comité international de la Croix-rouge

Yves Daccord au Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) début 2019 | MARTIAL TREZZINI/KEYSTONE

Bonjour, c’est Yves à Genève. Je ne suis pas le nouveau reporter de Heidi.news, mais bien le directeur général du Comité international de la Croix-rouge (CICR), où l’on cherche à inventer l’humanitaire du futur. Quelques pistes:

Des algorithmes à visage humain. Trace the Face est une technologie de reconnaissance faciale et d’IA appliquée à notre mission: retrouver des personnes disparues lors des migrations ou des conflits. Le système fonctionne à partir de leur photo et de celles de leur famille. Depuis le lancement l’été dernier, le système a réussi 114 “jumelages”. Notre objectif est d'augmenter leur nombre pour les migrants et leurs familles, tout en réduisant la charge de travail de notre personnel.

CICR (Trace the Face) (EN)

Piégés sous les bombes. The Right Choice est un film de réalité virtuelle interactif réalisé par le CICR, qui met les utilisateurs aux côtés d'une famille syrienne prise au piège des combats. On utilise une expérience simulée pour aider les gens d’ici à comprendre la guerre urbaine et son impact sur la vie réelle.

CICR (The Right Choice) (EN)

La guerre nous concerne tous. Dans le même ordre d’idée, Enter the Room est une expérience viscérale, à la première personne. C’est une app: l’utilisateur entre chez une famille victime de la guerre. Et comprend l'impact brutal des années de combat, en un temps accéléré. L’intérêt, pour moi, est de mettre fin à un mythe: la guerre n’est pas un phénomène lointain, “là-bas”, qui nous épargne, mais “ici”. Tout est lié. “Rien de ce qui est humain ne m'est étranger”, disait le poète romain Térence.

In The Mesh (EN)

Faut-il des brevets dans l’humanitaire? Pendant que je vous prépare ce Point du jour dans mon bureau à l’Avenue de la Paix, un atelier se tient sur le même palier: propriété intellectuelle et action humanitaire, mené par Nan Buzard, notre cheffe de l’innovation. Je n’en connais pas encore les conclusions. Il y a dix ans, je ne pensais pas que ces questions nous concerneraient un jour. Pour moi, l’humanitaire était forcément “open-source”. Or nous avons breveté une prothèse sur laquelle nous avons travaillé ces deux dernières années avec l’EPFL. Pas pour la vendre, mais pour nous donner la possibilité de mieux négocier avec des gouvernements ou des entreprises afin que davantage de victimes puissent en bénéficier.

EPFL (FR)

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