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Le blé du futur poussera dans des tours

Une ferme verticale à Moscou. Crédit: Wikimedia/Sobyanin

Cinq récoltes par an au lieu d’une seule: c’est la promesse de l’agriculture verticale. Les légumes et les fruits poussent dans des immeubles, étage après étage, dans d’immenses salles superposées. Mais la promesse pourra-t-elle être tenue?

Pourquoi c’est important? Des scientifiques américains ont calculé dans une nouvelle étude qu’un bâtiment de dix étages, pour un hectare de terre, pourrait produire jusqu'à 1 940 tonnes de blé par an. C'est environ 600 fois plus que la moyenne mondiale dans l'agriculture traditionnelle.

Comment ça marche? Une ferme verticale offre des conditions optimales:

  • l'eau et les nutriments y sont disponibles en quantité illimitée,

  • le soleil artificiel brille toute la journée, et chauffe à la même température.

Dans ces conditions, au lieu d’une seule récolte par an, il est possible d’en obtenir 5. En comparaison avec l’agriculture traditionnelle, il serait donc possible:

  • de produire des aliments toute l’année, indépendamment de la météo et des saisons

  • cette méthode permet aussi d’économiser de l’eau, de la terre et de la surface au sol,

  • cela ne nécessite pratiquement pas de pesticides ou d’herbicides.

Qu’est-ce qui existe déjà? Dans le monde entier, en 2018, plus de 50 exploitations agricoles de fruits et légumes étaient déjà en activité, en construction ou en projet, selon cette étude de l’Institut Fraunhofer. La plupart sont situées en Asie ou en Amérique du Nord, mais il y existe aussi quelques exemples en Europe: depuis cet été, Bâle s’essaye également à la croissance verticale. Sur le site de Wolf-Areal, la start-up Growcer produit déjà des salades, vendues à la Migros de Dreispitz.

Mais à quel coût? Cependant, cette méthode d’agriculture moderne présente un gros inconvénient : elle est extrêmement coûteuse. Les salades vendues à Bâle ne couvrent pas leurs coûts de production, comme le montre une enquête de la SRF.

Et à l’heure actuelle, le blé cultivé en étage ne serait pas compétitif lui non plus. Les coûts en électricité pour l’éclairage artificiel pèsent en effet particulièrement lourd: ils représentent à eux seuls plus de la moitié des coûts annuels. Les cultures verticales ne peuvent donc pas remplacer complètement l’agriculture traditionnelle. Cependant, elles pourraient, d’après des recherches, atténuer les conséquences des mauvaises récoltes liées au changement climatique et aux périodes de sécheresse.

Une version de cet article a d’abord été publiée par notre partenaire Higgs.ch. Lire ici la version originale.

Check Science - Les études à la loupe

Nom de l’étude: Wheat yield potential in controlled-environment vertical farms.

Commentaire: les simulations s’appuient sur une valeur théorique de la croissance du blé dans des conditions optimales de pousse. Cette valeur est plus de deux fois plus haute que la valeur la plus élevée jamais observée dans un champ de blé. Reste à savoir si cette valeur peut réellement être atteinte avec un système d’agriculture verticale, dans un bâtiment. Pour l’heure, cela n’a pas encore été démontré par l’expérience.

Financeurs: Princeton Environmental Institute's Urban Grand Challenge Grant et Arup University's Global Research Fund.

Type d'étude/étape: simulation sur ordinateur

Fiabilité: évaluation par les pairs

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