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La science est phallocentrée et ce n'est bon pour personne

Unsplash/Louis Hansel

Dans un article publié dans la revue Scientific American, la journaliste scientifique Rachel E. Gross implore: «il est temps de faire descendre le phallus de son piédestal.» Les «histoires de bites» génèrent incontestablement des clics, comme le remarque la biologiste et journaliste Emily Willingham, qui a récemment consacré un ouvrage à la diversité phallique à travers le règne animal. Pour autant, cette obsession pour le membre masculin ne sert ni la santé des hommes cisgenres — nés hommes et qui se reconnaissent dans cette identité — ni les sciences du vivant en général.

Pourquoi c’est intéressant. À force de se focaliser sur l’attribut pénétrant, on a «oublié» de s’intéresser à sa santé, argumente la journaliste. En effet, il n’existe pas d’équivalent masculin à la gynécologie pour traiter de leur santé reproductive… Cette obsession, poursuit-elle, conduit à adopter une vision binaire limitante de la diversité des organes sexuels au sein du vivant — qui existe aussi chez l’humain — alors qu’elle devrait davantage être considérée comme un spectre continu. Pourquoi disons-nous de la hyène femelle qu’elle dispose d’un pseudo-pénis alors qu’elle est en réalité dotée un clitoris de belle taille? En bonne partie parce que nous avons appris à en envisager ce qui est grand comme masculin et à penser les caractères sexuels comme binaires. Ce mouvement, déjà amorcé par les sciences humaines, permettrait une meilleure compréhension de l'évolution génitale et de la santé reproductive.

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