La recherche suisse rafle deux médailles Fields

L'Ukrainienne Maryna Viazovska, professeure à l'EPFL, fait partie des deux lauréats affiliés à des institutions suisses | EPFL 2022 / Fred Merz (Lundi13)

Et de deux médailles Fields pour la recherche suisse, et même romande. Deux universitaires basés en Suisse ont en effet été primés par la très prestigieuse médaille Fields, souvent considérée comme le Prix Nobel des mathématiques:

  • L’Ukrainienne Maryna Viazovska, professeure à l’EPFL, connue pour ses travaux sur l’empilement de sphères en dimensions 8 et 24 (Heidi.news vous expliquait ici quel est l’intérêt). Elleest la deuxième femme à recevoir ce prix, après l’Iranienne Maryam Mirzakhani en 2014.
  • Et le Français Hugo Duminil-Copin, professeur à l’Université de Genève, pour ses travaux portant sur les probabilités.

Les autres lauréats. Les lauréats ont été annoncés lors de l’ouverture du Congrès international de mathématiques, aujourd’hui à Helsinki. Cette année, ils sont au nombre de quatre. On y retrouve, outre les deux chercheurs de l’arc lémanique:

  • le Britannique James Maynard, connu notamment pour son travail sur la répartition des nombres premiers,

  • et le Coréo-Américain June Huh, qui œuvre à l’interface entre combinatoire et géométrie algébrique.

La dimension politique. Elle semble bien présente. Car le Congrès international de mathématiques aurait normalement dû se tenir à Saint-Pétersbourg, en Russie, cette année. Plusieurs sociétés mathématiques, suite à la guerre en Ukraine, avaient préféré que l’événement soit déplacé à Helsinki, en Finlande, et se tienne en distanciel.

Fin juin, Alain Valette, professeur à l’Institut de mathématiques de l’Université de Neuchâtel et président de la Société mathématique suisse (SMS), indiquait à Heidi.news:

«Sachant que Maryna Viazovska est ukrainienne, le symbole serait évidemment très fort.»

Lire aussi: Annulé en Russie, le «Nobel» des mathématiques ira-t-il à l’Ukraine?

La deuxième femme lauréate. Maryna Viazovska, en poste à l’EPFL depuis six ans, n’est que la deuxième femme à accéder à cette récompense prestigieuse sur les 60 médailles qui ont été attribuées depuis la création du prix.

Cette consécration intervient huit ans après l’Iranienne Maryam Mirzakhani en 2014 (tragiquement disparue en 2017). «Tout le monde s’attendait à voir au moins une lauréate en 2018, mais cela n’a pas été le cas», soulignait Alain Valette.

La récompense. Les médailles Fields ont été créées par le mathématicien canadien John Charles Fields, et sont attribuées tous les quatre ans depuis 1936, avec un maximum de quatre lauréats par édition. Contrairement aux prix Nobel, qui récompensent le plus souvent des chercheurs en fin de carrière, les médailles Fields ne sont décernées qu’à des personnes de moins de 40 ans. La médaille s’accompagne d’un prix de 15'000 dollars canadiens.