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Hackathon #VersusVirus (1/4): un grand exercice de résilience

Thomas Maillart

Thomas Maillart, président de l'association Open Geneva, raconte au fil de l'eau son vécu du Hackathon #VersusVirus.

Ce vendredi, 4889 personnes se sont retrouvées en ligne pour faire face à la crise du covid-19. Durant le hackathon #VersusVirus, il s’agit de trouver, en 48 heures, des solutions pratiques à 180 défis liés à la crise du coronavirus en Suisse.

Pourquoi c’est important. Depuis le début de la crise du covid-19, le monde n’est plus comme avant. Ce changement brusque requiert un effort d’adaptation colossal de la part des individus, des organisations et des gouvernements.

Comment ça marche. Les hackathons permettent de construire rapidement des prototypes de solutions innovantes qui sont le fruit de l’intelligence collective. L’implication de citoyens dans les hackathons augmente fortement l’acceptabilité sociale de l’innovation au moment de leur prototypage. Et en ces temps de confinement, le hackathon #VersusVirus joue en outre le rôle de ciment social pour les gens qui veulent aider à surmonter la crise, ce qui explique l’enthousiasme national pour cet événement unique.

Résilience. Cette première journée a été consacrée à l’accueil des participants, à la formation des équipes, et à l’attribution des projets. La résilience des organisateurs (dont je fais partie) et des participants a été testée dès les premières heures du hackathon. Les organisateurs avaient prévu un algorithme pour composer les équipes en fonction des intérêts et de l’expertise des participants. L’agilité humaine a rapidement pris le dessus: l’outil de collaboration en ligne s’est transformé en grande foire. Durant l’essentiel de la journée, tous les participants se sont efforcés de de construire des équipes motivées et de les mettre en ordre de marche pour relever les défis.

Un participant s’exprime sur son aventure du jour:

“Mis a part que je suis content que nous soyons 37 dans ce groupe, j'ai l'impression que c'est un peu la cacophonie.”

Tant que l’ambiance est bonne, rien ne semble insurmontable.

Auto-organisation et intelligence collective. Le chaos apparent de ce premier jour de hackathon national en ligne démontre la force de l’intelligence collective. Lorsque les gens sont très motivés, ils cherchent des solutions pour trouver des formes d’organisation efficaces, selon des règles ad-hoc de construction du consensus. Ces procesus d’auto-organisation sont puissants et assurent agilité et résilience. Ces mécanismes d’intelligence collective sont néanmoins encore mal compris, et font l’objet de recherches notamment en physique, sciences naturelles, biologie, neurosciences, et management des organisations. On sait cependant que la structure décentralisée d’Internet en fait un lieu propice à l’auto-organisation, et que l’intelligence collective permet d’explorer très rapidement des solutions à des problèmes compliqués et ambigus.

Les conseils d’Alain Berset aux participants. A 18h15, le Conseiller Fédéral en charge de la santé apparait sur Youtube dans le cadre du hackathon (voir replay 20ème minute). L’objectif est de mobiliser les innovateurs. En effet, l’Office Fédéral de la Santé Publique a soumis plusieurs défis pour le hackathon #VersusVirus. Le message d’Alain Berset est clair :

“En temps de crise, nous devons trouver des nouveaux ressorts pour la société et dans ce cadre, l’innovation est absolument centrale. Nous sommes toujours plus forts lorsque nous travaillons ensemble.”

Mais travailler ensemble ne suffit pas. Il faut absolument que les participants sortent de leur zone de confort :

“ne mettez pas de limites à vos innovations. [La Suisse] a vraiment besoin de votre créativité”

Le défi collectif est lancé ! Rendez-vous demain pour un point d’avancement des projets.

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