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Genève teste un radar «anti-bruit»

Moto à Genève, sur la route des Jeunes. | KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

Le Canton de Genève teste un nouveau dispositif pour réduire les «excès sonores évitables» des voitures et motos en ville. Il s’agit d’un radar acoustique qui analyse le bruit provoqué par les véhicules et avertit les conducteurs que leur comportement n’est pas adapté. En ligne de mire: les accélérations trop brusques, les vrombissements inutiles, les pots d’échappement modifiés ou encore les autoradios à plein volume.

Pourquoi on en parle. En Suisse, une personne sur sept vit dans un lieu où le seuil de pollution sonore est dépassé pendant la journée, et une personne sur huit pendant la nuit, selon un rapport de l’Office fédéral de l’environnement publié fin 2018. Le document souligne que le trafic routier représente la principale source de bruit nocif, un phénomène qui touche particulièrement les villes.

La pollution sonore a également un impact important sur la santé. En 2016, les coûts de la santé dus au bruit de la circulation ont atteint 1,47 milliard de francs, selon l’OFEV. Ils concernent notamment de maladies physiques et psychiques provoquées le plus souvent par des nuisances sonores subies à moyen ou long terme.

Comment ça marche. Le dispositif est installé à l’avenue Wendt, au centre de Genève, depuis le 8 juin, où il restera deux semaines. Le radar détecte le niveau sonore des véhicules qui circulent sur cet axe en ligne droite et très fréquenté, avec seuil est fixé à 84 décibels, considéré comme le bruit normal engendré par un véhicule. Si le niveau sonore est situé au-dessus de ce seuil, un panneau affiche le message «Bruit!» 100 mètres plus loin. Si aucun dépassement n’est constaté, le message affiché est «Merci!». Il s’agit donc d’un radar dit «pédagogique», comme il en existe également pour la vitesse, dont le but est de sensibiliser les usagers de la route.

La Canton s’est associé au TCS pour mener à bien cette opération. Le dispositif a déjà été testé en 2019 en Suisse alémanique, à la sortie d’un village, dans le canton de Soleure. Mais c’est la première fois qu’il est installé en milieu urbain. Philippe Royer, directeur du Service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants à l’Office cantonal de l’environnement:

«Notre objectif est d’évaluer la pertinence du message et son influence sur les automobilistes, de voir si l’effet pédagogique est là. Le radar nous permettra aussi de surveiller le nombre de dépassements sonores et d’en observer l’évolution. Nous continuerons de prendre des mesures du bruit pendant une dizaine de jours après avoir enlevé le panneau qui affiche les messages, afin de déterminer si l’effet perdure. Nous imaginons toucher des personnes qui empruntent cet axe régulièrement.»

Le Canton de Genève rappelle dans un communiqué qu’une conduite trop nerveuse provoque autant de bruit que 20 voitures qui roulent simultanément de manière normale.

La suite. Si le test est concluant, le Canton entrevoit deux pistes de développement.

  • La première consisterait mettre le radar à disposition des communes comme outil pédagogique dans des situations précises, par exemple pendant un mois suite à des plaintes de riverains. L’idée est ici, comme durant le test de l’avenue Wendt, de rendre les automobilistes plus attentifs.

  • La seconde, envisagée à plus long terme, est d’ordre législatif. Philippe Royer: «La loi fédérale interdit les bruits évitables. L’ordonnance sur la circulation routière dresse la liste de ces bruits. Mais il n’y a pas de niveau sonore associé qui permette d’appliquer des sanctions. L’idée serait de faire évoluer le cadre légal dans cette direction.» A Genève et dans le canton de Vaud, la question est débattue dans les parlements cantonaux.

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