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Ce lymphocyte hybride jouerait un rôle dans le diabète de type 1

Johns Hopkins University School of Medicine

Elle a été baptisée “lymphocyte X”. Cette cellule immunitaire anormale a été découverte par des chercheurs américains de l’école de médecine de l’Université de John Hopkins. Elle permettrait d’expliquer la survenue de la réaction auto-immune à l’origine du diabète de type 1.

Pourquoi c’est important. Aussi appelé diabète insulino-dépendant, le diabète de type 1 survient lorsque le système immunitaire détruit les cellules bêta du pancréas, qui produisent l’insuline permettant de réguler la quantité de sucre dans le sang (glycémie). Cette forme représente 5 à 10% des cas de diabète. En Suisse, 40’000 personnes sont affectées, selon les chiffres du CHUV.

Où est la nouveauté? La communauté scientifique a peu de doutes quant au fait que le diabète de type 1 soit d’origine auto-immune. Mais restait à comprendre par quel mécanisme les cellules du système immunitaire pouvaient se retourner contre les cellules pancréatiques. Le lymphocyte X serait la clé.

Avant de comprendre comment il perturbe la réponse immunitaire classique, rappelons-en les principaux protagonistes:

  • Les lymphocytes B immatures, formés dans la moelle osseuse, se différencient en fonction de l’antigène qui leur est présenté, contre lequel ils produiront par la suite des anticorps afin de signaler la présence d’un agent pathogène.

  • Les lymphocytes T auxiliaires jouent un rôle de médiateur, en activant les lymphocytes B présentant un récepteur adapté à l’antigène.

  • Les lymphocytes T cytotoxiques, eux, attaquent directement les cellules infectées qui présentent des antigènes connus du système immunitaire.

Comment le lymphocyte X attaque le pancréas. Cette cellule immunitaire présente à la fois des récepteurs du lymphocyte B et de ceux du lymphocyte T. Abdel-Rahim Hamad, professeur associé de pathologie et co-auteur de l’article, explique dans un communiqué (EN):

«Ce qui est unique chez cette nouvelle cellule c’est qu’elle agit à la fois comme un lymphocyte B et comme un lymphocyte T. Cela aggrave probablement la réponse autoimmune, car une seule cellule assure alors des fonctions qui nécessitent normalement les deux types de cellules»

Où est le problème.

  • Les chercheurs avaient déjà connaissance d’un récepteur sur les lymphocytes T cytotoxiques lui permettant de se lier à l’insuline, mais pas au point de provoquer une réaction auto-immune.

  • Ici, les chercheurs ont découvert une nouvelle protéine présente sur le lymphocyte X. D’une forme moléculaire proche de celle de l’insuline, celle-ci provoque une réponse immunitaire 1000 fois plus forte de la part des lymphocytes T cytotoxiques.

  • En retour, ces lymphocytes T détruisent les cellules pancréatiques productrices d’insuline, se méprenant sur l’origine de l’agresseur.

La prochaine étape. Les chercheurs pensent que leurs travaux permettront de développer des traitements à la source contre le diabète de type 1, par immunothérapie. Ils souhaitent également vérifier le rôle joué par cette variante anormale de lymphocyte dans d’autres pathologies, comme la sclérose en plaques ou l’arthrite rhumatoïde.

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Lire la publication scientifique dans Cell (EN) et le communiqué de l'université (EN)

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