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CRISPR, Twitter et l’impact de l’effronterie scientifique sur le public

Olivier Dessibourg

Co-fondateur de Heidi.news, Olivier Dessibourg en a été rédacteur en chef adjoint et responsable du Flux Sciences jusqu'à mars 2020. Désormais directeur de la communication scientifique pour le Geneva Science and Diplomacy Anticipator (GESDA), il tient cette chronique régulièrement.

Il est trop tôt! La science n’est pas prête! Il reste trop d’inconnues! Ce rapport publié le 3 septembre est clair: opérer des modifications génétiques sur des cellules germinales humaines (à l’origine des spermatozoïdes et des ovules, qui transmettent le patrimoine aux générations suivantes), et implanter l’embryon qui en découlerait pour faire naître une personne portant ces changements génétiques désormais héréditaires, est encore prématuré, lit-on. Prudence, patience, insiste la commission formée par les deux Académies américaines des sciences et de médecine ainsi que la Royal Society anglaise.

Mais deux informations dévoilées au même moment montrent d’une part, à nouveau, à quelle point l’écriture de la partition d’encadrement d’une percée technologique va bien moins vite que la musique de la science et l’envie de certains savants de marquer l’Histoire. D’autre part, lorsqu’elle est jouée avec trop d’effronterie, cette même musique peut interroger, contrarier voire choquer le public, à un point que celui-ci peut in fine freiner plus ou moins fortement l’utilisation de cette technologie,

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