A Sydney, les recettes d'une université championne du monde de l'égalité

Western Sydney University. | WSU

Cet article fait partie de notre dossier sur la grève des femmes, qui sera enrichi au fil de la journée du 14 juin.

En avril 2019, la Western Sydney University s’est hissée à la première place du classement de Times Higher Education qui distingue les universités les plus efficaces pour gommer les disparités entre hommes et femmes. L’établissement australien affiche 41% de professeures, et compte 47% de femmes au sein de sa direction, en progression de 5% par rapport à 2017

Pourquoi c’est surprenant. On s’attendait à voir apparaître une université scandinave sur la première marche du podium. L’Australie, si elle n’a pas à rougir, ne se trouve en effet pas parmi les pays qui brillent pour leur performance en matière d’égalité dans les universités. La moyenne de femmes professeures y est de 30%.

Les raisons. WSU a vu le jour en 1989. Dès sa création, un groupe de membres de la direction a empoigné la problématique. Cela s’est traduit par d’importants efforts pour augmenter la représentation féminine dans les fonctions dirigeantes, réduire l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes et développer la flexibilité sur le lieu de travail.

Janice Aldrich-Wright, professeure au Département science et santé, qui dirige aussi le programme d’égalité dans les domaines des sciences à WSU, souligne l’importance de disposer d’alliés hommes au sein de la hiérarchie.

«La jeunesse de notre université a certainement facilité l’intégration, dès le départ, d’une culture égalitaire. L’engagement des membres masculins de la direction a été un facteur clé.»

Avec quels moyens d’action? L’université a mis en place des mesures spécifiques pour recruter et aider les femmes à avancer dans leur carrière:

  • Des programmes de mentorat, et des formations à l’égalité

  • Publication régulière de rapports comme «La politique d'égalité des sexes» ou «Le plan stratégique sur l'équité et la diversité».

  • Un fonds pour financer des projets liés à l’égalité

  • Un congé parental payé allant jusqu’à huit semaines pour les pères ou partenaires.

  • Elle dispose en outre de crèches sur six de ses campus.

Quelle marge de progression? Mais la WSU a encore du pain sur la planche, surtout dans des secteurs comme les sciences, les mathématiques, les technologies et l’ingénierie.

Janice Aldrich-Wright:

«En ingénierie, il y a nettement moins de femmes professeures et cela peine à changer. Nous essayons de susciter des vocations en organisant des visites dans les écoles, du niveau primaire jusqu’à la fin du gymnase.»

Pour y remédier, WSU participe à un projet pilote appelé «SAGE» (Science in Australia Gender Equity), qui vise à augmenter la représentation féminine dans ces domaines. Signe qu’en matière d’égalité, il ne faut jamais se reposer sur un satisfecit, mais poursuivre son auto-critique afin de continuer à avancer.