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A-t-on encore besoin du français en sciences?

Tas de papiers, image d'illustration | unsplash / Patrick Tomasso

Aujourd'hui, c'est l'anglais qui est la langue des sciences. Ce qui n'est pas sans poser problème, notamment en Afrique, où résident quelque 140 millions de francophones.

Climat, biodiversité, pandémie, énergie, espace, migration… les problèmes globaux se multiplient. Pour les décrire, on utilise le plus souvent l’anglais, devenu langue internationale par excellence. Le monde des sciences n’échappe pas à la règle, d’un bout à l’autre de la chaîne — de la production de savoirs jusqu’au journalisme scientifique.

Où est le problème? Le rouleau-compresseur anglophone peut appauvrir le paysage. C’est particulièrement vrai en Afrique, où l’on communique souvent sur les sciences… en anglais. Une perte pour les quelque 300 millions de locuteurs du français dans le monde — dont 140 millions en Afrique —, qui ne lisent pas tous l’anglais.

Comme le souligne la philosophe et membre de l’Académie française, Barbara Cassin:

«Chaque langue est le produit d’une culture et d’un certain monde.»

L’émergence d’une Lingua franca. L’anglais est aujourd’hui considéré comme la langue commune des sciences, la lingua franca du savoir scientifique. Mais ce n’a pas toujours été le cas: le latin puis le français ont d’abord joué ce rôle, d’un point de vue historique.

A l’origine, le terme lingua franca décrivait le sabir de français, d'italien, d'espagnol et autres — notamment quelques mots d’arabe et de turc —utilisé par les marins et marchands du bassin méditerranéen à partir du Moyen Âge. La lingua franca est alors une «langue véhiculaire» — langue utilisée pour la communication, par opposition à la «langue vernaculaire», celle que l’on parle tous les jours.

A partir de la Renaissance, l’usage du français dans la littérature savante remplace peu à peu le latin — pour connaître son apogée pendant les Lumières au 18e siècle. Il a permis le développement international des sciences, en favorisant les échanges entre scientifiques de différentes nationalités. Au 19e, l’usage de l’anglais, de l’allemand et du français coexistent en Europe. Puis à la fin de la Seconde guerre mondiale, c’est l’anglais qui l’emporte.

Lire aussi: Pourquoi la domination de l’anglais en sciences pose problème

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