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A l'Université de Genève, des conférences pour (re)découvrir l'art des mathématiques

Fractales utilisées pour illustrer l'affiche du colloque | Fondation Wright

Heidi.news est partenaire média du colloque Wright, consacré cette année aux mathématiques, qui se tient du 2 au 6 novembre 2020 à l'Université de Genève.

Inviter les curieux à venir découvrir (ou redécouvrir) la beauté des mathématiques, ainsi que leur caractère ludique, c’est l’ambition du 19e colloque Wright, organisé du 2 au 6 novembre 2020 à l’Université de Genève, et intitulé «L'art des maths». Chaque soir de la semaine, le grand public sera invité à découvrir une conférence donnée par une mathématicienne ou un mathématicien de renommée internationale. Un programme riche qui évoquera la théorie du chaos, le désordre, l’infiniment grand ou petit, ou même l’histoire des mathématiques.

Pourquoi c’est intéressant. Certains gardent un mauvais souvenir de son enseignement pendant l’enfance, et peuvent voir dans les mathématiques des sciences abstraites, voire impénétrables. Mais pas besoin d’avoir étudié les maths à haut niveau pour en apprécier la beauté! Loin de s’être arrêté avec Euler ou Pythagore, il s’agit d’un champ de recherche foisonnant aujourd’hui, en dialogue constant avec des domaines comme la physique fondamentale ou la philosophie.

Les conférences.

  • Lundi 2 novembre, 18h30: Le chaos, imprévisible mais compréhensible. Etienne Ghys, directeur de recherche au CNRS (France), professeur à l’École normale supérieure de Lyon et membre de l’Académie française des sciences, va présenter la théorie du chaos, en partant d’une image très connue: celle de l’effet papillon. Le battement des ailes d’un papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas? Cette formule, qui souligne comment une petite cause peut provoquer de grands effets, est malgré tout trop simpliste pour appréhender pleinement la théorie du chaos. Car même dans le désordre peut naître une forme d’ordre.

  • Mardi 3 novembre, 18h30: Le désordre, le hasard et les grands nombres. Laure Saint-Raymond, professeure à l’École normale supérieure de Lyon, est récipiendaire du Bôcher Memorial Prize en 2020. Elle évoquera le hasard, et les grands nombres. Une façon de toucher du doigt des concepts clés en thermodynamique, comme l’entropie, qui caractérise le degré de désorganisation d’un système physique complexe. Or, selon le deuxième principe de la thermodynamique, énoncé pour la première fois par Sadi Carnot en 1824, toute transformation spontanée est irréversible…

  • Mercredi 4 novembre, 18h30: Un voyage mathématique de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Martin Hairer est professeur de mathématiques pures à l’Imperial College de Londres, et a reçu une médaille Fields (la plus prestigieuse récompense en mathématiques, l’équivalent d’un prix Nobel) en 2014 pour des travaux précédemment réalisés à l’Unige. Il va parler de la diversité de modèles mathématiques à convoquer pour comprendre le monde, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, et des passerelles permettant de passer de l’un à l’autre. Car entre les problèmes de la mécanique classique de Newton, et ceux où s’applique la physique quantique, il y a, littéralement, un monde!

  • Jeudi 5 novembre, 18h30: La musique des formes. Alain Connes est professeur au Collège de France, à l’Institut des hautes études scientifiques de Paris-Saclay et à l’Université de l’État de l’Ohio à Columbus. Il a reçu une médaille Fields en 1982. Dans sa conférence, il va détailler l’influence de la physique quantique sur la notion mathématique d’espace géométrique. Et pour cela, recourir à un exemple inattendu: la musique! Car les caractéristiques géométriques d’un instrument déterminent les sons qu’il peut produire, mais l’inverse est également vrai. Cette correspondance est aussi utile pour mieux comprendre certains phénomènes physiques.

  • Vendredi 6 novembre, 18h30: Les mathématiques, art ou science? Stanislav Smirnov est professeur à l’Université de Genève, et a reçu une médaille Fields en 2010. Pour la conférence de clôture, il va explorer quelques grandes questions: D’où viennent les mathématiques? Pourquoi recourir à une science abstraite pour résoudre des problèmes concrets? Comment les scientifiques choisissent-ils des problèmes à résoudre, et pourquoi trouvent-ils les mathématiques si fascinantes?

L’événement endeuillé. Le mathématicien néo-zélandais Vaughan Jones, professeur à l’Université de Vanderbilt à Nashville, médaille Fields en 1990, obtenue pour des travaux réalisés à l’UNIGE, aurait dû lui aussi participer au colloque. Il est tragiquement décédé quelques semaines plus tôt, le 6 septembre 2020. Ses confrères de l’Université de Vanderbilt lui ont rendu hommage. Ses anciens collègues de l’Université de Genève, où il revenait régulièrement, sont également en deuil.

Les autres animations. En dehors du cycle de conférences, une rencontre informelle avec les conférenciers est organisée le mercredi 4 novembre après-midi à l’intention des 14-20 ans.

Et comme lors de chaque édition du colloque Wright, un spectacle son et lumière sur le thème du Colloque Wright sera proposé au grand public dans le parc des Bastions. Il sera diffusé tous les soirs du 28 octobre au 22 novembre 2020, pour une durée de 20 minutes, lors de trois créneaux: 18h, 19h et 20h30. Retrouvez sur Vimeo un extrait du spectacle de la dernière édition, en 2018.

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