| | News

VIDÉO - Que deviendrait la Terre sans les humains?

La Terre a déjà connu plusieurs extinctions massives. Provoquées par des phénomènes naturels, elles ont à chaque fois décimé la biosphère, faisant parfois disparaître jusqu’à 95% des espèces. Imaginez un instant que de la même manière, un phénomène naturel (ou pas) annihile l’humanité. Un virus encore plus mortel et contagieux que celui du Covid par exemple.

Que se passerait-il? En combien de temps la nature reprendrait-elle ses droits? C’est ce que nous vous expliquons avec les films de Will Smith dans cette vidéo de PopScience, à voir ci-dessus.

Souvenez-vous: Notre absence s’est très vite faite sentir au moment du premier confinement lorsque nous nous sommes cloîtrés chez nous. En seulement quelques jours, des animaux sauvages ont paradé dans les rues des capitales. Et sans avion, sans train, sans voiture, le monde est soudain devenu beaucoup plus silencieux. Par ailleurs, en seulement 3 mois de confinement, les taux de polluants atmosphériques comme le dioxyde d’azote, ont drastiquement baissé.

Si nous disparaissons, la nature devrait donc assez vite rebondir.  Mais d’abord, ce sera le cataclysme.  Sans les humains à leur chevet pour les surveiller nuit et jour afin que les réactions ne s’emballent pas, les 454 centrales nucléaires aujourd’hui en service dans le monde vont en quelques jours tellement surchauffer qu’elles vont exploser. Des catastrophes du type Tchernobyl ou Fukushima se produiront en cascade.

Mais même irradiée, la nature va très vite tout coloniser. Exactement comme dans I am Legend, où Times Square est envahi par  des épis de blé, la végétation hors de contrôle  engloutira très vite les villes. La preuve: A peine quelques années après la catastrophe de Tchernobyl, la zone environnante, à l’abandon, s’est transformée en une  jungle luxuriante.  La végétation s’est infiltrée dans le moindre interstice des bâtiments. Il suffit d’un peu d’eau, et les plantes se nourrissent de la silice contenue dans la pierre ou le béton.

Rongés par cette végétation envahissante, mais aussi par le ruissellement de l’eau et par le gel, les ouvrages construits par l’homme s’effondreront les uns après les autres. Les hommes ne seront plus là en effet pour combler sans cesse la moindre fissure, la moindre crevasse. La statue de la liberté, la tour Eiffel et les gratte-ciels ne seront plus que des lambeaux de fer, de béton et de pierre, totalement grignotés par une dense végétation.

Orages après orages, tempêtes après tempêtes, sans les hommes pour réguler l’écoulement des eaux via les barrages, les inondations se multiplieront. A New York par exemple, des dizaines de cours d’eau, aujourd’hui contenus, se déverseront sur la ville. En quelques décennies seulement, Manhattan devrait donc revenir à son état initial: un vaste marécage.

Ces paysages apocalyptiques constellés de vestiges de monuments mangés par la végétation seront bien sûr parcourus de nombreuses hordes d’animaux…Dans After Earth, ce sont des grands singes et de gigantesques jaguars féroces. Dans la réalité?

Pas les animaux domestiques, en tous cas. La plupart de vos chiens chats lapins vaches et cochons, qui dépendent de nous pour manger et s’abriter, vont périr en quelques semaines. 

Ceux qui auront survécu devront s’adapter à la menace des prédateurs, à des hivers parfois rigoureux, des apports de nourriture incertains.

Les chercheurs estiment que peu à peu, à force de s’hybrider avec leurs cousins sauvages, ils retourneront à leur état primitif. Un peu comme dans After Earth, ou des hordes de mutants menacent Will Smith et son fils, des troupeaux entiers de loups, de chevaux sauvages et  d’aurochs, l’ancêtre de la vache gambaderont peut-être sur Paris, New York et Mumbaï.

Mais attention, dans ce scénario, ce n’est pas parce que l’homme disparaît d’un coup que les espèces aujourd’hui en voie de disparition se ragaillardissent, au contraire.  Sans l’Homme pour les faire subsister grâce des naissances contrôlées, les espèces les plus menacées disparaîtront définitivement. Quant aux espèces marines, aujourd’hui surpêchées, elles devraient rapidement rebondir et voir leur stock  se regarnir.

Parmi les espèces qui nous survivront, l’une d’entre elles pourrait-elle évoluer jusqu’à maîtriser la technique, comme les humains? Ce ne sera pas des mutants carnivores comme dans I am Legend. Les chercheurs parient plutôt sur les chimpanzés, les corbeaux ou les pieuvres, tous particulièrement doués pour transmettre un savoir d’une génération à l’autre et ou pour la vie en société.

Admettons donc que nous disparaissions d’ici peu et que des pieuvres géantes nous remplacent au poste d’espèce «intelligente», quelle trace la plus tenace auront nous laissé derrière nous? Je vous préviens, ce n’est pas très réjouissant:  Il y a d’abord la radioactivité issue des catastrophes nucléaires qui va mettre des millions d’années à décroître, mais aussi bien sûr le surplus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Le cycle du carbone est si long que ce surplus de CO2 que nous avons injecté mettra pas moins de 100’000 ans à être absorbé!

Et ce n’est pas tout: tout notre plastique, dont les déchets forment aujourd’hui un continent artificiel qui dérive quelque part dans le Pacifique, se dégradera en quelques siècles.Il sera ensuite réduit progressivement en de minuscules billes de polymères qui ne seront dissoutes qu’après des dizaines, voire des centaines de milliers d’années.

Oui, ce sera long, mais la Terre finira par oublier que nous l’avons un jour peuplée.

Pour aller plus loin:

  • Un article complet dédié à l’hypothèse d’une Terre dénuée d’humains dans le magazine Science et Vie (abonné)

  • Un livre-plaidoyer sur le ré-ensauvagement de la faune française

  • Un article de la RTBF sur la durée de vie des déchets dans la nature

  • Un article du journal du CNRS sur l’impact de nos activités sur la faune, révélé par la pandémie