VIDEO - Peut-on prédire l’éruption des volcans?

Floor is lava! Sur l’île de la Palma, aux Canaries, le volcan Cumbre Vieja est entré en éruption en septembre 2021 et ça a duré quasi trois mois. Pendant ce temps, en Islande, les laves des volcans sont devenues une attraction touristique tendance sur les réseaux sociaux. Si cela ne s’est pas terminé en drame, avec des centaines de morts, c’est notamment parce que les volcanologues avaient prédit la colère du volcan. On découvre leurs techniques dans ce nouvel épisode de PopScience.

Ce qu’il faut savoir. Un volcan, c’est (en gros) de la roche fondue venant des profondeurs de la Terre, qui est éjectée en surface. Dans le manteau, c'est-à-dire la couche terrestre située en dessous de la croûte, il fait très chaud, jusqu’à 1300 degrés. Alors, la roche fond à certains endroits, ce qui forme ce que les scientifiques appellent du magma.

Ce magma se dirige vers les zones plus froides et de plus basse pression, c'est-à-dire vers la surface. Ce mouvement est un peu le même que celui qui agite une casserole mise sur le feu: c’est un mouvement de convection.

Dans le manteau, on trouve donc des sortes de rivières de magma qui s’écoulent entre les roches. Et parfois, ces rivières sont bloquées par des roches plus compactes que les autres, qui ne les laissent plus sortir. Le magma s’accumule alors sous ces barrières et forme un énorme réservoir: la chambre magmatique.

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La chambre magmatique, c’est un peu le moteur du volcan. Dans cette chambre remplie de magma, l’activité continue toujours malgré le barrage: en amont, la rivière ne cesse de charrier du magma en fusion, de sorte que la pression n’en finit pas de grimper. Quand elle devient insoutenable, le bouchon de roches qui empêchait le magma de s’élever saute! Ce magma s’élève puissamment vers l’extérieur en creusant un genre de cheminée dans la roche: c’est l’éruption.

Les scientifiques voient l’avenir. Ces éruptions sont quasiment toujours précédées de signes avant-coureurs que les volcanologues ont appris à reconnaître. A mesure que le magma s’accumule dans la chambre magmatique et que la pression augmente, des petits tremblements de terre se produisent, des gaz s’échappent via les interstices de la roche, la surface se déforme un peu, et il fait plus chaud à certains endroits.

Pour capter ces signaux d’alerte, mêmes les plus faibles, et pouvoir évacuer à temps les populations, les scientifiques ont bardé d’instruments de nombreux volcans actifs partout dans le monde. Ils ont installé:

  • des sismographes pour mesurer l’intensité des séismes,

  • des GPS pour constater les déformations de surface

  • et même des genres de renifleurs de gaz.

Ces instruments fonctionnent en permanence et les vulcanologues grimpent très régulièrement sur les pentes des volcans pour les installer, les réparer ou collecter des données.

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Pourquoi ces instruments sont vitaux. Grâce à leur travail de terrain et d'analyse, les vulcanologues ont pu demander à temps l’évacuation des flancs du Cumbre Vieja et, de façon générale, les éruptions volcaniques font de moins en moins de victimes. C’est aussi grâce à ça qu’on peut visiter les volcans d’Islande et d’ailleurs.

Bien-sûr, malgré ces réseaux de surveillance, impossible de prédire le moment exact où la catastrophe aura lieu. Les vulcanologues se laissent encore surprendre, ce qui est problématique, surtout dans le cas des volcans explosifs, plus dévastateurs que les volcans effusifs, comme le Cumbre Vieja. Mais ils inventent sans cesse des méthodes innovantes pour mieux comprendre le fonctionnement des volcans et, donc, mieux nous protéger.