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Ils vont regarder des chiens vieillir (pour la science)

Un chien sur l'épaule de sa propriétaire (image d'illustration) | Unsplash / Josh Hild

Une vie de chien sous l’œil de la science. Aux Etats-Unis, un vaste projet de science participative s’est monté dans la région de Seattle, auprès de milliers de chiens et de leurs propriétaires. L’idée: observer de près son meilleur ami, pour mieux comprendre le vieillissement de l’homme.

Pourquoi c’est intéressant. Les travaux de laboratoire, sur des souris, des rats ou des mouches, offrent une vue partielle du vieillissement, faute de diversité génétique et environnementale. Suivre nos animaux domestiques dans leur contexte — qui est aussi le nôtre —, doit aider à mieux cerner le processus.

L’idée. On les appelle fidèles compagnons, et ce n’est pas pour rien. Les chiens vivent avec les humains, mangent des aliments équivalents, sont exposés aux mêmes environnements. Dans les pays riches, ils bénéficient même d’un système de soins presque aussi complexe que celui des humains.

Tout cela a conduit des chercheurs américains à imaginer Dog Aging Project, une grande étude longitudinale qui va suivre des milliers de chiens, vivants dans leur famille, pour analyser comment la génétique et l’environnement influencent le vieillissement.

Biologiste spécialiste du vieillissement à l’Université de Washington, Daniel Promislow est le principal investigateur du projet, qui vient de se lancer:

«Nous avons recruté plus de 34 000 membres de la "meute", dont les propriétaires ont rempli un questionnaire d'admission, le "Health and Life Experiences Survey", qui nous renseigne sur la santé des chiens, leur environnement et bien d'autres choses encore. Mon objectif est de recruter 100’000 chiens».

Notre objectif est de suivre les chiens participant à notre étude pendant toute leur vie. Mais le potentiel de ce travail est tellement riche et diversifié que j'espère que le Dog Aging Project impliquera de nombreuses générations de chiens et de chercheurs!»

Ce sont les travaux du groupe d’Elaine Ostander et la découverte de l’importance de certains gènes impliqués dans la taille des chiens qui a inspiré le spécialiste du vieillissement:

«Des études sur le vieillissement d'organismes de laboratoire, comme les souris, ont montré que ce gène jouait aussi un rôle dans le vieillissement. Je me suis donc demandé si cela pouvait expliquer en partie pourquoi les chiens de grande race vivent beaucoup moins longtemps que les chiens de petite race. Nous ne connaissons toujours pas la réponse à cette question, mais elle a inspiré ce qui est aujourd'hui le Dog Aging Project.»

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