Un printemps à 50°C: l'Inde et le Pakistan en proie à une vague de chaleur interminable

Les météorologistes prévoient des températures record atteignant jusqu'à 50°C en Inde et au Pakistan cette semaine. Photo: Scott Duncan

L’Inde et le Pakistan endurent des vagues de chaleur record depuis le mois de mars, avec des températures inégalées depuis 122 ans. Et le pire reste à venir: dès mercredi, et jusqu’à la fin de la semaine, des pics de chaleur de 44 à 49°C sont attendus — soit entre 5,5 et 8,3°C au-dessus des moyennes habituelles. Cela détrônerait le record national indien pour le mois d’avril, qui s’élevait à 48,3°C en 1958 à Bramer, au nord-est du pays. Du côté pakistanais, il est moins probable que le record d’avril 2018 de 50,2°C soit dépassé.

Pourquoi on en parle. Dôme thermique meurtrier de 49,6 °C au Canada en été 2021, pic de chaleur de 50,7°C en Australie en janvier… Comme l’alertait le Giec en août dernier, les records de chaleur brutaux se multiplient en raison du dérèglement climatique. Ainsi, 92% des pays du monde pourraient être exposés à des températures annuelles extrêmes d’ici la fin de la décennie. Pour éviter le pire, les scientifiques appellent à limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Moins de pluie, plus de chaleur. Les précipitations en Inde avaient atteint leur troisième niveau le plus bas en mars, avec un quart à un tiers de pluies en moins que d’habitude. Une sècheresse qui favorise la hausse des températures — l’air sec se réchauffant plus rapidement. Les températures accumulées durant le printemps ont tendance à décliner avec l’arrivée de la mousson en juin. Mais les précipitations estivales seraient, elles aussi, en déclin, selon le Département météorologique indien (IMD) qui alerte contre un risque accru de sécheresses intenses d’ici la fin du siècle.

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Des nuits torrides. Ce printemps, les nuits sont tout sauf réparatrices en Inde et au Pakistan. Dans la capitale de New Delhi — où vivent plus de 30 millions d’âmes, et qui a jusqu’alors connu 23 jours à plus de 37,7°C en avril, le thermomètre peine à descendre sous les 22°C le soir venu. Pour cause: la chaleur emmagasinée par le béton et les surfaces pavées, ainsi que la concentration d’activités urbaines (rejets d’air chaud liés aux industries, au chauffage, à la circulation routière, etc.). Un véritable «îlot de chaleur urbain» avec des effets de ricochet sur la santé: privés d’un refroidissement nocturne naturel, les corps deviennent plus vulnérables au stress thermique. Selon l’IMD, la fréquence de ces nuits chaudes pourrait croître de 70%.

Des populations piégées. Les régions s’étendant entre le nord et l’ouest de l’Inde, en particulier à la frontière avec le Pakistan et le Népal, seront le plus sévèrement touchées par les températures extrêmes attendues cette fin de semaine. En mars déjà, quinze états et territoires indiens étaient affectés par des vagues de chaleur extrêmes. Une grande partie des populations indienne et pakistanaise vivent sous le seuil de pauvreté et n’ont pas accès à un air climatisé, ce qui augmente leur vulnérabilité à la chaleur, en particulier chez les personnes âgées. A cela s’ajoute des coupures quotidiennes de gaz et de courant dans de nombreuses villes du Pakistan qui limitent les marges d’adaptation.

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