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Trottinettes, melon et chloroquine: ce qu'un canular révèle du monde de l'édition scientifique

Le 17 février, le Pr Didier Raoult affirmait qu'il y aurait moins de morts du coronavirus que d'accidents de trottinette. Ces derniers mois lui ont donné tort. | Marco Verch/Flickr/Creative Commons

Ce 15 août 2020, a été publiée une bien étonnante étude scientifique. Son titre, absurde («SARS-CoV-2 was unexpectedly deadlier than push-scooters: could hydroxychloroquine be the unique solution?», où il est donc question de mortalité face à Covid-19 ou aux trottinettes électriques), rappellera au lecteur attentif quelques polémiques des derniers mois. Ce canular, derrière lequel on retrouve quatre chercheurs, notamment deux Suisses, a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures, avant d’être finalement retiré le 16 août.

Pourquoi c’est intéressant. Au-delà du gag savoureux, ce canular dévoile le business opaque des revues prédatrices, dans lesquelles on peut publier n’importe quoi et s’offrir une relecture (ou peer review) complaisante si l’on est prêt à mettre la main au porte-monnaie. Et cela sans même vérifier que les auteurs (dont les noms et affiliations ont ici été inventés) existent! Une critique des dérives de l’édition scientifique et de la pression à publier toujours plus, et parfois n’importe où, donc.

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