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Rencontre à Berne: «Le climat n'est pas qu'une question de gauche»

Environ 200 militants se sont rassemblés sur la place fédérale pour former une chaîne humaine avant la séance d'information des experts du Giec et de l'IPBES.| Heidi.news/RBH

Ce lundi 2 mai, le Palais fédéral était le théâtre d’un échange inédit entre parlementaires et scientifiques spécialistes du climat et de la biodiversité. Très attendue, la rencontre tenue sous la coupole fédérale trouvait aussi un écho dans la rue: environ 200 personnes rassemblées sur la place fédérale à Berne, brandissant des pancartes et des thermomètres géants, et formant progressivement une chaîne humaine. Et n’hésitant pas à fustiger le monde politique: sous le regard pétrifié de la statue d’Helvetia, ont ainsi défilé plusieurs slogans: «le déni, c’est fini», «l’inaction du gouvernement tue».

Le décor est planté. Sur la place, la foule appellait de ses vœux des solutions. «Il est temps de développer une stratégie politique sur le long terme, un plan de changement de société holistique qui prend compte de chaque maillon», partage Victor Cannilla, un ancien trader qui a tout quitté pour la cause climatique. Les scientifiques étaient aussi de la partie, comme le prix Nobel Jacques Dubochet, le mouvement Scientist Rebellion mais aussi celui des Docteurs pour le Climat. Dans le Palais fédéral, les parlementaires, eux, retournaient sur les bancs de l’école. Mais loin d’un échange à sens unique, l’enjeu était bien celui d’ouvrir le dialogue, parfois houleux mais constructif.

Back to school. Sous la coupole fédérale, huit experts du climat et de la biodiversité — invités par la présidente du Conseil national, Irène Kälin (Vert-e-s) et le président du Conseil des Etats, Thomas Hefti (PLR) — se sont succédé et ont exposé les conclusions des derniers rapports du Giec et de l’IPBES, et surtout les pistes d’action concrètes.

L’événement fait suite aux 39 jours de grève de la faim de Guillermo Fernandez, un père de famille qui dénonçait l'inaction des autorités face à l'urgence climatique. Mais c’est surtout le fruit de plusieurs années de mobilisations populaires: «Sans la pression de la population et les mouvements pour le climat, nous ne serions pas là aujourd’hui», indique la climatologue et experte du Giec Sonia Seneviratne, au détour des couloirs du Palais fédéral.

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Environ un tiers des élus ont participé à la séance d'information des experts du Giec et de l'IPBES ce lundi 2 mai. Photo: Heidi.news/RBH

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