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VIDÉO - Que va faire Thomas Pesquet dans l’ISS? La réponse avec «Gravity»

Vous avez peut-être pu assister à l’envol de Thomas Pesquet. Il va rejoindre la Station spatiale internationale à bord du vaisseau Crew Dragon, conçu par l’entreprise privée Space X, d’Elon Musk. Lors de sa mission baptisée «Alpha», il va passer six mois dans la station en compagnie de tout un équipage. Mais qu’est-ce qu’il va faire dans l’ISS et ça sert à quoi l’ISS, d’abord? Des (bonnes) questions, auxquelles nous vous répondons dans cette vidéo PopScience grâce au film «Gravity».

L’ISS, kesako. La Station spatiale internationale, c’est une station orbitale qui navigue à environ 400km au dessus de la Terre à la vitesse de 30’000 km/h et qui fait le tour complet de notre planète toutes les 90 minutes. Sa construction a commencé en 1998 et s’est faite sur 12 ans un peu comme un gigantesque Lego par l’assemblage de plusieurs modules. Modules que l’on distingue très bien dans la scène où Sandra Bullock traverse l’ISS pour gérer un milliard d'urgences.

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Imaginée dès les années 80 par les Américains, elle était au départ conçue pour rivaliser avec la station Russe Mir. Mais comme son nom l’indique, elle est finalement devenue symbole de paix et de coopération entre les nations. Elle est en effet le fruit des efforts de cinq agences spatiales: la NASA bien sûr, mais aussi les agences spatiales européenne, russe, japonaise et canadienne. Effort, ou plutôt, «gros chèque», parce que l’ISS, c’est l’objet le plus cher que l’humanité ait jamais construit. Elle a coûté la modique somme de 150 milliards de dollars.

En réalité, l’ISS a d’autres raisons d’être que la seule diplomatie. C’est avant tout un laboratoire scientifique où règne une micropesanteur permanente impossible à obtenir sur Terre, où, ça ne vous aura pas échappé, on est soumis à la Gravity. L’ISS navigue suffisamment loin de la Terre pour échapper à sa gravité. C’est pour cela que Sandra Bullock flotte dans cette magnifique scène où elle enlève son scaphandre.

C’est grâce à la microgravité que les astronautes peuvent faire les malins sur les réseaux sociaux en faisant du ping pong avec des bulles d’eau ou en rejouant Space oddity avec une guitare qui virevolte… Mais attention, c’est aussi à cause de la quasi apesanteur qu’ils ne vont pas aux toilettes comme vous et moi. Pour éviter que leurs déchets personnels ne flottent partout dans la station, ils font pipi et caca dans une sorte d’aspirateur.

Les études menées dans l’ISS. La microgravité qui règne dans l’ISS permet d’étudier nombre de phénomènes en physique ou en biologie, mais aussi et surtout d’étudier en détails l’impact d’un long séjour dans l’espace sur la physiologie des astronautes. Ce, afin de préparer des voyages encore plus longs sur la Lune ou sur Mars. En 20 ans d’exploitation de l’ISS, 2400 expériences scientifiques ont ainsi été menées là-haut. Thomas Pesquet, lui, doit en mener une centaine lors de son séjour de six mois.

Il va par exemple étudier comment le cerveau vieillit dans l’espace au niveau moléculaire. Pour ce faire, il a embarqué un assemblage de cellules des différentes structures cérébrales.

Il va également mener des expériences destinées à mieux comprendre comment le sommeil est altéré dans l’espace, ou quelle dose de radiations nocives pour l’organisme les astronautes reçoivent lors d’un séjour de six mois.

Dans un but pédagogique, en association avec des milliers d’écoles en France, Thomas Pesquet va aussi observer la croissance de physarum polycephalum. Aussi appelés blob, ces cellules constituent une espèce vivante à part, dotée d’étonnantes capacités d’apprentissage.

Au programme de Thomas Pesquet, il y a aussi de la maintenance de l'ISS. Comme chaque machine, la station a besoin d'être entretenue. Or, l'ISS est une énorme machine, qui est mise à rude épreuve: elle est constamment exposée au flux de micro météorites et aux poussières provenant des débris spatiaux. Vous voyez la séquence catastrophe où Sandra et George se prennent un tsunami de débris dans la gueule. Ça, c’est pour le show. En réalité, en cas de tempête de gros débris en vue, les ingénieurs au sol sont prévenus à temps, et l’orbite de l’ISS est modifiée.

Mais l’immense majorité des débris sont minuscules et impossibles à éviter. S'ils représentent rarement un danger immédiat pour la station et ses occupants, ils sont néanmoins abrasifs et salissants.

Pour réparer, rénover et améliorer l’ISS, les astronautes font ce que l’on appelle des sorties extra-véhiculaires. Le même genre que ce que fait Clooney au début, mais avec une vue plongeante sur la Terre. Lors de sa mission Alpha, Thomas Pesquet en fera quatre, au cours desquelles il devra notamment installer de nouveaux panneaux solaires, qui fournissent à la station son électricité.

Normalement, ça devrait bien se passer. A moins bien sûr que les mini cerveaux ou les blobs prennent le contrôle de la station...